SOURCES : 160 HONORER LE CHRIST

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.

Honorer le Christ

« Veux-tu honorer le corps du Christ ?
Ne le méprise pas lorsqu’il est nu
Et, pendant qu’ici [à l’église] tu l’honores
Par des étoffes de soie,
Ne le méprise pas à l’extérieur
En le laissant souffrir le froid et la nudité…

En effet, le corps du Christ qui est sur l’autel
N’a pas besoin de vêtements, mais d’une âme pure,
Au lieu que cet autre a besoin de beaucoup de soin.

Apprends donc à honorer le Christ comme il le veut.
Honore-le de la manière qu’il a établie,
En donnant ses richesses à des pauvres.

Dieu n’a pas besoin d’objets en or,
Mais d’âmes en or.

A quoi lui sert une table pleine de coupes en or,
Tandis qu’il meurt de faim ?

Commence par combler sa faim
Et de ce qu’il restera,
Orne ensuite sa table. »

Jean Chrysostome, Homélies sur Matthieu, 50

JEAN CHRYSOSTOME (344/354-407), prêtre à Antioche de Syrie, sa cité natale. Ses prédications le rendent célèbre et il devient évêque de Constantinople. Ses tentatives de réforme de l’Église le font chasser en 404. Réhabilité, il meurt sur le chemin du retour.  

CLÉS POUR LIRE LUC : QUEL AVENIR ?

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 21, 5-19 du 33e dimanche ordinaire.

Quel avenir pour les disciples ?
On vous persécutera, on vous livrera, on vous fera comparaître à cause de mon nom. (Lc 21, 12)

Jésus ne promet ni la réussite, ni le succès à ceux qui le suivent et se mettent à son école. Ce sont souffrances, persécution, mépris, torture, mort. Cela ne nous étonne pas car « le disciple n’est pas au-dessus du Maître ». Si lui a été méprisé, arrêté, condamné et exécuté, ceux qui portent son Nom le seront aussi. D’ailleurs, le signe de reconnaissance du chrétien, c’est la croix.

Mais tout de même, pourquoi ces persécutions ? Jésus est clair : « Cela vous amènera à rendre témoignage » (21, 13). Refusant toute haine, résistant à la logique du rejet et de la mort, le chrétien montre que l’amour est plus fort que la mort, que l’attachement à Jésus l’emporte sur toute peur et menace. Innombrables les chrétiens morts en offrant leur vie par amour pour leurs frères, comme Jésus l’a fait.

La destruction du temple de Jérusalem
« Le Temple de Jérusalem avait été restauré avec magnificence par Hérode le Grand à partir de 20 avant notre ère. Il est d’une richesse inouïe aux dires de l’historien latin Tacite. Jésus est interrogé sur la date de la destruction du Temple qu’il annonce et sur le signe qui en présagera l’imminence. A nos yeux, une telle question paraît porter uniquement sur un événement historique : le Temple a effectivement brûlé le 30 août 70, presque un mois avant la chute totale de la ville. Pour les chrétiens du début de l’Église, la ruine de Jérusalem était associée à la Parousie, le retour glorieux du Christ venant juger l’univers et instaurer le Règne de Dieu. Pour Luc, l’incendie du Temple et la chute de Jérusalem, à la fin de l’été 70, ne coïncident pas avec la fin du monde et la venue du Christ. Deux écueils guettent alors l’Église : l’espoir fébrile de la venue imminente du Christ et le désenchantement, la tentation de laisser tomber toute espérance en l’avenir. » (Hugues COUSIN, L’évangile de Luc, 1993) Ce désenchantement est souvent le nôtre aujourd’hui en Europe.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 159. PRIÈRE D’ABANDON

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement. Nous vous proposons la lecture de quelques textes de Charles de Foucauld.

Prière d’abandon

Mon Père,
Je m’abandonne à toi,
fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi,
je te remercie.

Je suis prêt à tout,
j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté
se fasse en moi,
en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu,
avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour
de me donner,
de me remettre entre tes mains,
sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père.

Charles de Foucauld, Méditations sur la Passion, Akbès, 1896.

CHARLES DE FOUCAULD (1858-1916), militaire français converti tardivement au catholicisme de son enfance, devient prêtre puis ermite au Sahara.

DÉDICACE DE LA BASILIQUE DU LATRAN : 9 NOVEMBRE

Dédicace de la basilique du Latran

Cette fête qui célèbre l’église-mère des catholiques, à savoir la cathédrale du pape, attire notre attention sur l’importance de nos églises. Nous célébrons cette fête, cette année, en même temps que la Saint-Hubert et sa foire.

Depuis les premiers temps de l’Église, les chrétiens ont eu besoin de lieux pour se rassembler. Non pas des temples sacrés censés abriter la divinité, mais des espaces adaptés pour se réunir et célébrer Celui qui est, qui était et qui vient.
A la suite de St Lambert, on sait que St Hubert acheva l’œuvre d’évangélisation de ce qui deviendra le diocèse, puis la principauté de Liège. A l’époque, sous les mérovingiens, seules les villes regroupaient une communauté de chrétiens. Les campagnes et les régions forestières, comme la nôtre, étaient toujours païennes. La peur y régnait par crainte des esprits et des divinités qui peuplaient la nature et les sombres forêts. Un des objectifs de St Hubert fut de détruire ces cultes et ces lieux pour y installer la nouveauté chrétienne. De cette époque date probablement le sanctuaire primitif sur lequel est construite notre église de Theux.
Le plan de nos églises est significatif de la nouveauté chrétienne. Nos églises sont construites, le plus souvent, en forme de croix. Ce n’est plus dans un lieu sacré, un temple qu’a lieu le culte.
Détruisez ce Temple, et en trois jours, je le relèverai, déclare Jésus.
Le Temple dont il parlait, c’était son corps.
Pour le chrétien, le seul temple véritable, c’est le Christ.
Le seul culte est celui que signifie la croix : corps livré et sang versé, don de soi par amour. Avec Jésus, la religion est devenue un amour et le culte offrande de soi.

Autre caractéristique de nos églises : leur orientation. C’est tournés vers le soleil levant que nous prions. Nos églises sont tournées vers l’Orient. Ce qui rend tangible le sens de la prière comme de la vie chrétienne : dirigées vers le Christ, le Ressuscité du matin de Pâques, le véritable Soleil levant. C’est de là qu’il reviendra. Nous l’attendons, debout et en tenue de voyage.
La présence du Christ ne tient pas au bâtiment, mais à l’assemblée des fidèles. Là où deux ou trois sont réunis, je suis au milieu d’eux. C’est l’assemblée qui constitue le Corps du Christ. Vous êtes la maison que Dieu construit. Et saint Paul ajoute : le temple de Dieu est sacré, et ce temple, c’est vous.

Pour nous, chrétiens, les bâtiments que sont les églises ont une grande importance en termes d’identité, comme lieux de rassemblements et comme signes de présence au cœur de la société.
Mais les églises sont aussi, pour la plupart de nos concitoyens, quelles que soient leurs convictions, un patrimoine local, la mémoire d’une histoire commune.
Et voilà qu’aujourd’hui, l’avenir de ces bâtiments, les églises de nos villes et villages, est devenu incertain : regroupement des paroisses, des messes et des célébrations, financement de bâtiments coûteux en entretien et que les seuls fidèles n’arrivent plus à assurer, risques de vols qui obligent à fermer nos églises et les exilent ainsi de la vie du quartier ou du village.
Seules subsisteront demain les églises où une communauté dynamique en fera un lieu de vie, un lieu ouvert à tous, un lieu de rassemblement et de service au bénéfice de toute la population.

L’avenir de nos églises se joue aujourd’hui et dépend de nous.

Abbé Marcel Villers