SOURCES : 74. CREUSONS NOTRE PUITS

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement. Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

Creusons notre puits

« Le combat spirituel est éveil hors du somnambulisme quotidien.

Il permet au Verbe de dégager, de désensabler au fond de l’âme la source des eaux vives, de faire resplendir en l’homme l’image ternie de Dieu, la drachme qui a roulé dans la poussière mais reste frappée à l’image du roi (Lc 15, 8-10).

C’est le Verbe qui agit, mais nous devons collaborer avec lui,
moins par une tension volontariste que par une attention aimante.

Chacune de nos âmes contient un puits d’eau vive,
il y a en elle une image de Dieu enfouie.
C’est ce puits que les puissances adverses ont obstrué de terre.
Mais maintenant qu’est venu le Christ,
accueillons son avènement et creusons nos puits,
rejetons-en la terre, purifions-les de toute ordure.
Nous trouverons en eux l’eau vive,
cette eau dont le Seigneur dit : Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive jailliront de sa poitrine. (Jn 7, 38) (Origène, Homélie sur la Genèse) »

Olivier Clément, Sources, 1982

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OLIVIER CLÉMENT (1921-2009). Originaire du sud de la France, jeune professeur de lettres, il se convertit à la foi chrétienne et, à trente ans, reçoit le baptême dans l’Église Orthodoxe. Il se familiarise avec la pensée spirituelle et théologique russe en France dont le cœur est l’Institut de théologie Saint-Serge de Paris où il enseignera par la suite.

CLÉS POUR LIRE MARC : 17. ROI D’HUMILITÉ

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile du dimanche : Mc 11,1-10 du dimanche des Rameaux.

Un roi d’humilité

Ils amenèrent le petit âne à Jésus et il s’assit dessus. (Mc 11,7)
Hosanna ! Béni soit le Règne qui vient, celui de David, notre père. (11,9-10)

Ces deux versets disent bien toute l’ambiguïté de la situation qui va conduire Jésus sur la croix. Nous sommes au seuil de la grande semaine, Jésus entre à Jérusalem, mais à quel titre ?
Jésus se présente sur un ânon, en référence à la conception d’un messie humble et pauvre : « Pousse des cris de joie, Jérusalem ! Voici ton roi qui vient vers toi : il est juste et victorieux, humble et monté sur un âne, un âne tout jeune. » (Za 9,9-10)
La foule, elle, acclame Jésus : « Hosanna ! », terme hébreu (hosha`na) qui signifie « Sauve donc ! » Cette exclamation n’est pas un cri de louange, mais un appel au secours. Sauver son peuple, écrasé sous le joug de Rome, était attendu d’un « messie » issu du grand roi David.
Jésus se présente comme un roi, mais d’humilité et de paix. La foule voit en lui un roi envoyé par le ciel pour sauver son peuple. Deux visions du Règne sont ainsi en contradiction : celui, politico-militaire de David ; celui, spirituel, de Dieu dont Jésus annonce la venue.

L’âne
L’âne sert de monture ou de bête de charge dans tous les pays méditerranéens, ainsi que d’appoint pour les tâches agricoles. Il peut vivre de quarante à cinquante ans. Dans la Bible, l’âne est cité plus d’une centaine de fois. Il est un bien précieux et un des signes extérieurs de richesse pour le paysan ou le commerçant. Quant à monter un âne, c’est un signe d’humilité et même d’humiliation ; ainsi un pharaon se flatte d’avoir renvoyé les rois vaincus montés sur des ânes. L’âne est l’animal de transport qui s’oppose au cheval, monture du guerrier, et au char, véhicule des rois. (Chouraqui André, L’univers de la Bible, tome I, Paris, 1982, p.355)

Abbé Marcel Villers

Horaire et intentions des messes du 22 au 28 mars 2024

Samedi 23 mars à 17h30 à Juslenville, Rameaux* : messe pour les défunts des familles Maréchal et Houyoux.

Dimanche 24 mars à 10h à Theux, dimanche des Rameaux* : messe pour les familles Charlier-Depreay et Charlier-Denooz ; pour les familles Kuetgens-Weerts.

Mardi 26 mars :

  • à 9h à Oneux : messe aux intentions des paroissiens et de leurs familles ;
  • à 16h à Theux, Home franchimontois : messe aux intentions des résidents et de leurs familles.

Mercredi 27 mars à 18h à la cathédrale Saint-Paul à Liège : messe chrismale (pas de messe à Becco à 9h !)

Jeudi 28 mars à 19h à Juslenville, Jeudi saint : Office de la Cène.

*Samedi 23 et dimanche 24 mars, deuxième collecte de Carême,
destinée à soutenir l’agriculture familiale en RD Congo
face à l’extractivisme minier

Pour en savoir plus sur les projets d’Entraide & Fraternité,
découvrez la vidéo ci-dessous

Pour participer activement à la collecte, trois moyens :

  • déposer votre don à la collecte dominicale
  • vous rendre sur le site d’Entraide et effectuer votre don en ligne, par carte
  • effectuer un virement sur le compte BE68 0000 0000 34 34 en indiquant votre n° national si vous souhaitez bénéficier de la déduction fiscale (pour tout don à partir de 40€)

Merci d’avance pour votre générosité !

HOMÉLIE DU CINQUIÈME DIMANCHE DU CARÊME THEUX 2024

SAUVEGARDER LA MAISON COMMUNE

                                                 5ème dimanche du carême Theux 2024
                                                                           L’héritage

Si le grain de blé ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits.  La croix devient l’arbre de vie. De la mort peut renaître la vie. Comme de l’hiver, le printemps ; du carême, Pâque ; du sacrifice, la résurrection.
Nous inscrivons notre existence et notre action dans ce mouvement de mort et de renaissance. Au long de ce carême, le jeûne, la prière et le partage nous ont fait mourir à nous-mêmes et sont porteurs de fruits au bénéfice de notre propre santé spirituelle comme du salut de nos frères et sœurs accablés par l’injustice et les conséquences de nos œuvres mauvaises. Nous avons aussi entendu « notre sœur la terre qui crie en raison des dégâts que nous lui causons ».
Tout cela a mis en évidence notre interdépendance : nous sommes tous liés les uns aux autres, tant dans le mal que dans le bien.

Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. De la mort naît la vie. Mort et résurrection rythment l’existence humaine et non seulement sa phase terminale. C’est tous les jours qu’il nous faut mourir et ressusciter, sortir de nos tombeaux, nous réveiller, nous libérer de la mort et nous lever pour vivre et défendre la vie. Mais dans les faits, dans notre comportement quotidien, œuvrons-nous pour la vie ou pour la mort ? Notre action, notre manière d’être contribuent-elles à une culture de la vie ou une culture de la mort ?

Culture de la mort que l’obsession de produire, posséder toujours plus, jusqu’à plus soif, rejetant alors des montagnes de déchets, comme l’on vomit d’avoir trop mangé. Nous avons succombé à la tentation d’Adam qui a mangé le fruit défendu, voulant ramener la création à son ego, jouir de ses fruits pour lui-même, user des produits de la terre comme d’une chose à consommer ou d’une idole. Nous ressemblons à la grenouille de La Fontaine par cette boulimie d’un ego qui veut se faire aussi gros qu’un dieu. La créature perd ainsi toute mesure, notre moi prend la place de Dieu. Aujourd’hui, le climat devenu fou sonne comme une alarme pour stopper ce délire de toute-puissance.

Culture de la mort ou culture de la vie ? Reconnaissons avec humilité et courage notre limite. Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruits. Voilà le paradoxe énoncé par Jésus : si tu veux la vie, tu dois accepter la mort, c’est-à-dire, la limite, reconnaître ta condition de créature. Mourir à soi est source de vie. La vie passe par l’autolimitation, le renoncement à la préférence pour soi. N’est-ce pas ce que révèle le destin du Fils de l’homme, la passion de Jésus. Il ne retint pas jalousement le rang qui l’égalait à Dieu, mais il s’est anéanti, abaissé jusqu’à la mort.  De cette mort a surgi la vie. Cette autolimitation ouvre le salut, de même notre sobriété peut ouvrir l’avenir de la maison commune. Tendons l’oreille aux espérances des jeunes et aux rêves des enfants !
Nous avons une grande responsabilité : faire en sorte que leur avenir ne soit pas refusé. Leur avenir et celui de la planète sont entre nos mains.

Abbé Marcel Villers