4ème dimanche de l’Avent Va vers le pays que je te montrerai (2)

« La vierge concevra et mettra au monde un fils auquel on donnera le nom d’Emmanuel. »
Dieu accomplit sa promesse mais par une voie déconcertante. Déconcertante pour nous, bien sûr. Mais surtout pour Marie, dont on se souvient de la question posée à l’Ange : « comment cela peut-il se faire ? »
Et déconcertante tout autant pour Joseph, à qui elle est promise. Leur projet de couple est anéanti.
Que va faire Joseph devant cet inattendu ?

Comme Joseph, nous sommes invités à faire des choix, à prendre nos responsabilités. Nos projets, nos rêves, nos réalisations, Dieu vient les bouleverser. Dans l’Église, il y a des choix à faire pour vivre le présent sans nous laisser écraser par le passé. Cessons de gémir sur cette Église qui hier, au temps de notre enfance ou de notre jeunesse, était si florissante.
Nous en avons plein les yeux et les souvenirs de cette vitalité et des nombreuses activités que notre paroisse proposait : le Cercle, ses réunions, ses fêtes, le théâtre, le Patronage ; les processions de la Fête-Dieu ; les offices religieux solennels et les assemblées nombreuses ; les conférences et les prédicateurs étrangers ; la Ligue du Sacré-Cœur et le Tiers-Ordre ; les mouvements de jeunesse et les groupes de catéchisme. Et puis, il y avait un curé et un vicaire à Theux, un curé dans chacune des huit paroisses qui forment aujourd’hui l’unité pastorale.

Tout cela, c’était hier, et comme notre enfance, ce temps-là ne reviendra pas. Il faut faire son deuil, écrit notre évêque dans la lettre qu’il nous adresse. Méditons l’exemple de saint Joseph. Il doit faire son deuil d’une vie de couple ordinaire, faire son deuil d’un mariage traditionnel. Voilà que Dieu bouleverse ses projets et ses rêves.
En juif pieux, en homme juste, il ne se reconnaît pas digne d’approcher Marie, encore moins de « prendre chez lui Marie » et le fils qu’elle porte. Joseph ne peut que s’effacer, se retirer devant l’œuvre de Dieu. D’où sa décision : se séparer de Marie, laisser ainsi tout le champ à Dieu. « Il avait formé ce projet lorsque l’Ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit ; Joseph, fils de David, ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse. » Contrairement à la décision que Joseph avait prise, Dieu lui demande d’entrer dans la réalisation de son dessein.
Pour la deuxième fois, Joseph doit renoncer à son projet, à sa décision, à sa vision des choses.

« Il y a des choses à ne plus faire, des habitudes à abandonner », écrit notre évêque. Mais « on a toujours fait ainsi », diront certains. Peut-être, mais ce n’est pas une ligne de conduite pour un chrétien. L’histoire des hommes comme l’histoire sainte n’est pas faite de répétitions, de routines. Même la nature aujourd’hui n’est plus régie par des cycles qui reviennent inchangés chaque année. Ne disons-nous pas souvent : « Il n’y a plus de saisons » ! Le retour perpétuel des mêmes choses, le dicton « Rien de nouveau sous le soleil », ne sont plus pertinents pour comprendre le monde qui est désormais le nôtre, changeant, surprenant et tout autant décevant et décourageant les meilleurs. En tous cas, cela nous enseigne qu’il n’y a pas de fatalité qui pèse sur nous et nous entraînerait vers la résignation ou la nostalgie d’un temps répétitif qui n’est pas.

Nous vivons et sommes les acteurs d’une histoire dont les événements nous provoquent à la responsabilité, à prendre le présent et l’avenir en mains. Comme pour Joseph, l’événement bouleverse nos plans, notre routine. Bref, nous fait sortir de notre sommeil. Il faut réagir, écrit notre évêque, et « regarder avec des yeux attentifs et bien ouverts les lieux et les activités qu’il convient d’abandonner pour se consacrer vraiment aux nouveaux appels et besoins. »

Mais concrètement, quels sont les appels nouveaux qui sont à honorer ? Que signifie faire Église aujourd’hui, ici à Theux, avec les moyens qui sont les nôtres ?
Vous avez la parole. Dites au CUP, au curé, à l’évêque comment vous voyez les choses. L’avenir est entre vos mains.

Abbé Marcel Villers

Va vers le pays que je te montrerai ! – Lettre pastorale de Mgr Delville

Mgr Jean-Pierre Delville, évêque de Liège, a publié une lettre pastorale pour donner un nouvel élan à son diocèse, en ce mois d’octobre proclamé par le pape François mois extraordinaire de la mission universelle. Notre évêque place sa lettre sous le signe d’Abraham qui reçoit de Dieu une mission de découvrir un nouveau pays. À nous aussi, ajoute l’évêque, le Seigneur demande d’aller vers des terrains inconnus, et il précise quelques étapes à parcourir : faire des choix, se mettre en position de mission, aller aux périphéries, vivre l’amitié et la prière grâce à la Parole de Dieu.

Tous les fidèles sont invités à lire cette lettre, à réagir et à envoyer leurs réactions et leurs suggestions à Mgr Delville !

Voici l’introduction que notre évêque donne à sa lettre :

Chers Frères et Sœurs,

Ce mois d’octobre 2019 a été proclamé par le pape François mois extraordinaire de la mission universelle ! Alors, soyons extraordinaires dans notre mission chrétienne !

Comme dit Dieu à Abraham: Va vers le pays que je te montrerai (Gn 12, 1). En français courant : En avant ! Marche ! Il s’agit de quitter un terrain connu, la ville d’Our, pour aller vers une périphérie, un pays inconnu.

À nous aussi le Seigneur demande d’aller vers des terrains inconnus. Dans cette lettre, je vous invite à réaliser cela dans notre diocèse de Liège. Je vous suggère quelques étapes : faire des choix, se mettre en position de mission, aller aux périphéries, vivre l’amitié et la prière grâce à la Parole de Dieu.

Peut-être me direz-vous : Nous sommes moins nombreux qu’autrefois, comment aurions-nous le temps d’être missionnaires, alors que nous avons tant de choses à gérer et à porter ?

Alors, mettons-nous à l’école d’Abraham. Il est parti de rien ! Et il est devenu le Père des croyants !

+ Jean-Pierre Delville,
Évêque de Liège

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