CLÉS POUR LIRE LUC : 40. CALCULER LA DÉPENSE

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 14, 25-33 du 23e dimanche ordinaire.

Calculer la dépense
 Qui, s’il veut bâtir une tour,
ne commence par calculer la dépense ?  
(Lc 14, 28)

Qui, en entendant les paroles de Jésus, ne cherche pas à se dérober ? En tous cas, Jésus le sait puisqu’il nous invite « à s’asseoir pour calculer la dépense et voir si nous avons de quoi aller jusqu’au bout » (14, 28). Et il y a de quoi car « si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants, même à sa propre vie, il ne peut pas être mon disciple » (14, 26).
Qui est-il ce Jésus pour nous demander tout, car c’est un attachement exclusif, un cœur sans partage qu’il demande ? Mais n’est-ce pas là le propre de l’amour ? Est-il possible d’aimer sans renoncer à soi ? Est-il possible d’aimer sans se dépouiller au profit de l’autre ? Le renoncement n’est pas une perversion, il est comme l’envers de l’amour.

Jésus et la famille
Les évangiles ne comportent aucun éloge de la famille en tant que telle, et ils n’hésitent pas à rappeler à l’occasion les rapports conflictuels que Jésus eut avec sa propre parenté. Plus que la parenté importe à Jésus l’obéissance à Dieu et à sa vocation de prophète. La rupture avec le clan familial s’impose aussi aux disciples de Jésus dans la mesure où le cercle familial, la pression qu’il exerce, peuvent rendre impossible la fidélité à Jésus. La suite de Jésus se concilie mal avec les solidarités familiales et leurs exigences. Alors « si quelqu’un vient à moi sans me préférer à son père, sa mère, sa femme, ses enfants… il ne peut pas être mon disciple » (14, 26). (René LUNEAU, Jésus, l’homme qui évangélisa Dieu, 2009)

Abbé Marcel Villers

La grande illusion – Septembre 2025

Chaque mois, au long de l’année liturgique, nous vous proposons une reproduction d’une œuvre d’art qui invite à la méditation, à la prière et enrichit le sens de la liturgie célébrée durant la période.

Cette image est affichée à l’église de Theux dans la chapelle du Saint-Sacrement.

Abbé Marcel Villers

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La passion de posséder est de tous les temps. Nul n’échappe à cette gourmandise première à laquelle se réduit souvent notre recherche du bonheur. Comme si être heureux consistait à amasser, entasser, posséder.

Pourquoi passer notre temps, si court, à faire des réserves pour demain ?

À chaque jour suffit sa peine, demain s’occupera de lui-même, disait Jésus.

C’est aujourd’hui qu’il faut vivre et que nos richesses doivent porter du fruit pour nos frères. Alors, n’attendons pas demain. Demain, il sera trop tard.

SOURCES : 149. LA TRAVERSÉE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.

Confiance

Le Christ avait laissé ses disciples s’embarquer seuls pour traverser le lac
(Mt 14, 22-33).
Et nous aussi, si nous rencontrons des épreuves, ce qui ne peut manquer,
souvenons-nous que c’est Jésus qui nous a fait monter dans la barque
car il veut que nous le précédions sur l’autre rive.

Il est impossible d’atteindre l’autre rive
si l’on n’a pas supporté l’épreuve des vagues et du vent contraire.
Mais quand nous nous verrons cernés par une foule de difficultés
et près de renoncer à traverser seuls,
réfléchissons :
la barque est au milieu de la mer, rudement secouée
par les vagues qui voudraient que notre foi chavire.
Et si nous voyons le souffle du Mal s’opposer à notre action,
comprenons que nous sommes dans le vent contraire.

Si dans de telles souffrances, nous tenons bon
pendant les veilles des ténèbres de cette nuit d’épreuves,
luttant autant qu’il est possible
et nous gardant pour éviter le naufrage de notre foi,
ayons cette assurance que lorsque la nuit sera avancée
et que le jour poindra,
le Fils de Dieu viendra vers nous
et calmera pour nous la mer en marchant sur les eaux.

Il nous dira : Ayez confiance, c’est moi,
N’ayez pas peur ! »

Origène, Sur l’évangile selon saint Matthieu.

ORIGÈNE (185-254) reçoit une solide formation biblique et théologique à Alexandrie où il va exercer une fonction d’enseignement à l’École catéchétique. Suspecté d’enseigner des doctrines aventurées par l’évêque, il est interdit à Alexandrie. Il poursuit son enseignement en Palestine et Syrie. Il meurt martyr à Tyr.

ART ET FOI : SAINT FRANÇOIS-XAVIER

ART ET FOI. PLAFOND DE L’ÉGLISE DE THEUX.

Nous vous proposons la découverte des panneaux, datant de 1630, ornant le plafond de la nef de l’église de Theux. 66 médaillons figurent un(e) saint(e), dont plusieurs de Marie, des scènes de la Passion du Christ, de sa gloire, etc. Deux fois par mois, le mardi, un de ces médaillons sera présenté.

 FRANÇOIS-XAVIER (1506-1552)

Prêtre de la Compagnie de Jésus ; un des premiers compagnons de saint Ignace.

Missionnaire en Asie, apôtre des Indes et du Japon.

Fêté le 3 décembre.

Patron de l’œuvre de la Propagation de la foi et des missionnaires ; des marins et des touristes.

Description du panneau

Surplis, étole et tonsure du prêtre, col jésuite. Il tient en mains une fleur de lys, symbole de son vœu de chasteté. Il sera souvent représenté avec un crucifix, le cœur visible et enflammé.

Né à Javier en Navarre, François alla faire ses études à l’université de Paris où il rencontra, en 1532, Ignace de Loyola dont il devint un proche. Le 15 août 1534, ils sont sept à prononcer les vœux de pauvreté et de chasteté à Montmartre : la Compagnie de Jésus est née. Après des études de théologie, François Xavier est ordonné prêtre à Venise en 1537. La bulle d’approbation de la Compagnie de septembre 1540 assigne à ce nouvel ordre : « le profit des âmes et la propagation de la foi soit chez les Turcs, soit chez n’importe quels autres infidèles, même dans ces régions qu’on appelle les Indes. » À la demande du roi du Portugal, François Xavier est envoyé, avec le titre de nonce apostolique, aux Indes portugaises où il débarqua à Goa en mai 1542.

Il se consacra d’abord aux Européens vivant sur place, puis rapidement, il s’adressa aux indigènes avec le désir ardent « d’annoncer l’Évangile non seulement par la prédication, mais aussi par l’assistance à tout un chacun, malade, pauvre ou prisonnier » (Rosa GIORGI, Comment reconnaître les saints, 2003, p.135). De nombreux miracles lui furent attribués.

Pendant dix ans, où la prière et la pénitence tenaient autant de place que la prédication, François Xavier allait parcourir des dizaines de milliers de kilomètres pour annoncer la Bonne Nouvelle en Inde, à Ceylan, aux Moluques et au Japon où il arriva en 1549. Dans la nuit du 2 au 3 décembre 1552, terrassé par la fièvre, il mourut seul, au seuil de la Chine, dans l’île de San Choan, au large de Canton. Il avait quarante-six ans.

Deux ans après sa mort, on découvrit sa dépouille intacte qui confirmait sa réputation de sainteté. Légende, enjolivements des faits se répandirent d’Orient en Europe : « on parla des innombrables miracles du saint, guérisons de malades, tempêtes apaisées, morts ressuscités, esprit de prophétie, don des langues. On calcula que François avait dû baptiser en dix ans cinq cent mille voire un million d’infidèles » (Jean DELUMEAU (dir.), Histoire des saints, tome VIII, 1987). Il fut canonisé en 1622 et apparaît déjà en 1630 au plafond de l’église de Theux qui est un manifeste de la Contre-Réforme.

Abbé Marcel Villers