SOURCES : 102. QUELLE EST TA FAIM ?

        Quelle est ta faim ?

« J’enverrai une faim sur la terre.
Non pas une faim de pain, ni une soif d’eau,
mais la faim de la parole de Dieu » (Am 8,11)

Vois-tu quelle est la faim qui obsède les pécheurs ?
Vois-tu quelle est la faim qui s’étend sur la terre ?

Pour les justes, la Sagesse dresse sa table.
Ceux qui ont appris du Christ à être humbles de cœur,
ceux qu’il appelle les pauvres de l’Esprit,
mais qui sont riches par la foi,
que ceux-là viennent au banquet de la Sagesse
et chassent la famine qui s’est appesantie sur la terre.

Veille donc à ce que la faim ne t’obsède pas.
Ne te laisse pas envahir par l’agitation du siècle,
ni enchaîner par les liens de la cupidité.

Si tu es de la descendance d’Abraham,
Alors tu trouveras toujours ta nourriture
dans la loi et les prophètes,
et les apôtres t’offriront de somptueux festins.
Les évangiles t’inviteront à t’asseoir à table
dans le royaume du Père
pour que tu y manges de l’arbre de vie
et que tu boives le vin de la vigne véritable.

Origène, Sur la Genèse, XVI,4.

ORIGÈNE (185-254) reçoit une solide formation biblique et théologique à Alexandrie où il va exercer une fonction d’enseignement à l’École catéchétique. Suspecté par l’évêque d’enseigner des doctrines aventurées, il est interdit à Alexandrie. Il poursuit son enseignement en Palestine et Syrie. Il meurt martyr à Tyr.

CLÉS POUR LIRE MARC : 43. PREMIER ET DERNIER

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 9, 30-37 du 25e dimanche du temps ordinaire.

Le premier, c’est le dernier
En chemin, ils avaient discuté pour savoir qui était le plus grand. (Mc 9,34)

Pour trancher ce débat entre les disciples, Jésus s’assied et, avec l’autorité d’un juge, il énonce la loi nouvelle : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » (9,35)
Subversion du code hiérarchique qui organise la vie sociale, ici la communauté des disciples. L’ordre des grandeurs est inversé : le plus grand, c’est le plus petit ; le premier, c’est le dernier.
Comment assurer la vie en société, en Église selon un tel retournement de l’échelle des valeurs ?
Mais c’est la logique du chemin suivi par Jésus : lui, le premier de tous, s’est mis à la dernière place pour servir les hommes. « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront. » (9,31)

Le signe de l’enfant
« Quiconque accueille en mon nom un enfant, c’est moi qu’il accueille. » (9,37) Spontanément, nous accueillons ce qui a fait ses preuves, ce qui est important, qui a du poids. L’enfant n’est rien de tout cela. Il n’a encore rien fait ; c’est un débutant en toutes choses et on ne le prend pas au sérieux. Il est insignifiant, incapable de s’imposer ou se faire valoir.
L’enfant symbolise tous ces êtres sans richesse, sans pouvoir social et sans droit, ceux qu’on rejette, qu’on exclut, les sans défense. C’est l’exclu que Jésus met au centre du cercle de ses disciples et auquel il s’identifie. « Prenant un enfant, il le plaça au milieu et l’embrassa. » (9,36)
Les deux corps, de Jésus et de l’enfant, sont confondus dans le centre du cercle.

Abbé Marcel Villers

Une Église en « dé-coïncidence » ?

Chers amis créateurs d’avenir et habitués de nos rencontres, et vous tous intéressés par la démarche, nous sommes heureux de vous inviter à notre prochaine journée théologique qui est ouverte à tous le

Samedi 28 septembre 2024,

au monastère de Wavreumont, de 9h30 à 16h30

Une Église en dé-coïncidence ?

Le petit ouvrage de François JULLIEN*, Dieu est dé-coïncidence (éditions Labor et Fides), dont la lecture est conseillée, servira de base à notre démarche. Son fil conducteur et le concept de « décoïncidence », résumés en début de journée, offrent une clé de lecture et d’interprétation extrêmement intéressante, ainsi que nous le fera découvrir frère Hubert lors de son exposé intitulé L’Évangile comme dé-coïncidence.

Cette clé ne pourrait-elle aussi s’appliquer à une Église en quête d’à-venir ?

Exposés, échanges, ateliers, témoignages, méditation rythmeront la rencontre.

Informations pratiques :

  • Animation : l’équipe de coordination.
  • P.A.F : 30€, dîner compris
  • Inscription à l’hôtellerie du monastère : accueil@wavreumont.be – 080 28 03 71

Heureux de vous y rencontrer peut-être !

* Vous pouvez venir sans avoir lu le petit livre de François Jullien, une présentation sera faite en début de journée.

FÊTE DE L’EXALTATION DE LA SAINTE CROIX : 14 septembre

Fête de l’Exaltation de la sainte Croix. Theux 15/09/2024
Inauguration de l’icône de la Croix.
Merci à Marie de Beukelaer.

Après sa conversion au christianisme, vers 312, l’empereur Constantin Ier (272-337) favorise l’Église et contribue à l’édification de basiliques sur des lieux chers aux chrétiens comme Saint-Pierre de Rome ou le Saint-Sépulcre de Jérusalem.

Sur le site du calvaire et du tombeau du Christ, l’empereur Hadrien (76-138), après avoir rasé la ville suite à la révolte juive de 135, avait construit un temple dédié à la triade Capitoline (Jupiter, Junon, Minerve). Constantin fait abattre ce temple et fouiller le site jusqu’à la découverte d’une grotte quadrangulaire identifiée comme le lieu de sépulture de Jésus. Selon la légende, sainte Hélène, mère de Constantin, découvre la vraie croix lors des travaux sur le site. En tous cas, il apparaît certain qu’au milieu du IVe s. des reliques de la croix sont vénérées à Jérusalem.

A partir de 330, deux basiliques sont construites, celle du Saint-Martyrium en mémoire de la crucifixion, et celle de l’Anastasis ou Résurrection sur le site du tombeau. La dédicace des deux basiliques, en 335, s’étale sur deux jours : les basiliques sont consacrées le 13 septembre ; la relique de la Croix est présentée à l’adoration des fidèles le 14 septembre, jour anniversaire de son invention. « Pour la lui faire vénérer, on fit ce jour-là l’ostension de la croix au peuple, d’où le nom d’Exaltation donné à la fête. Quand celle-ci s’étendit à tout l’Orient, le souvenir de la dédicace perdit de son importance, et ce jour devint surtout une fête de la Croix. » (Missel romain quotidien, Hautecombe, 1961, p. 1418)

Lors de la guerre (602-628) entre les Byzantins et les Perses, ces derniers prirent Jérusalem en 614, incendièrent la basilique du Saint-Sépulcre, et emportèrent de nombreuses reliques, dont la sainte Croix, à Ctésiphon, la capitale perse. La vraie croix fut récupérée, après la victoire de l’empereur Héraclius (610-641), dans laquelle on se plut à voir un triomphe de la croix dont la relique fut amenée à Constantinople et installée dans Sainte-Sophie en 628.

En Occident, on célébra, comme en Orient, dédicace et découverte de la croix le 14 septembre. Puis, deux fêtes furent inscrites, jusqu’à la réforme liturgique de 1969, au calendrier latin, l’une le 3 mai pour célébrer la découverte de la sainte Croix et l’autre, le 14 septembre, pour commémorer le retour de la vraie Croix sous Héraclius. (Missel romain quotidien, Hautecombe, 1961, p. 1418 et 1819)

« Le thème de l’Exaltation, qui donne son nom à la fête, va au-delà du geste de l’exhibition d’une relique et revêt une signification autrement plus profonde : l’exaltation de celui qui, élevé sur le bois, a attiré toute chose à lui » (Maxime Gimenez, Fête de l’Exaltation de la Croix, Chœur des moines de Chevetogne, 1986). En effet, il faut « que le Fils de l’homme soit élevé, afin que tout homme qui croit obtienne par lui la vie éternelle » (Jn 3, 14).

Abbé Marcel Villers