CLÉS POUR LIRE JEAN : 24. LA PRIÈRE DE JÉSUS

Clés pour lire l’évangile de Jean

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Au terme de sa vie, Jésus prie pour ses disciples :  Jn 17,1-26.

LA PRIÈRE DE JÉSUS

Père saint, garde mes disciples. (Jn 17,12)

« Père, l’heure est venue. » (17,1) A l’heure où il voit venir sa fin dernière, Jésus est en prière, tourné vers le Père du ciel. Il accueille son heure, celle de sa mort, comme celle d’une révélation : « Père, l’heure est venue. Glorifie ton Fils, afin que le Fils te glorifie. » (17,1) Cette heure est le sommet de toute sa vie, ce pourquoi il est venu en ce monde, à savoir révéler qui est Dieu, c’est-à-dire, dans le langage de saint Jean, le glorifier. « Moi, je t’ai glorifié sur la terre en accomplissant l’œuvre que tu m’avais confiée. » (17,4)

« Je prie pour eux, pour ceux que tu m’as donnés. » (17,9) Les disciples ont été mis à part pour être envoyés dans le monde y poursuivre l’œuvre de Jésus. Mais le monde les a pris en haine. « Je ne prie pas pour que tu les retires du monde, mais, pour que tu les gardes du Mauvais. » (17,15) Puis Jésus prie pour tous ceux qui croiront : « Qu’ils soient un, comme nous sommes UN ». (17,22)

Dans le monde et pas du monde
« Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par la langue, ni par les coutumes. Car ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, ils n’emploient pas quelque dialecte extraordinaire, et leur genre de vie n’a rien de singulier. Ils habitent dans toutes les villes du monde ; ils se conforment aux usages locaux pour les vêtements, la nourriture et le reste de l’existence. » Autrement dit, les chrétiens sont dans le monde, même s’ils ne vivent pas selon le monde. « Ils passent leur vie sur terre, mais ils sont citoyens d’une autre patrie. » Leur vraie demeure, c’est le Christ. Ils obéissent aux lois établies par la cité, mais leur manière de vivre tire sa source d’une autre loi, celle du Père. Les chrétiens ne sont pas des marginaux. Loin de déserter le monde, ils en sont en quelque sorte « l’âme ». Partout présents dans le corps social, ils y sont aussi invisibles qu’est l’âme. (Extraits d’un vieux texte des premiers siècles, entre 130 et 200, l’épître à Diognète.)

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 83. LE TERME

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

LE TERME DE LA DESTINÉE

« De même que Dieu a assumé (par l’Incarnation) ce qu’il n’était pas,
ainsi a-t-il emporté dans sa gloire ce qu’il était devenu ;
et « cela », c’est l’homme tout entier.
Le mystère de l’Ascension est le dernier mot sur l’homme.

L’Ascension est la démarche divine qui contient toute l’histoire du salut.
Et elle doit se renouveler dans l’histoire spirituelle personnelle de chacun de nous.
Nous ne deviendrons riches que par le dépouillement.
Nous ne connaîtrons l’illumination intérieure que si nous acceptons
de voir s’obscurcir en nous les lumières du monde.

Notre intimité avec le Christ grandira
lorsque s’évanouira le caractère sensible de sa présence.
Notre cœur nous donne le sentiment d’un désert vide et désolé.
Alors nous sommes le mieux préparés à percevoir
le message de l’Ascension.

Le Christ ne nous ôte les apparences de sa présence
que pour nous donner ce qu’il est,
la réalité infinie et indicible qu’il reçoit de son Père,
et pour nous la donner dans son Esprit.

Et nous pouvons la recevoir
car en retournant dans la maison de son Père
avec ce que nous sommes,
il nous a rendus capables de participer à la réalité même de Dieu. »

(Karl Rahner, L’homme au miroir de l’année chrétienne, 1966)

KARL RAHNER (1904-1984), jésuite allemand, théologien et un des experts influents lors du Concile Vatican II.

SOURCES : 82. PREMIER-NÉ D’ENTRE LES MORTS

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

PREMIER-NÉ D’ENTRE LES MORTS

« Grand est le mystère de la résurrection et difficile à saisir ;
formulé en beaucoup de passages des Écritures,
il n’est pas moins proclamé chez Ézéchiel par ces mots :
La main du Seigneur fut sur moi,
elle m’emmena dans l’Esprit du Seigneur et me déposa au milieu de la plaine ;
celle-ci était remplie d’ossements humains.
Il me dit : Fils de l’homme, ces ossements vivront-ils ?
Je répondis : Seigneur, toi, tu le sais.
Il me dit : Prophétise sur ces ossements et dis-leur :
Ossements desséchés, écoutez la parole du Seigneur.

Lorsqu’aura lieu la résurrection du Corps du Christ véritable et parfait,
alors les membres du Christ qui, si on les compare à ce qu’ils doivent devenir,
ne sont actuellement que des ossements desséchés,
seront réunis os contre os, jointure contre jointure ;
car aucune de ceux qui manquent de jointures
ne fera partie de cet homme parfait,
à la mesure du plein développement du Corps du Christ.

Alors les membres, bien que nombreux, ne formeront qu’un corps,
car tous les membres du corps deviendront, malgré leur multitude, un seul corps. »

(Origène, Commentaire sur saint Jean, X)

ORIGÈNE (185-254) reçoit une solide formation biblique et théologique à Alexandrie où il va exercer une fonction d’enseignement à l’École catéchétique. Suspecté d’enseigner des doctrines aventurées par l’évêque, il est interdit à Alexandrie. Il poursuit son enseignement en Palestine et Syrie. Il meurt martyr à Tyr.

CLÉS POUR LIRE JEAN : 23. AIMEZ

Clés pour lire l’évangile de Jean

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Alleluia ! Il est ressuscité ! Il est la vigne et nous les sarments, attachons-nous solidement à lui :  Jn 15,9-17.

Le commandement
« Ce que je vous commande, c’est de vous aimer les uns les autres. »

Le chrétien se définit par l’amour.
Quel amour ? Celui dont Jésus nous a révélé le contenu. « Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés. » Les hommes ne connaissent pas en quoi consiste l’amour. Il doit leur être révélé. Jésus est envoyé par le Père pour nous révéler, par sa vie, ses actes, ce qu’aimer veut dire.

La nouveauté, c’est que Jésus est la mesure de l’amour. La norme de l’amour, c’est quelqu’un.Voilà qui est neuf : pas de loi, de règlements comme guide, mais quelqu’un. Aimer, c’est tout simplement agir et vivre comme Jésus. Aimer, comme Jésus, c’est donner sa vie, c’est-à-dire, se livrer tout entier à l’autre. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. »

Pour nous, chrétiens, à la racine, à l’origine même de notre existence, il y a un amour infini et incommensurable : de toute éternité, nous sommes aimés, tels que nous sommes et sans restriction. Notre amour n’est jamais qu’une réponse, celle que nous donnons à l’amour qu’il nous manifeste. Surtout, ce qui nous est ainsi enseigné et qui est spécifique au christianisme, c’est qu’il faut nécessairement passer par l’amour, un amour efficace et réaliste, pour connaître Dieu, bref pour entrer en rapport avec Dieu.

La religion du Christ, la nôtre donc, c’est l’amour.

Abbé Marcel Villers