Qu’est-ce qu’un monastère ?

Les communautés monastiques chrétiennes sont apparues aux premiers siècles de notre ère, sur les terres arides d’Orient. Elles se sont ensuite implantées en Occident et ont connu un essor exceptionnel durant tout le Moyen-Age.

Le monachisme occidental connaît plusieurs grandes périodes de développement. L’acte fondateur est celui de saint Benoît de Nursie (480-540), initiateur de la célèbre abbaye italienne du Mont-Cassin (photo ci-dessus), qui édicte, avec la règle bénédictine, dès le VIe siècle, les premiers principes de la vie dite cénobitique. Cette règle rythme la vie communautaire et amène moines et moniales à occuper leur temps dans la recherche de Dieu, partagés entre prière (ora), travail (labora) et étude méditative de l’Écriture sainte (lectio divina). Selon cette règle, la communauté monastique vit dans l’ascétisme et doit tenter de développer son autonomie afin de préserver son isolement hors du monde.

La journée de travail est rythmée par la prière. La liturgie des Heures des monastères est répartie en sept offices quotidiens qui réunissent la communauté autour de l’autel, plus un office qui a lieu pendant la nuit.

Les VIIe et VIIIe siècles assistent à une éclosion de multiples ordres aux caractéristiques propres : la solitude silencieuse des chartreux (saint Bruno), l’austérité cistercienne (saint Bernard) et, avec saint François d’Assise, la pauvreté des ordres mendiants : franciscains, dominicains, carmes et augustins.

Le cloître, lieu emblématique du monastère
Le monastère, dirigé par un supérieur ou un abbé, peut prendre l’appellation abbaye, prieuré ou couvent*, selon sa taille et le type d’occupation. Le cloître, un espace de circulation situé sur le flanc de l’église, permet de desservir les différentes ailes du monastère. Il est aussi un lieu important de vie spirituelle des religieux de la communauté. Il s’agit d’un espace ouvert sur le Ciel mais coupé du monde, dans lequel chaque moine peut s’isoler pour méditer et prier.

Autour de cet élément central, on trouve les déambulatoires, les cellules, le réfectoire et la salle capitulaire qui sert d’espace de discussion pour la vie et la gestion de la communauté. L’infirmerie, le noviciat, la bibliothèque et les espaces de travail occupent une grande place au sein du monastère, auxquels s’ajoutent les bâtiments nécessaires à l’exploitation agricole. Chaque moine, fort de ses compétences particulières, contribue à la vie de la communauté religieuse mais doit trouver également dans son travail une source d’élévation spirituelle. La bonne organisation du travail collectif contribue à l’harmonie et à la paix du monastère, nécessaires à la prière.

Par leur nombre et leur organisation, les monastères acquièrent ainsi une importance considérable dans l’Europe médiévale. Ils deviennent de prospères établissements créateurs de richesses mais également des lieux de transmission du savoir notamment grâce au travail insatiable des moines copistes, qui retranscrivent des livres dans le scriptorium. Ces moines deviennent alors de formidables transmetteurs du savoir et de la culture. L’idéal monastique, même s’il suscite actuellement moins de vocations qu’à son âge d’or médiéval, se perpétue encore aujourd’hui.

Marie C.,
d’après l’article de Benjamin Fayet 
paru sur Aleteia

*Une abbaye est dirigée par un abbé ou une abbesse. Un prieuré par un prieur ou une prieure. Couvent ou monastère sont des termes génériques pour l’ensemble des maisons religieuses communautaires soumises à une règle. (Cette note est une ébauche, libre à chacun de compléter !)

La vidéo ci-dessous montre des vues d’un monastère (en l’occurrence, un prieuré, dirigé par une prieure !) situé en Provence : on voit clairement l’église, le cloître, les bâtiments de travail et de vie.

 

P.S. L’illustration du haut de l’article représente le Mont-Cassin et vient de Wikipedia.

Panama 2019 : le logo des prochaines JMJ dévoilé

Les prochaines Journées mondiales de la jeunesse
se dérouleront du 22 au 27 janvier 2019 au Panama.
En voici le logo officiel !

Il s’agit d’un logo au trait rond, souple, tricolore (rouge, blanc, bleu), dont la forme globale évoque un cœur, et dont l’esprit se rapproche de celui des JMJ de Toronto (2002), de Cologne (2005) et de Cracovie (2016).

Création graphique, signée Ambar Calvo, jeune étudiant en architecture
À gauche, en rouge, on reconnaît la croix du pèlerin explicitement dessinée et à droite, la silhouette de la Sainte Vierge, surmontée de cinq points représentant sa couronne d’étoiles. La partie supérieure du dessin représente la carte simplifiée de Panama, coupée par le célèbre canal. Ces différents éléments sont reliés par un ruban blanc : le chemin spirituel que les pèlerins sont invités à emprunter.

Ce logo s’inscrit pleinement dans l’orientation mariale que le pape François veut donner aux JMJ.

Le thème retenu pour cette édition est :
Voici la servante du Seigneur,
que tout advienne selon ta parole

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Vendredi saint : l’Heure est donc venue…

Aleteia propose le chemin de Croix qui sera prié
ce Vendredi saint à Rome, dans et autour du Colisée

Il a été rédigé par une théologienne française, Anne-Marie Pelletier, qui a reçu le prix de la Fondation Joseph Ratzinger – Benoît XVI en 2014.

Ouverture

L’Heure est donc venue. Le chemin de Jésus sur les routes poudreuses de Galilée et de Judée, à la rencontre des corps et des cœurs en souffrance, pressé par l’urgence d’annoncer le Royaume, ce chemin s’arrête ici, aujourd’hui.

Sur la colline du Golgotha. Aujourd’hui la croix barre le chemin. Jésus n’ira pas plus loin.

Impossible d’aller plus loin !

L’amour de Dieu reçoit ici sa pleine mesure, sans mesure.

Aujourd’hui l’amour du Père, qui veut que, par le Fils, tous les hommes soient sauvés, va jusqu’au bout, là où nous n’avons plus de mots, où nous perdons pied, où notre piété est débordée par l’excès des pensées de Dieu.

Car, au Golgotha, contre toutes les apparences, il s’agit de vie. Et de grâce. Et de paix. Il s’agit, non pas du règne du mal que nous connaissons trop, mais de la victoire de l’amour.

Et, à l’aplomb de la même croix, il s’agit de notre monde, avec toutes ses chutes et ses douleurs, ses appels et ses révoltes, tout ce qui crie vers Dieu, aujourd’hui, depuis les terres de misère ou de guerre, dans les foyers déchirés, les prisons, sur les embarcations surchargées de migrants…

Tant de larmes, tant de misère dans la coupe que le Fils boit pour nous.

Tant de larmes, tant de misère qui ne sont pas perdues dans l’océan du temps, mais recueillies par lui, pour être transfigurées dans le mystère d’un amour où le mal est englouti.

C’est bien de la fidélité invincible de Dieu à notre humanité qu’il s’agit au Golgotha.

C’est une naissance qui s’y opère !

Il nous faut oser dire que la joie de l’Évangile est la vérité de cet instant !

Si notre regard ne rejoint pas cette vérité, alors nous restons prisonniers de rets de la souffrance et de la mort. Et nous rendons vaine pour nous la Passion du Christ.

Prière

Seigneur, nos yeux sont obscurs. Et comment t’accompagner si loin ?
« Miséricorde » est ton nom. Mais ce nom est une folie.
Qu’éclatent les vieilles outres de nos cœurs !
Guéris notre regard pour qu’il s’illumine de la bonne nouvelle de l’Évangile, à l’heure où nous nous tenons au pied de la Croix de ton Fils.
Et nous pourrons célébrer la longueur, la largeur, la profondeur et la hauteur (Ep 3,18) de l’amour du Christ, le cœur consolé et ébloui.

1ère station : Jésus est condamné à mort

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Comment nous confesser ? Des suggestions bien concrètes !

Trucs et astuces du cardinal Martini
pour aborder la confession plus sereinement 🙂

pardoneglise-catholique-fr

Ces conseils ont été trouvés près d’un confessionnal

Je ne veux pas ici faire une étude pastorale, mais simplement faire une suggestion à ceux qui ont peut-être, à un moment donné, espacé de plus en plus leurs confessions sans réussir à bien en analyser le pourquoi et sont dans l’incapacité de reprendre une pratique désormais formelle, à cause d’un certain malaise intérieur. Je voudrais proposer une suggestion uniquement parce qu’elle m’a été utile. (…)

Il me semble qu’il s’agit avant tout d’un dialogue avec un frère qui représente l’Église, donc un prêtre, en qui je vois un représentant direct de Dieu ; un dialogue fait en priant ensemble, dans lequel je présente ce que je sens en moi, en ce moment ; je me présente tel que je suis, devant l’Église et devant Dieu. (…)

Commencer par le positif…
À mon avis, ce dialogue comporte essentiellement deux parties : la première, que j’appelle confessio laudis, c’est-à-dire confession d’après le sens primitif du terme. Là aussi, on peut partir d’un paradoxe : s’il est chaque fois pénible et si difficile de dire mes péchés, pourquoi ne pas commencer par les bonnes actions ?

Saint Ignace lui-même le suggérait dans les Exercices, prenant comme premier point l’action de grâce : Seigneur, je veux d’abord te remercier parce que tu m’as aidé, telle chose a eu lieu, j’ai pu me rapprocher de telle personne, je me sens plus serein, j’ai dépassé un moment difficile, j’ai pu mieux prier. Remercier Dieu de ce que je suis, de son don, sous forme de dialogue, de prière de louange ; reconnaître ce qui maintenant, devant Dieu, me donne de la joie : je suis content de telle ou telle chose, passée ou présente. Il est important que ces choses émergent devant le Seigneur : la reconnaissance de sa bonté pour nous, de sa puissance, de sa miséricorde. (…)

… puis parler du négatif
Cela fait, on peut passer à une confessio vitae que je définirais comme ceci : plus qu’une recherche et une énumération de péchés formels, c’est dire devant Dieu ce qui maintenant me met mal à l’aise, ce que je voudrais faire disparaître. Souvent, ce sont des attitudes, des façons d’être, plus que des péchés formels, mais au fond, les causes sont les douze attitudes que répertorie saint Marc : orgueil, envie, cupidité qui émergent dans ces états d’âme.

Ou bien, je dirai devant Dieu : je regrette de ne pas pouvoir parler sincèrement avec telle personne, mon rapport n’est pas authentique avec tel groupe, je ne sais pas par où commencer. Je regrette de ne pas réussir à prier, je me sens mal à l’aise d’être pris par ma sensualité, par des désirs que je ne voudrais pas avoir, des fantasmes qui me troublent. Je ne m’accuse peut-être d’aucun péché en particulier, mais je me mets devant le Seigneur et lui demande qu’il me guérisse.

Il ne s’agit vraiment pas de mettre sur la table trois ou quatre péchés, pour qu’ils soient annulés, mais d’une immersion baptismale dans la puissance de l’Esprit : Seigneur, purifie-moi, éclaire-moi, illumine-moi. Je ne demande pas seulement, dans cette confession, que soit annulé tel ou tel péché, mais que mon cœur soit changé, qu’il y ait en moi moins de lourdeur, moins de tristesse, moins de scepticisme, moins d’orgueil. Je ne sais peut-être même pas par où commencer, mais je mets tout cela dans la puissance du Crucifié et du Ressuscité par la puissance de l’Église.

Carlo Maria MARTINI,
archevêque de Milan

Source : Aleteia 
Photo : Église catholique France