Clé pour lire l’évangile de Marc : 3. Mort-résurrection

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette (nouvelle) série hebdomadaire, nous voulons ouvrir le texte de l’évangile du dimanche qui suit, pour mieux l’apprécier. Nous soulignerons simplement l’une ou l’autre expression fournissant une clé pour ouvrir à l’intelligence du texte, qui est cité dans la traduction officielle liturgique de 2013 que vous trouvez dans votre missel ou votre Bible.

5ème dimanche du temps ordinaire, 4 février 2018 : Mc 1,29-39

3. Mort-résurrection

Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever (Mc 1,31)

Cette scène évoque la résurrection comme l’indique clairement le verbe « lever » ou « se lever », terme technique utilisé par les évangiles pour dire la résurrection de Jésus. La belle-mère de Simon était au lit (Mc 1,30). En latin classique, re-suscitare signifie : relever, réveiller. Lorsque le matin, je m’éveille et me lève, je ressuscite, je reviens à la vie après cette mort apparente qu’est le sommeil.

L’évangile est rédigé après la mort et la résurrection de Jésus. On connaît donc la fin de son histoire. Cette finale dévoile le sens de tout son itinéraire que l’évangéliste relit à cette lumière. Tout au long de son activité, Jésus préfigurait son propre destin en guérissant, relevant et sortant de toutes sortes de tombeau les malades, les pécheurs, les possédés, les pauvres, les rejetés de son temps et de tout temps. Il manifestait ainsi la puissance de vie et d’amour qui constitue le cœur de celui qu’il appelait son Père.

C’est aussi un itinéraire de mort-résurrection que dessine l’évangile. Il cherche à conduire son lecteur ou auditeur à suivre le chemin pris par Jésus. De la riante Galilée, il faut monter à Jérusalem pour y mourir et ressusciter. Est-ce différent du destin de tout être humain qui le mène de l’enfance insouciante à l’obscurité de la mort ?

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Clé pour lire l’évangile de Marc : 2. Qui est cet homme ?

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette (nouvelle) série hebdomadaire, nous voulons ouvrir le texte de l’évangile du dimanche qui suit, pour mieux l’apprécier. Nous soulignerons simplement l’une ou l’autre expression fournissant une clé pour ouvrir à l’intelligence du texte, qui est cité dans la traduction officielle liturgique de 2013 que vous trouvez dans votre missel ou votre Bible.

4ème dimanche du temps ordinaire, 28 janvier 2018 : Mc 1,21-28

2. Qui est cet homme ?

Es-tu venu pour nous perdre ? Je sais qui tu es (Mc 1,24)

Dans l’évangile, tout est écrit pour répondre à une seule question : qui est cet homme, qui est Jésus ? C’est l’objectif même du genre littéraire « évangile » : annoncer la bonne nouvelle qui est Jésus en personne. C’est le titre même du livre de Marc : Commencement de l’évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu (Mc 1,1). Marc engage ainsi son lecteur à travailler cette double question, fondatrice de la foi chrétienne : Jésus est-il le Christ, le Messie ? le Fils de Dieu ?

Pour ce faire, l’évangile de Marc va développer ses arguments sous la forme d’un récit qui va de Jean-Baptiste jusqu’à la croix. Avec Jean-Baptiste, c’est tout l’Ancien Testament qui est convoqué comme annonceur de Jésus (Mc 1,2). Avec la croix, l’identité de Jésus éclate : Vraiment cet homme était Fils de Dieu (Mc 15,39), proclame le centurion. C’est la conclusion à laquelle le lecteur de l’évangile de Marc est supposé arriver.

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Clé pour lire l’évangile de Marc : 1. L’évangile

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette (nouvelle) série hebdomadaire, nous voulons ouvrir le texte de l’évangile du dimanche qui suit, pour mieux l’apprécier. Nous soulignerons simplement l’une ou l’autre expression fournissant une clé pour ouvrir à l’intelligence du texte, qui est cité dans la traduction officielle liturgique de 2013 que vous trouvez dans votre missel ou votre Bible.

3ème dimanche du temps ordinaire, 21 janvier 2018 : Mc 1,14-20

1. L’évangile

Jésus partit pour la Galilée proclamer l’évangile de Dieu. (Mc 1,14)
Convertissez-vous et croyez à l’évangile. (Mc 1, 15)

En quelques versets, au tout début de son texte, Marc utilise deux fois le terme « évangile ». C’est un mot grec composé de deux membres (eu – angelion) ; on y trouve le mot « ange ». Le terme grec « ange » signifie messager, annonceur d’une nouvelle.

Évangile se traduit donc par bonne ou heureuse nouvelle ; c’est son sens premier.

Cette nouvelle, c’est l’annonce de la venue de Dieu. Le messager de cette bonne nouvelle, c’est donc Jésus qui la transmet de la part de Dieu (Mc 1,14) et nous invite à y croire (Mc 1,15). Comment se réalise, se manifeste cette venue de Dieu ? par les paroles et les actes de Jésus lui-même.

Le messager devient le message : l’évangile, c’est Jésus ; il est la bonne nouvelle en personne. C’est ce que vont proclamer les premiers chrétiens dans leur prédication missionnaire. Cette bonne nouvelle va prendre par ailleurs la forme d’un livre et d’un genre spécifique que nous appelons « l’évangile » (Mc 1,1) et dont Marc est l’inventeur : Commencement de l’évangile de Jésus, Christ, Fils de Dieu (Mc 1,1). En effet, s’il y a quatre évangiles, quatre versions différentes de la bonne nouvelle, Marc est le premier chronologiquement.

Le kérygme

Jésus proclame (Mc 1,14) l’évangile haut et fort. Il le trompète, traduction littérale du verbe grec kérusso qui donnera le terme technique « kérygme ». Ce mot désigne le message essentiel proclamé par les chrétiens, le noyau dur de la foi en Jésus, mort et ressuscité. Toute la formation chrétienne est avant tout l’approfondissement du kérygme… C’est l’annonce qui correspond à la soif d’infini présente dans chaque cœur humain. La centralité du kérygme demande certaines caractéristiques de l’annonce qui aujourd’hui sont nécessaires en tout lieu : qu’elle exprime l’amour salvifique de Dieu préalable à l’obligation morale et religieuse, qu’elle n’impose pas la vérité et qu’elle fasse appel à la liberté, qu’elle possède certaines notes de joie, d’encouragement, de vitalité (Pape François, La joie de l’évangile, 2013, § 165).

Abbé Marcel Villers