SOURCES : 37. JÉSUS SEIGNEUR

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

37. Jésus, Seigneur

« Seigneur. Oh, oui, enfin ! par le double mystère de la Consécration et de la Communion universelles, j’ai trouvé quelqu’un à qui je puisse, à plein cœur, donner ce nom !

Tant que je n’ai su ou osé voir en Vous, Jésus, que l’homme d’il y a deux mille ans, le Moraliste sublime, l’Ami, le Frère, mon amour est resté timide et gêné.

Des amis, des frères, des sages, est-ce que nous n’en avons pas de bien grands, de bien exquis, et de plus proches, autour de nous ?

Et puis, l’Homme peut-il se donner pleinement à une nature seulement humaine ?

 Depuis toujours, le Monde au-dessus de tout Élément du Monde, avait pris mon cœur, et jamais, devant personne autre, je n’aurais sincèrement plié. Alors longtemps, même en croyant, j’ai erré sans savoir ce que j’aimais.

Mais, aujourd’hui que par la manifestation des pouvoirs suprahumains que vous a conférés la Résurrection, vous transparaissez pour moi, Maître, à travers toutes les puissances de la Terre, alors je vous reconnais comme mon Souverain et je me livre délicieusement à Vous. » (Pierre Teilhard de Chardin, La messe sur le monde, 1923))

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Pierre TEILHARD DE CHARDIN, (1881-1955), prêtre jésuite français, paléontologue, théologien et philosophe. Autant scientifique que mystique, il voit la résurrection comme un événement cosmique qui fait du Christ le centre universel. 

Synode 2021-23 – Une déformation de l’Église : le cléricalisme

Une déformation de l’Église : le cléricalisme

Nous faisons tous notre entrée dans l’Église en tant que laïcs. Le premier sacrement, celui qui scelle pour toujours notre identité et dont nous devrions toujours être fiers, est le baptême… Personne n’a été baptisé prêtre ni évêque. Ils nous ont baptisés laïcs et c’est le signe indélébile que personne ne pourra jamais effacer. Cela nous fait du bien de nous rappeler que l’Église n’est pas une élite de prêtres, de personnes consacrées, d’évêques, mais que nous formons tous le saint peuple fidèle de Dieu. Oublier cela comporte plusieurs risques et déformations dans notre expérience, à la fois personnelle et communautaire, du ministère que l’Église nous a confié. Nous sommes, comme le souligne bien le Concile Vatican II, le peuple de Dieu, dont l’identité est « la dignité et la liberté des fils de Dieu, dans le cœur desquels demeure l’Esprit Saint, comme dans un temple » (Lumen gentium, n. 9). Le saint peuple fidèle de Dieu est oint par la grâce de l’Esprit Saint, et c’est pour cela qu’au moment de réfléchir, de penser, d’évaluer, de discerner, nous devons être très attentifs à cette onction.

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