La chronique du 1er novembre 2020 de notre Curé

Heureux… En marche

En ce début novembre, aux couleurs sombres de la pandémie et de la crise socio-économique s’ajoute le rouge de la barbarie… dont des chrétiens français notamment viennent d’être victimes.

A l’heure, où de nouveau, nos libertés se trouvent restreintes par la force des choses, je voulais commencer par citer la réaction du premier ministre canadien Justin Trudeau. Alors qu’il manifestait sa compassion et ses condoléances sincères et bien légitimes à la France, il a fait ce commentaire sur la liberté d’expression : « Nous nous devons d’agir avec respect pour les autres et de chercher de ne pas blesser de façon arbitraire et inutile ceux avec qui nous sommes en train de partager une société ou une planète. Dans une société pluraliste, diverse et respectueuse comme la nôtre, nous nous devons d’être conscients de l’impact de nos mots et de nos gestes sur d’autres, particulièrement ces communautés et ces populations qui vivent encore énormément de discrimination. » Pour être concret, M. Trudeau a utilisé l’image que l’on ne crie pas au feu dans un cinéma bondé !

Au-delà de donner matière à réflexion, cet appel à la prise de conscience de faire partie d’une même communauté en utilisant à bon escient notre liberté n’est pas sans lien avec l’épopée biblique. N’oublions pas que celle-ci débute avec la sortie d’Égypte et se termine par le salut universel offert et accompli dans le Christ Jésus. L’expérience du peuple de Dieu est celle d’une libération à accueillir et à mettre en œuvre au sein d’une fraternité. Fraternité qui tend à s’étendre à toute l’humanité. Cette expérience est au-delà de la création, le projet de Dieu lui-même. Lire la suite « La chronique du 1er novembre 2020 de notre Curé »

Clés pour lire l’évangile de Matthieu. 50. Les gens heureux

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier l’évangile de Matthieu dont nous suivons la lecture liturgique. Aujourd’hui : Mt 5, 1-12 de la fête de Toussaint.

50. Les gens heureux 

« Le Royaume des Cieux est à eux. » (Mt 5, 10)

C’est le monde à l’envers que nous présentent ces béatitudes. Un monde inversé où le bonheur n’est pas promis aux riches, aux battants, ni aux puissants. Un monde à contre-courant où le bonheur est annoncé aux pauvres, aux doux, aux affligés, aux cœurs purs et miséricordieux, aux artisans de paix et aux victimes de la haine et de la violence. Mais qui se trouve ainsi désigné ? Qui est pauvre, doux, victime ?

D’abord, Jésus lui-même dont les béatitudes dressent en quelque sorte le portrait. Il est le miséricordieux, le pacifique, le pur. C’est lui le Fils bien-aimé qui, par son exemple, nous livre le secret du bonheur. Et de la sainteté. Et de Dieu. Dieu est bien l’inimaginable que seul Jésus, son Fils bien-aimé, pouvait révéler. Jésus est l’image du Dieu invisible, d’un Dieu pauvre, doux, miséricordieux, pacifique, persécuté.

Les saints

En cette fête de Toussaint, nous célébrons et prions la foule immense et innombrable, l’immense cortège de tous les saints, connus et inconnus, qui ont mis leur foi en Jésus. Les saints ne sont pas d’abord des hommes et des femmes aux vertus héroïques, mais, comme nous tous, des pauvres, des affamés, des affligés qui se sont laissé transfigurer et porter par le Christ.
Ce sont les humbles, les pauvres de cœur.
Ce sont les affamés qui aspirent à la justice.
Ce sont les cœurs purs qui jugent sans parti-pris.
Ce sont les facteurs de paix et d’unité.
Ce sont les lèvres qui refusent le mensonge.
Ce sont les cœurs doux et les mains miséricordieuses.
Ce sont les yeux tendus vers la terre promise où ils seront appelés fils de Dieu.

Abbé Marcel Villers