Clés pour lire l’évangile de Marc : 38. La chute

Clé pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 9, 38-48 du 26e dimanche du temps ordinaire.

38. La chute

Celui qui entraînera la chute d’un seul de ces petits qui croient en moi… qu’on le jette à la mer (Mc 9,42).

L’expression « entraîner la chute » traduit bien le grec « scandale » qui signifie l’obstacle, le piège tendu sur le chemin pour y faire tomber le passant, hommes ou bêtes. Soit le piège vise à faire tomber l’autre, ici « un seul de ces petits qui croient en moi » (9,42), soit tomber soi-même car la main, le pied, l’œil peuvent être « occasions de chute » pour soi.

Tout dans notre existence « peut être occasion de bien ou de mal agir : la main peut donner ou prendre, l’œil peut contempler ou contrôler, le pied peut avancer ou s’arrêter » (A. Fossion et J-P Laurent, Lire pour vivre, 2016, p.113).

On peut penser aux persécutions que connaissaient les chrétiens de Rome au temps de Marc et qui sont les destinataires de son évangile. Entraîner la chute, faire tomber équivaut à dénoncer un frère ; tomber soi-même signifie alors trahir le Christ et l’Église.

                                            La géhenne

« La géhenne, là où le ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas » (9,48). La géhenne est opposée à la vie éternelle et au royaume de Dieu, comme la mort est opposée à la vie.
« Primitivement, le mot géhenne désigne la vallée de Ben-Hinnom qui entourait Jérusalem à l’ouest et au sud et dans laquelle se pratiquaient des sacrifices d’enfants par le feu en l’honneur de Moloch (2 R 23,10). Le prophète Jérémie annonce que les Judéens y seront massacrés par Nabuchodonosor et ce lieu deviendra la vallée du carnage (Jr 7,30-32). Isaïe reprend cette image dans un contexte eschatologique, on pourra y voir « les dépouilles des hommes qui se sont révoltés contre moi : leurs vers ne mourront pas et leur feu ne s’éteindra pas » (Is 66,24).

À partir de là, la Géhenne devint, dans la littérature apocalyptique, le symbole d’un châtiment éternel qui a donné naissance à l’image du feu éternel de l’enfer » (Philippe BACQ, Un goût d’Évangile, 2006, p.143).

Abbé Marcel Villers

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