Clés pour lire l’évangile de Matthieu : 36. Le trésor

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Matthieu dont nous suivons la lecture liturgique. Aujourd’hui : Mt 13, 44-52 du 17e dimanche ordinaire.

36. Le trésor caché

Dans sa joie, il va vendre tout ce qu’il possède. (Mt 13, 44)

Être chrétien, c’est témoigner d’un trésor caché. « L’homme qui l’a découvert, le cache à nouveau. » (13,44) Pourquoi est-il caché ? Parce qu’il ne peut être trouvé que par celui qui cherche. L’essentiel, ce qui peut donner sens et repères d’existence, n’est accessible qu’à celui qui se met en quête et donc en état de trouver.

La découverte de Dieu et de son Royaume suscite une telle joie que rien ne peut retarder la décision d’y consacrer toute sa vie. « Il va vendre tout ce qu’il possède et il achète le champ, la perle. » (13, 44) Dieu et son Royaume demandent un choix décisif. On n’y entre pas « comme ça », sans s’en rendre compte. On ne naît pas chrétien, c’est le fruit d’une décision, d’une option radicale.

Le discours en paraboles de Matthieu 

Matthieu rassemble 7 paraboles dans son chapitre 13 : le semeur, l’ivraie, le grain de moutarde, le levain, le trésor, la perle, le filet. Après le discours sur la montagne (chapitres 5-7) et le discours de mission (10), cet ensemble constitue le troisième des cinq discours qui ponctuent l’évangile de Mt. Le thème commun des paraboles rapportées est celui du royaume des Cieux. Toutes les paraboles, sauf celle du semeur, commencent par la même formule : « le royaume des Cieux est comparable à… ». Comment dire ce qu’il en est de ce mystère si ce n’est par des comparaisons et des symboles ? Comment autrement parler de ce règne de Dieu, de sa mystérieuse présence au cœur de ce monde comme au plus intime de l’âme ?

Abbé Marcel Villers