SOURCES : 52. HYMNE A DIEU

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

52. Hymne à Dieu

 « O Toi l’au-delà de tout – n’est-ce pas là tout ce qu’on peut chanter de Toi ?
Quel hymne Te dira le langage ?
Aucun mot ne t’exprime.
A quoi l’esprit s’attachera-t-il ?
Tu dépasses toute intelligence.

Seul, Tu es indicible, car tout ce qui se dit est sorti de Toi.
Seul, Tu es inconnaissable, car tout ce qui se pense est sorti de Toi.

Tous les êtres, ceux qui parlent et ceux qui sont muets, Te proclament.
Tous les êtres, ceux qui pensent et ceux qui n’ont pas la pensée, Te rendent hommage.
Le désir universel, l’universel gémissement tend vers Toi.

Tout ce qui est Te prie.
Vers Toi tout être qui pense ton univers fait monter un hymne de silence.
Tout ce qui demeure, demeure par Toi ;
par Toi subsiste l’universel mouvement.
De tous les êtres, Tu es la fin ;
Tu es tout être et Tu n’en es aucun.
Tu n’es pas un seul être, Tu n’es pas leur ensemble.

Tu as tous les noms, et comment Te nommerai-je,
Toi le seul qu’on ne peut nommer ?
Quel esprit céleste pourra pénétrer les nuées qui couvrent le ciel même ?

Prends pitié.
O Toi, l’au-delà de tout.
N’est-ce pas tout ce qu’on peut chanter de Toi ? » (Grégoire de Nazianze)

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GRÉGOIRE DE NAZIANZE (330-390), le plus profond des Pères grecs. Il appartient au monde des grands propriétaires terrains de Cappadoce. Son père, évêque de Nazianze, l’ordonne prêtre. Saint Basile sacre Grégoire évêque de Sasime, un relais de caravanes, puis il succède à son père sur le siège de Nazianze. Défenseur du dogme de la Trinité, il est proclamé archevêque de Constantinople où triomphe sa théologie au IIe concile œcuménique. L’hymne à Dieu est une des plus belles expressions de la théologie négative.

Clés pour lire l’évangile de Luc 47. L’abîme

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 16, 19-31 du 26e dimanche ordinaire.

47. L’abîme

           Ils ont Moïse et les prophètes : qu’ils les écoutent ! (Lc 16, 29)

« Quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus. » (16, 31) Les riches resteront les riches et les pauvres resteront pauvres. Rien ne peut combler l’abîme entre eux « établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous. » (16, 26) Cet abîme est celui qui sépare le ciel et l’enfer.

Le grand abîme qui séparait sur terre le riche et le pauvre est, dans l’au-delà, le même, mais inversé. Cette inversion révèle qu’un autre monde est possible, que Dieu a choisi son camp, celui du pauvre Lazare dont le nom signifie : « celui que Dieu secourt. » Reste à observer la Loi de Moïse : « Tu devras ouvrir ta main pour ton frère, pour ton pauvre et ton indigent. » (Dt 15, 7-11)

L’au-delà 

« Le pauvre mourut et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. » (16, 22) « Au séjour des morts, le riche était en proie à la torture… souffre terriblement dans cette fournaise. » (16, 23-24) Deux situations sont opposées : le sein d’Abraham pour Lazare et la fournaise pour le riche.

« Les Juifs se représentaient le bonheur éternel comme un banquet auquel participent les patriarches. On y mangeait étendu sur un coussin, et la tête de chacun se trouvait près de la poitrine du voisin. Être dans le sein d’Abraham est donc une manière juive de dire être à côté de lui, à la place d’honneur dans le festin céleste. Le riche souffre de la soif, alors qu’il y a de l’eau là où se trouve Lazare. On songe au paradis merveilleusement irrigué par quatre fleuves (Gn 2, 9-14). » (ACEBAC, Les Évangiles, 1983)

Abbé Marcel Villers