CLÉS POUR LIRE LUC : 4. VISITATION ET MISSION

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine : Lc 1,39-45 du 4ème dimanche de l’Avent.

Visitation
Marie se mit en route et se rendit avec empressement dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth (Lc 1,39-40)

La visitation est l’image même de la mission. En effet, la mission, c’est d’abord une rencontre, une visitation. Marie, portant le Christ, le rend présent dans la maison de l’autre, Élisabeth. Mais c’est Élisabeth qui apprend à Marie qu’elle est « bénie entre toutes les femmes » (1,42). Elle ne l’aurait pas su sans cette rencontre.
Comme Marie, l’Église porte en elle l’Emmanuel. Chaque chrétien porte le Christ. Il est notre secret comme celui de Marie qui ne sait comment le dire. Et voici que, comme Élisabeth à Marie, c’est l’autre qui nous révèle le Christ, tout au moins un visage du Christ que nous ne connaissions pas. On comprend alors pourquoi Marie court si vite chez Élisabeth. Cet enfant qu’elle porte, il faut encore qu’elle apprenne à le connaître. C’est là le rôle d’Élisabeth.

L’évangile de l’enfance
« Les deux premiers chapitres de Luc servent de transition entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Ainsi une grande place est laissée aux usages juifs (le Temple, la circoncision, la Loi, les pèlerinages) ; des chants de l’Ancien Testament sont reproduits ; les naissances sont annoncées comme le faisait l’Ancien Testament. D’un autre côté, les annonces célestes expriment à l’avance la foi chrétienne d’après Pâques, ce qui montre que les récits évangéliques ne se comprennent vraiment qu’à la lumière de la résurrection du Christ. En parcourant ces premiers chapitres de Luc, on ne sait pas si on est encore dans l’Ancien ou dans le Nouveau Testament. De fait, Luc a voulu présenter l’Évangile comme l’accomplissement des promesses de salut que Dieu avait faites au peuple. Il manifeste ainsi l’unité du dessein de Dieu. » (ACEBAC, Les Évangiles, 1983, p.344)

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 114. LES DEUX VENUES

SOURCES

Au cours de ce temps de l’Avent, laissons-nous saisir par l’espérance, dans l’attente de la venue du Sauveur. Confiance, abandon de soi dans les mains du Seigneur comme Marie qui a dit oui et attendait dans la foi et la confiance.

LES DEUX VENUES

« Nous annonçons la venue du Christ : non seulement son premier avènement,
mais encore un second beaucoup plus éclatant.

Le premier fut marqué du signe de la patience,
tandis que l’autre portera le diadème de la divine royauté.

Pour la plus grande part, d’ailleurs,
tout ce qui concerne notre Seigneur Jésus Christ
peut être considéré à un double point de vue.

Double naissance :
l’une de Dieu avant les âges,
l’autre de la Vierge à la plénitude des temps.

Double descente :
l’une discrète comme celle de la pluie sur la toison,
l’autre éclatante, celle qui doit venir.

Lors du premier avènement,
il fut emmailloté et couché dans la crèche ;
lors du second, il sera drapé de lumière comme d’un manteau.

Lors du premier,
il a subi la croix et méprisé la honte ;
lors du second,
il s’avancera dans la gloire escorté d’une armée d’anges.

Il ne nous suffit pas de nous appuyer maintenant sur le premier avènement ;
nous attendons encore le second.
Et après avoir dit lors du premier :
Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur,
nous le redirons au moment du second,
quand nous viendrons avec les anges
à la rencontre du Seigneur pour l’adorer
éternellement. »

Saint Cyrille de Jérusalem, Catéchèse baptismale 15 1-3, IVe s.

CYRILLE DE JÉRUSALEM (v. 315 – 387) est évêque de Jérusalem de 350 à 386. Ses célèbres « Catéchèses baptismales » sont d’une importance capitale pour la tradition chrétienne. Destinées à préparer les catéchumènes au baptême, elles offrent une exposition claire et profonde des fondements de la foi chrétienne. Cyrille y insiste sur l’importance de la connaissance et de la compréhension de la foi, soulignant que la foi véritable est ancrée dans une connaissance claire des vérités divines.

CLÉS POUR LIRE LUC : 3. QUE FAIRE ?

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine : Lc 3, 10-18 du 3ème dimanche de l’Avent.

Que devons-nous faire ?
Par ses exhortations, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle (Lc 3,18)

La Bonne Nouvelle, c’est celle d’un monde nouveau que Jean annonce, un monde neuf, une humanité rénovée. Et qui ou quoi fera advenir cet autre monde ? Non pas un Messie vengeur, mais des actes simples, à la mesure de quiconque.

« Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » (3, 11). Premier impératif : le partage.

« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé » (3,13). Bref, soyez honnêtes ; ne cherchez pas à vous enrichir sur le dos des autres. Deuxième impératif : la justice.

Enfin, « Ne faites ni violence ni tort à personne ; contentez-vous de votre solde » (3,14). Troisième impératif : le respect de chacun, condition de la paix.

La figure de Jean dans les évangiles
Jean est le fils de Zacharie et d’Élisabeth, cousine de Marie selon saint Luc. Sa naissance miraculeuse est annoncée par l’ange Gabriel qui le désigne comme le précurseur « devant préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir » (Lc 1,17). Jean est le témoin par excellence qui annonce la venue du Messie et désigne, à ses disciples, Jésus comme l’Agneau de Dieu (Jn 1,19-37). C’était au désert où Jean vit comme un ascète, peut-être initié à cette discipline dans les communautés juives du désert, comme celle de Qumrân.
Au bord du Jourdain, Jean pratique un rite nouveau d’ablution (Mt 3,13-17) : le baptisé ne se plonge pas seulement lui-même dans l’eau, mais reçoit l’eau, et le pardon, des mains d’un maître, dont il se reconnaît ainsi le disciple, et qui agit au nom de Dieu.
Pour la tradition chrétienne, Jean est le dernier prophète (Mt 11, 9-10) de l’Ancien Testament dont il achève le cycle. Cela explique l’effacement de Jean au profit de Jésus à qui il cède ses disciples. Précurseur, prophète, ascète, baptiste, Jean est aussi martyr. Pour avoir reproché à Hérode son immoralité, il est exécuté par décapitation et sa tête offerte à la fille d’Hérodiade (Mc 6, 14-29).

Abbé Marcel Villers 

SOURCES : 113. ACTE DE CONFIANCE

SOURCES

Au cours de ce temps de l’Avent, laissons-nous saisir par l’espérance, dans l’attente de la venue du Sauveur. Confiance, abandon de soi dans les mains du Seigneur comme Marie qui a dit oui et attendait dans la foi et la confiance.

Abbé Marcel Villers

Sans soucis

« Mon Dieu, convaincu que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous
que ne peut jamais manquer de rien celui qui attend de vous toutes choses,
j’ai résolu de vivre sans aucun souci
et de me décharger sur vous de tout genre d’inquiétude.

Les hommes peuvent me ravir et mes biens et mon honneur.
Les infirmités peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir.
Je puis même perdre votre grâce par le péché,
Jamais je ne perdrai mon espérance.

Que d’autres attendent leur bonheur
de leurs richesses ou de leurs talents ;
qu’ils s’appuient
ou sur l’innocence de leur vie
ou sur la rigueur de leurs pénitences
ou sur la ferveur de leurs prières,
pour moi, Seigneur,
toute ma confiance, c’est ma confiance même.

Je sais, hélas ! je ne le sais que trop,
combien je suis fragile et changeant ;
je sais ce que peuvent les tentations
contre les vertus les mieux affirmées.
J’ai vu tomber des saints,
mais tout cela ne peut m’effrayer.

Tant que j’espérerai,
je me tiens à couvert de tous les malheurs
et je suis assuré d’espérer toujours
parce que j’espère encore cette invariable espérance. »

Saint Claude La Colombière, Acte de confiance en Dieu, XVIIe s.

CLAUDE LA COLOMBIÉRE (1641-1682), jésuite, exerce son ministère en tant qu’enseignant, prédicateur, directeur de conscience, conseiller personnel et écrivain. Il est surtout connu pour son rôle de directeur spirituel de sainte Marguerite-Marie Alacoque la voyante de Paray le Monial. Ils ont donné à la dévotion au Sacré-Cœur une ampleur sans précédent.