SOURCES : 95. LA NUIT

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

LA NUIT DE LA FOI

« Le petit oiseau voudrait voler
vers ce brillant Soleil qui charme ses yeux,
il voudrait imiter les Aigles, ses frères
qu’il voit s’élever
jusqu’au foyer Divin de la Trinité…

Hélas ! tout ce qu’il peut faire,
c’est de soulever ses petites ailes,
mais s’envoler,
cela n’est pas en son petit pouvoir !

Que va-t-il devenir ?
mourir de chagrin en se voyant impuissant ?
Oh non !
le petit oiseau ne va pas même s’affliger.
Avec un audacieux abandon,
il veut rester à fixer son Divin Soleil.

Rien ne saurait l’effrayer, ni le vent, ni la pluie,
et si de sombres nuages
viennent à cacher l’Astre d’Amour,
le petit oiseau ne change pas de place,
il sait que par-delà les nuages
son Soleil brille toujours,
que son éclat ne saurait s’éclipser un seul instant.

Parfois il est vrai, le coeur du petit oiseau
se trouve assailli par la tempête,
il lui semble ne pas croire
qu’il existe autre chose
que les nuages qui l’enveloppent ;
c’est alors le moment de la joie parfaite
pour le pauvre petit être faible.

Quel bonheur pour lui
de rester là quand même,
de fixer l’invisible lumière
qui se dérobe à sa foi ! »

Thérèse de l’Enfant Jésus, Histoire d’une âme (C), 1897

SAINTE THÉRÈSE DE L’ENFANT JÉSUS (1873-1897) entre au Carmel de Lisieux à quinze ans. Elle découvre peu à peu sa « petite voie » d’abandon et de confiance audacieuse. La petite Thérèse est Docteur de l’Eglise, patronne des missions et co-patronne de la France. Elle a été canonisée par Pie XI en 1925.

CLÉS POUR LIRE JEAN : 36. PAIN DE VIE

Clés pour lire l’évangile de Jean

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Nous poursuivons la lecture continue de l’évangile. Jésus invite à la foi : Jn 6, 24-35 du 18e dimanche ordinaire.

Le pain de vie
« Travaillez non pour la nourriture qui se perd,
mais pour la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle. » (Jn 6,27)

Pourquoi les foules cherchent-elles Jésus ? « Vous me cherchez parce que vous avez mangé du pain et que vous avez été rassasiés. » (6,26) Souvent, nous aussi cherchons Jésus, non pour lui-même, mais pour le pain, le bénéfice que nous pouvons en retirer. Nous nous rendons alors incapables d’accéder à Jésus. Il nous échappe, comme à la foule. Jésus n’est pas venu pour satisfaire nos besoins, il se situe sur un autre plan : « travaillez pour la nourriture qui demeure. » (6,27) Mais qu’entendre par « travailler » ? « L’œuvre de Dieu, c’est que vous croyiez en celui qu’il a envoyé. » (6,29) Ce que Dieu demande, c’est la foi.

Notre véritable travail, c’est croire. La nourriture qui demeure, le pain de vie, c’est Jésus lui-même et la foi seule permet d’y accéder. « Moi, je suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura plus jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura plus jamais soif. » (6,35) Le don que Dieu fait aux hommes, « le pain venu du ciel qui donne la vie au monde » (6,33), c’est Jésus, et Jésus seul.

Le pain du Fils de l’homme que Dieu le Père a marqué de son sceau
« Le Fils de l’homme est, dans la tradition juive, un être personnel ou collectif qui comporte des traits messianiques. Dans l’évangile de Jean, le Fils de l’homme est descendu du ciel pour mettre les êtres humains en communication avec le Père, ce qui est possible puisqu’il vient d’ailleurs. Il sera élevé sur la croix d’où il ouvre le salut pour tous les hommes. Le Fils de l’homme donne la nourriture qui demeure en vie éternelle (6,27). Pour avoir la vie, il faut manger la chair du Fils de l’homme (6,53), c’est-à-dire de celui qui, élevé, a été glorifié. Le Fils de l’homme a reçu le sceau du Père lors de son baptême ; le sceau est le signe d’appartenance, la marque de l’Esprit qui demeure sur Jésus et conduit Jean Baptiste à reconnaître le Messie. » (D’après Jean-Pierre LÉMONON, Pour lire l’évangile selon saint Jean, 2020)

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 94. MOMENT PRÉSENT

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

LE MOMENT PRÉSENT

« Seigneur, il n’y a rien de petit dans nos moments
puisque tous renferment un royaume de sainteté.
Que ce royaume vienne dans mon cœur pour le sanctifier,
le nourrir, le purifier, le rendre victorieux de nos ennemis.

Précieux moment !
Que tu es petit aux yeux du vulgaire !
que tu es grand aux yeux que la foi illumine !
Comment estimer petit ce qui est grand
aux yeux de mon Père qui règne dans les cieux ?

Tout ce qui vient de là est très excellent.
Tout ce qui en descend porte le caractère de son origine.

Le moment présent est toujours ton ambassadeur, ô mon Dieu.
L’unique nécessaire se trouve toujours dans le présent.
Que je sache prendre par lui toutes les routes
et avancer ainsi vers le large et l’infini.
Que mon cœur prononce toujours son fiat.

Jean-Pierre de Caussade, Abandon à la divine providence, 1860

JEAN-PIERRE DE CAUSSADE (1675-1751) entré chez les Jésuites en 1693,  fut d’abord enseignant et recteur de différents collèges jésuites avant de consacrer la plus grande partie de son temps à la direction spirituelle notamment des religieuses visitandines.

CLÉS POUR LIRE JEAN : 35. PAINS ET POISSONS

Clés pour lire l’évangile de Jean

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Nous poursuivons la lecture continue de l’évangile. Jésus nourrit la foule : Jn 6, 1-15 du 17e dimanche ordinaire.

Cinq pains et deux poissons
« Jésus prit les pains, les distribua, il leur donna aussi du poisson. » (Jn 6,11)

Ce soir-là, dans le désert, « s’assirent un nombre d’environ cinq mille hommes » (6,10). Se pose très vite la question : « Où pourrions-nous acheter du pain pour qu’ils aient à manger ? » (6,5). Cette question de Jésus est la clé de notre récit. D’ailleurs l’évangéliste précise : Jésus « disait cela pour le mettre à l’épreuve » (6,6). De quelle épreuve s’agit-il ? Il s’agit d’interpréter la disproportion entre le « peu » qui est à la disposition de l’homme : « cinq pains et deux poissons » et la surabondance qui advient à la prière de Jésus : « ils remplirent douze paniers avec les morceaux des cinq pains d’orge restés en surplus » (6,13).

Qu’est-ce que cela veut dire ? Sinon que de notre peu de choses, Dieu peut faire advenir le nécessaire, et même la surabondance : « douze paniers avec le surplus ». Comparé à l’immensité des besoins, les nôtres et ceux de l’humanité, nous avons peu de choses et pourtant, de cela qui nous semble moins que rien, nous pouvons faire des merveilles.

Sans les cinq pains et les deux poissons, le Christ pourrait-il faire des miracles ? Non, car il serait alors une espèce de Dieu magicien qui, d’un coup de baguette ou d’un mot, règlerait nos problèmes. Ce Dieu-là n’est pas celui de Jésus. Voilà pourquoi Jésus s’enfuit lorsque la foule veut le saisir et le faire roi.

Le Prophète annoncé
Après avoir été rassasiée, la foule proclame : « C’est vraiment lui le Prophète annoncé, celui qui vient dans le monde » (6,14). Cette confession de foi est liée à la croyance qu’un festin et une nourriture abondante marqueront l’ouverture des temps nouveaux : « Le Seigneur de l’univers va donner sur cette montagne un festin pour tous les peuples, un festin de viandes grasses et de vins vieux » (Is 25,6-8). Alors on mangera et on boira « sans argent et sans paiement » (Is 55,1-2). Ces derniers temps seront déclenchés par la venue d’un prophète, annoncé semblable à Moïse (Dt 18,15.18). La combinaison de l’attente du prophète des derniers temps et celle du roi messianique est attestée dans le judaïsme du 1er s., mais refusée par Jésus car conçue dans des catégories politiques.

Abbé Marcel Villers