Professions de foi à Theux, ce dimanche 1er mai

2016-05-01 - PF Theux (140)

Des jeunes rayonnants, une assemblée priant et participant,
une célébration parfaitement mise au point, des catéchistes enthousiastes,
une chorale pleine de joie et d’entrain, la foi proclamée et chantée,
pas de doute, le Seigneur était présent lors de la messe
des professions de foi de ce dimanche 1er mai à Theux !

Parmi les nombreux remerciements adressés à la fin de la célébration, soulignons tout particulièrement celui qui concernait le frère Jean-Albert, du monastère de Wavreumont, animateur très apprécié de la retraite, absent aujourd’hui : sa lettre d’encouragement aux jeunes, lue au début de la messe, a ému et fait sourire plus d’une personne !

Notre Unité pastorale remercie chaleureusement Carine pour son engagement et sa passion de catéchiste, qui lui a permis de mener, à nouveau, ces nombreux jeunes vers leur profession de foi !

« Il nous faut passer par bien des épreuves pour entrer dans le royaume de Dieu ! »

7-paques-B-2009Homélie de l’abbé Jean-Marc Ista
pour le 5ème dimanche de Pâques (année C)

24 avril 2016

Avant d’être un chemin spirituel, l’annonce du Règne est avant tout un acte de communication qui relève du parcours du combattant ! Si nos communautés chrétiennes existent aujourd’hui, elles ont à reconnaître qu’elles ne sont pas nées sui generis. Elles sont le fruit du labeur de tant et tant au fil des siècles ! Comme évoqué dans la première lecture de ce dimanche en Ac 1; 21b-27, il en a fallu des déplacements, des actes de courage et de renoncement… Aussi ne faut-il pas s’étonner que de nos jours encore, évangéliser requière un labour et un ensemencement qui demande de la peine ! Pour accéder aux merveilles fécondes du Royaume, il ne suffit pas d’un clic sur internet ni d’aller faire un tour dans un supermarché ! Le Royaume ne se consomme pas : il s’accueille.

Un bon accueil se pense et se prépare : il mobilise des énergies et du temps. Du temps : voilà encore une valeur bien malmenée chez nous. Non seulement, tout le monde déclare en manquer mais insidieusement, il se constitue de plus en plus d’une succession de courtes séquences dont les spots publicitaires sont le paradigme ! Or, le périple des Apôtres dans l’Ecriture nous interpelle sur notre rapport au temps long, pas celui où l’on s’ennuie, mais celui de l’histoire, de la création bref de toute activité humaine essentielle. Cette semaine, la mobilisation du Télévie nous rappelle qu’il faut du temps pour vaincre une maladie insidieuse. Comment n’en serait-il pas de même pour accueillir le Royaume ?

Enfin, il est éclairant de constater que les premiers évangélisateurs à la fois discernent l’initiative et la présence de Dieu dans leurs actions et passent par les nécessaires médiations humaines du groupe. Autrement, pas de Royaume sans Église ni un minimum d’institution. Des Anciens sont désignés et reçoivent mission dans les Actes. Aucune œuvre ne s’accomplit sans le temps ni l’espace organisés. Encore une grosse question pour nous qui nous laissons porter sur la vague de l’individualisme et d’une fausse liberté qui veut nier les contraintes du vivre ensemble !

Enfin, ce petit texte se termine par l’écho d’une relecture communautaire : « une fois arrivés, ayant réunis l’Église, ils rapportèrent tout ce que Dieu avait fait… » Ici, la religion prend sens : elle est lecture et relecture des œuvres du Seigneur parmi nous ! Dans la foi comme dans une histoire d’amour, rien ne se fait ni ne s’enracine sans un partage salutaire et fécond !

Dans l’Évangile en Jean 13; 31-35, Jésus enracine le don du commandement de l’amour dans sa vie à relire et à imiter, dans sa relation unique à Dieu à accueillir dans la foi. Nous pressentons bien que nous ne pouvons aimer en vérité que dans la ligne de ce qui est évoqué plus haut. Aimer demande de se mobiliser, de renoncer, d’oser se déplacer… Aimer prend du temps, beaucoup de temps… Aimer demande de se poser et se parler pour reconnaître l’amour à l’œuvre ! Evidemment, l’amour n’est jamais un pur sentiment désincarné : l’autre est là qui se présente qu’il soit Dieu ou mon prochain !

« Je vous donne un commandement nouveau : c’est de vous aimer les uns les autres. Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres… »

Je suis le Bon pasteur !

bonpasteur713

Homélie de l’abbé Jean-Marc Ista
pour le 4ème dimanche de Pâques (année C)

17 avril 2016

Ce dimanche, il faudrait être sourd pour ne pas entendre que la Parole de Dieu met l’accent sur la vie éternelle !

Tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants (Ac 14.43-52).

Ceux-là viennent de la grande épreuve… ils sont devant le trône de Dieu… l’Agneau (…) sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie (Ap 7.9.14B-17).

Jésus déclara, en ce temps- là : Mes brebis écoutent ma voix ; moi je les connais et elles me suivent. Je leur donne la vie éternelle : jamais elles ne périront et personne ne les arrachera de ma main (Jn 10. 27-30).

Vous me direz Nous sommes quand même dans le temps pascal et la résurrection est le centre de notre foi ! Il est vrai que comme dit Paul : Malheur à nous si le Christ n’est pas ressuscité car alors est vaine est notre foi ! De plus, la liturgie s’attache bien à faire mémoire de cette annonce dans les premières communautés, des disciples côtoient le prophète de Nazareth jusqu’aux Juifs et craignant Dieu de la diaspora, si pas jusqu’aux païens. Un peu comme s’il fallait nous nourrir de cette espérance et nous renforcer dans cette conviction pour que, une fois le temps ordinaire revenu, nous puissions ensemble, professer sans hésiter : Je crois en Jésus Christ… ressuscité le troisième jour… Je crois à la résurrection de la chair, à la vie éternelle, comme le dit le Symbole des Apôtres (le Credo).

Je note que, nulle part, il n’est question de la résurrection du Christ seul. Toujours, elle est associée à celle des bénéficiaires du salut -c’est-à-dire nous ! Le caractère unique de la résurrection de Jésus vient justement, d’après les textes canoniques (Mathieu voit bien quelques morts circuler en ville mais bon…), de ce qu’Il est le premier, l’inattendu qui se révèle vivant en un temps où la foi en la vie après la mort est en débat, où elle est vue comme collective et surtout pas destinée à un paria qui a eu une mort infamante sur la croix du supplice ! Dans la foi d’Israël, Dieu, Maître de Tout, manifestait souvent sa réprobation par l’abandon des pécheurs aux souffrances et à la mort.

Comme l’évangile fait contraste !

Mon Père, qui m’a donné mes brebis, est plus grand que tout et personne ne peut les arracher de la main du Père. Le Père et moi sommes un !

Et nous avons même ce renversement de perspective : Jésus, l’Agneau immolé, devient le pasteur. Lui qui a été conduit jusque dans les enclos de la mort, Lui, qui en a été retiré par le Pasteur Éternel, devient à son tour le berger des brebis du Père !

Ils n’auront plus faim, ils n’auront plus soif, ni le soleil, ni la chaleur ne les accablera puisque l’Agneau qui se tient au milieu du Trône sera leur pasteur pour les conduire aux sources des eaux de la vie…

Avec la raison, nous pouvons nous demander si la résurrection est un phénomène historique. Avec notre tête, nous pouvons essayer d’imaginer ce qu’est la vie après la mort, quand Jésus s’efforce dans les Écritures de montrer qu’il n’est ni un fantôme ni un esprit, qu’Il a un corps bien réel mais qu’il est cependant très différent, qu’Il vit en Dieu tout en gardant les traces de ses souffrances (Jn 20 & 21).

Mais c’est d’abord avec le cœur que nous pouvons lui faire confiance, lui demeurer attaché et le reconnaître vivant ! C’est le Seigneur ! s’écrie en premier le disciple que Jésus aimait, lorsque celui-ci se manifeste au bord du lac !

En ce temps où la Parole vient nourrir notre espérance en la vie éternelle, elle vient d’abord authentifier et nourrir notre amour de Jésus Vivant !

Ne passons pas à côté de cette chance -que dis- je, de cette grâce- et puissions-nous magnifier Dieu comme le psalmiste :

Oui, le Seigneur est bon, éternel est son amour,
sa fidélité demeure d’âge en âge !
(Ps. 99)

2016-04-10 - Abbé Jean-Marc Ista (2) - PF

Abbé Jean-Marc Ista,
Curé de l’Unité pastorale de Theux

Et toi, m’aimes-tu ?

PierreMaimesTu

Homélie de l’abbé Jean-Marc Ista
pour le 3ème dimanche de Pâques (année C)

Theux – 10 avril 2016

Quant aux apôtres, (…) ils repartaient tout joyeux d’avoir été jugés dignes de subir des humiliations pour le nom de Jésus (Ac 5.41).

Alors qu’approche pour nous « le temps des communions », la joie évoquée dans l’Écriture fait contraste avec bien d’autres. Elle paraît si lointaine ou si bizarre, alors que dans bien des communautés et des familles, l’on se prépare à la joie de la fête faite d’émerveillements !

Bien sûr, justement, à cause du Seigneur Jésus, il ne s’agit pas d’opposer ces joies ou d’en dénigrer l’une pour l’autre. Le Christ n’a-t-il pas jubilé sous l’action de l’Esprit : Père du ciel et de la terre, je te bénis d’avoir caché cela aux sages ou aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits ! (Mt 11, 25-30). Il suffit d’avoir côtoyé, dans un moment de vérité, les enfants et les jeunes lors d’une rencontre de catéchisme ou de la retraite, pour toucher à cette joie simple de ceux qui ont un cœur ouvert et illuminé de confiance…

C’est le même Jésus qui a dit Je veux que ma joie soit en vous et que votre joie soit complète ! (Jn 15, 11). Il n’exprime pas ce vœu à n’importe quel moment. C’est à l’heure de sa passion quand l’angoisse monte devant la souffrance et la mort. Quand la vie se révèle fragile et précieuse !

La joie dont parle Jésus est la joie parfaite, gratuite et imprenable. C’est la joie de vivre de quelqu’un qui sait que tout est dans la main du Père, que tout vient de lui et retourne à lui.

Au bord du lac, Pierre a d’abord éprouvé la joie des retrouvailles avec l’être aimé : il en a bondi et s’est jeté à l’eau (Jn 21. 1-9) Après le repas, il a connu un autre moment d’intense émotion. Voilà que Jésus lui demande s’il l’aime alors qu’il sait bien que oui et qu’il connaît aussi ses reniements. Non content de lui demander s’il a un amour plus fort que les autres, ce qui mènerait Pierre à dire oui avec impulsivité, Jésus met le doigt sur la faille en demandant : M’aimes-tu d’un amour « divin » ? (parfait). Pierre, en vérité, répond qu’il aime Jésus d’amitié, un amour terrestre, mais sa spontanéité cache mal son malaise. Jésus insiste en réitérant sa question et ce n’est que lorsqu’il demande : Pierre, m’aimes-tu d’amitié ? que la tristesse de Pierre se manifeste en peine. La peine des repentis, ceux qui reconnaissent le mal qu’ils ont fait, mais qui savent qu’ils ne seront pas rejetés…

Dans la finesse du dialogue, Jésus a conduit Pierre à éprouver la joie du pécheur repenti et pardonné. Par la miséricorde, cette joie rejoint la joie imprenable. Pierre est marqué à jamais de cette expérience. Il en est dynamisé et pour lui s’ouvre l’avenir avec son inattendu !

Et nous ? La joie d’une révélation nous parait peu probable (Ap 5, 11-14), la joie de l’annonce, voire de la contradiction missionnaire, nous est accessible mais secondaire. Comme Pierre, la joie d’aimer Jésus et de se savoir aimé de lui avec fidélité et miséricorde est première et fondatrice. Elle est aussi la plus disponible. Cette joie est la joie parfaite !

Tu as changé mon deuil en une danse ; mes habits funèbres en parure de joie. Que mon cœur ne se taise pas : qu’il soit ne fête pour toi. Sans fin, Seigneur, mon Dieu, que je te rende grâce ! Ps 29 (30)

Abbé Jean-Marc Ista,
Curé de l’Unité pastorale de Theux

P.S. Merci à Jean-François Kieffer pour son beau dessin !