SOURCES : 48. FOI ET ESPERANCE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement. Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

48. De la foi à l’espérance 

« La foi, partout où elle se déploie en espérance, n’apporte pas le repos, mais l’inquiétude.
Elle ne rend pas patient, mais impatient.
Elle n’apaise pas le coeur inquiet, mais elle est dans l’homme ce cœur inquiet.

Tout homme qui espère dans le Christ ressuscité des morts
ne peut plus prendre son parti de la réalité telle qu’elle est.
Il commence à en souffrir, à la contredire.
Paix avec Dieu veut dire guerre avec le monde
car l’écharde de l’avenir promis s’enfonce sans rémission
dans la chair du présent toujours inaccompli.

L’espérance garde l’homme dans le refus de s’installer
jusqu’au grand accomplissement de toutes les promesses de Dieu.
Elle le maintient en situation de voyageur, dans un monde ouvert.
Cette ouverture, le monde la reçoit de la promesse de Dieu ressuscitant le Christ.
Aucun dépassement ne pourra jamais la rendre périmée,
si ce n’est l’accomplissement opéré par Dieu lui-même.

Cette espérance fait de la communauté chrétienne le foyer d’une perpétuelle agitation au cœur des sociétés humaines qui voudraient se fixer en sociétés permanentes. »
(Jürgen Moltmann, Théologie de l’espérance, 1973)

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­­JÜRGEN MOLTMANN (1926), pasteur protestant, professeur de théologie à l’université de Tübingen. Sa « Théologie de l’espérance », notamment inspirée par l’œuvre d’Ernst Bloch va faire connaître Moltmann sur la scène théologique internationale. Il exerça une influence « souterraine » sur toute la théologie sud-américaine de la libération.

SOURCES : 29. TOUT EN TOUS

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

29. TOUT EN TOUS

« Hommes, femmes, enfants, profondément divisés sous le rapport de la race, de la nation, de la langue, du genre de vie, du travail, de la science, de la dignité, de la fortune, tous, l’Église les recrée dans l’Esprit.
A tous également elle imprime une force divine.
Tous reçoivent d’elle une nature unique, impossible à rompre, une nature qui ne permet plus qu’on ait désormais égard aux multiples et profondes différences qui les affectent.

Par-là, tous sont élevés et unis de façon véritablement catholique. En elle, nul n’est le moins du monde séparé de la communauté, tous se fondent pour ainsi dire les uns dans les autres, par la force simple et indivisible de la foi.

Le Christ est aussi tout en tous, lui qui enferme tout en lui selon la puissance unique, infinie où convergent les lignes. C’est pourquoi les créatures du Dieu unique ne demeurent point étrangères ou ennemies les unes par rapport aux autres, ce qui serait si elles n’avaient pas de lieu commun où manifester leur unité et leur paix. »(Maxime le Confesseur, Mystagogie I)

MAXIME LE CONFESSEUR (580-662), natif du Golan syrien, orphelin à neuf ans, est confié à un monastère palestinien. En 614, il fuit l’invasion perse et se réfugie après une longue errance à Carthage. Il y écrit la plupart de ses œuvres qui constituent une véritable synthèse de la période patristique. Il confessera jusqu’au martyre la foi dans l’humanité du Christ.    

L’abbé Marcel Villers nous partage ses voeux

Abbé Marcel Villers
Abbé Marcel Villers

L’abbé Marcel Villers termine son mandat de vicaire épiscopal chargé de l’Enseignement et de l’Éducation chrétienne ce 31 décembre 2013. Aux membre de son Vicariat, il a adressé ses vœux par le message suivant, qu’il nous transmet également, les ayant aussi partagé aux participants à la messe de la veille de Noël à Jehanster, le 24 décembre dernier.

Gloire, Paix, Bienveillance

C’est avec le chant des Anges, la nuit de Noël, que je voudrais vous exprimer mes vœux en cette fin d’année qui est aussi, pour moi, le terme de mon mandat de vicaire épiscopal.

Gloire à Dieu au plus haut des cieux
La gloire, pour la Bible, c’est le poids, la densité, la splendeur d’un être. C’est dans les hauteurs qu’elle est le mieux, la gloire. Dès que les hommes s’en parent, la voulant pour eux, ils la transforment en vanité et convoitise. L’enfant de Bethléem nous dévoile la vérité de la gloire : l’humilité. Ne retenant pas le rang qui l’égalait à Dieu, il se vida de lui-même (Ph 2, 6-7).

Rendons à Dieu seul la gloire. La nôtre, à la suite du Christ, est faite d’abaissement et d’effacement de soi. Notre gloire, notre « poids », est celui du serviteur de tous ceux qui sont confiés à notre vigilance.

Paix sur la terre
De leurs épées, ils forgeront des socs de charrue, et de leurs lances, des faucilles. On ne lèvera plus l’épée nation contre nation, on ne s’entraînera plus pour la guerre (Isaïe, 2,5).

La vision du prophète est contredite aujourd’hui par une autre qui présente le drone comme une arme humanitaire par excellence. Au nom des impératifs de l’antiterrorisme, on fait du monde entier un terrain de chasse : on élimine des êtres humains comme on tire les lapins (Revue nouvelle, novembre 2013). Il est encore loin le temps où les loups et les agneaux auront même pâture (Isaïe 11,6).

Paix sur la terre ! Que pourrait-on souhaiter comme meilleur monde que celui où, enfin, amour et vérité se rencontrent, justice et paix s’embrassent (Psaume 85).

Bienveillance parmi les hommes
Les anges ont interpellé le ciel et la terre, restent les cœurs. C’est à l’être humain, à lui seul, qu’ils s’adressent. Ils ne lui demandent pas l’amour, mais la bienveillance, celle qui sourit aux faiblesses, compatit aux douleurs, porte sur le monde un regard indulgent et vole au secours de qui appelle (France Quéré).

Ils sont des centaines, des milliers à prendre la route ou la mer. Ni les vents, ni les sables, ni les pillards, ni les murs, ni les barbelés ne les arrête. Ils et elles ont tout quitté, famille et patrie, langue et culture pour « la terre promise ». Ils ont péri dans le désert, la mer ou un camion frigorifique. Le prophète nous avait pourtant prévenus : Tes portes seront toujours ouvertes, elles ne seront fermées ni jour, ni nuit afin de laisser entrer chez toi les trésors des nations (Isaïe 60,11). Pourquoi fermons-nous nos portes ? Puisse la bienveillance l’emporter !

Gloire à Dieu, car nous avons besoin d’une transcendance pour fonder notre vivre ensemble.

Paix sur terre, car réconciliation et vérité sont les racines de toute société.

Bienveillance, car l’avenir de l’homme, c’est son frère.

A toutes et tous, joyeux Noël et bonne année !

Abbé Marcel Villers
Noël 2013