Saint Lambert (vers 636-vers 705)

Évêque de Tongres-Maastricht
Martyr à Liège

♠♠♠♠♠

Saint patron du diocèse de Liège
Saint patron des églises de La Reid (1512)
et Desnié (1784)

♠♠♠♠♠

Fêté le 17 septembre

♠♠♠♠♠

Attributs : crosse, mitre, gants, chasuble de l’évêque ; le livre ouvert est celui de la Parole de Dieu que le pasteur lit, enseigne et répand.

Lambert vit, à la fin du 7e s., à l’époque des Mérovingiens. Il est originaire de Maastricht, cité épiscopale et siège du palais royal. Il est issu d’une grande famille aristocratique, riche propriétaire, qui est au service du roi et de sa politique. Après une bonne éducation en famille, il est confié, par son père, à l’évêque Théodard, qui vit à la cour royale où Lambert, avec d’autres jeunes aristocrates, reçoit une formation qui fait d’eux des agents de l’État. Proche du pouvoir, les évêques mérovingiens en retirent de nombreux avantages, mais en subissent aussi les aléas, les guerres de clans particulièrement. Ainsi, l’évêque Théodard est assassiné. C’est alors que le roi Childéric II (662-675) place Lambert sur le siège épiscopal vacant. Mais, quelques années plus tard, le roi est assassiné et s’ouvre une sorte de guerre de succession. C’est au cours de cette période troublée que l’évêque Lambert est déposé sous la pression d’un clan adverse. Le nouveau roi le relègue à l’abbaye de Stavelot où il vivra, comme un simple moine pendant sept ans.

Lorsque Pépin II s’empare du pouvoir (679), il rétablit Lambert sur le siège de Maastricht. C’est alors que Lambert entame une vaste mission d’évangélisation, en parallèle avec la pénétration franque, dans la Campine et le Limbourg.

Mais les intrigues de cour et la guerre des clans qui se disputent le pouvoir vont conduire au meurtre de Lambert. Deux groupes de famille opposés cherchent à placer l’Eglise, et ses riches propriétés, sous leur contrôle. Lambert va être la victime de cette guerre entre des bandes armées (Jean-Louis KUPPER et Philippe GEORGE, Saint Lambert, de l’histoire à la légende, 2006).

Le 17 septembre, probablement 705, Lambert est à Liège, qui est alors un village où l’évêque a une résidence. Au petit matin, lui et ses gardes sont attaqués et Lambert est tué. Les rescapés de la tuerie déposent le corps de Lambert sur une barque et le transportent jusqu’à Maastricht où il est enseveli.

L’évêque Lambert est rapidement considéré comme un martyr, un saint. Le petit village de Liège où il a été assassiné, devient lieu de pèlerinage et de miracles. Un culte populaire se développe. Liège devient un lieu saint. Puisque Lambert, enseveli à Maastricht, fait à Liège ses miracles, c’est donc à Liège qu’il doit reposer. À l’emplacement même de la maison du drame, on construit une église où son successeur, saint Hubert, fait transférer ses reliques. Au 8e s., Liège deviendra le siège de l’évêché au lieu de Maastricht.

Abbé Marcel Villers

Illustration : caisson du plafond de l’église de Theux © IRPA

Les églises sont des lieux de vie qui dépendent de nous !


saint_hubert

Homélie de l’abbé Marcel Villers pour la fête de saint Hubert,
le samedi 8 novembre 2014 à Theux

Depuis les premiers temps de l’Église, les chrétiens ont eu besoin de lieux pour se rassembler. Non pas des temples sacrés censés abriter la divinité, mais des espaces adaptés pour se réunir et célébrer Celui qui est, qui était et qui vient.

À la suite de saint Lambert, on sait que saint Hubert acheva l’œuvre d’évangélisation de ce qui deviendra le diocèse, puis la principauté de Liège. À l’époque, sous les Mérovingiens, seules les villes regroupaient une communauté de chrétiens. Les campagnes et les régions forestières, comme la nôtre, étaient toujours païennes. La peur y régnait par crainte des esprits et des divinités qui peuplaient la nature et les sombres forêts. Songez à la bête du Staneux. On leur rendait un culte et on leur offrait des sacrifices. Des temples et des lieux sacrés y étaient réservés. Ainsi à Diane, déesse de la chasse, et à Epona, protectrice des chevaux. Le culte à saint Hubert les a probablement remplacées.

Un des objectifs de saint Hubert fut, en effet, de détruire ces cultes et ces lieux pour y installer la nouveauté chrétienne. De cette époque date probablement le sanctuaire primitif sur lequel est construite notre église de Theux.

Le plan de nos églises est significatif de la nouveauté chrétienne. Nos églises sont construites, le plus souvent, en forme de croix.

Ce n’est plus dans un lieu sacré, un temple qu’a lieu le culte.
Détruisez ce Temple, et en trois jours, je le relèverai… déclare Jésus.
Le Temple dont il parlait, c’était son corps.
Pour le chrétien, le seul temple véritable, c’est le Christ. Lire la suite « Les églises sont des lieux de vie qui dépendent de nous ! »