Notre sœur la terre crie et gémit

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour le 1er dimanche de l’Avent Année C

(Lc 21,25-28. 31-38)

Theux, le 2 décembre 2018

Le temps de l’Avent nous tourne vers ce qui vient, vers le futur. C’est un temps d’espérance, attente du monde neuf promis dont Noël est en quelque sorte la première manifestation. Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre.

Terre et ciel sont convoqués. Les hautes montagnes et les collines éternelles seront abaissées, les vallées seront comblées : ainsi la terre sera aplanie afin qu’on chemine en sécurité (Baruch 5, 8). Avec les êtres humains, c’est toute la création qui est en attente d’un renouveau.

Tous, nous aimons contempler un paysage, admirer montagnes, océans, forêts, landes ou campagnes. On s’y abreuve comme à une source de bonheur et de bien-être. Regarder, écouter, respirer. La nature n’est pas séparée de nous, ni un simple cadre de notre vie ; elle est en nous ; nous sommes immergés en elle.

Mais qu’en avons-nous fait ? Aujourd’hui, comme l’écrit le pape François, notre sœur la terre crie en raison des dégâts que nous lui causons… Notre terre opprimée et dévastée gémit (Laudato si’, 2). Quel monde allons-nous laisser à nos enfants, aux générations futures ? Les signes sont sombres. Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et des flots.

Cette prédiction de l’évangile semble se réaliser aujourd’hui où l’on peut constater les conséquences d’un usage abusif et égoïste des ressources de la planète. Notre sœur la terre crie en raison des dégâts que nous lui causons par l’utilisation irresponsable et par l’abus des biens que Dieu a déposés en elle. Parmi les pauvres les plus abandonnés et maltraités, se trouve notre terre opprimée et dévastée, écrit le pape François (Laudato si’, 2).

Écouter le cri de la création, c’est voir et prendre en compte les mutations climatiques. Qui ne se souvient de la canicule et de l’été brûlant ? Qui n’a pas constaté la quasi-absence de pluie ? et ses conséquences : le manque d’eau – il suffit de voir l’état du barrage de la Gileppe. Plus largement, qui ne se plaint de la disparition de quantités d’oiseaux et d’insectes ! Et puis, il y a la pollution de l’air que nous respirons et qui est à l’origine de nombreux problèmes respiratoires.

Si ce changement climatique est le plus perceptible, n’oublions pas l’épuisement des ressources naturelles car toutes ne se renouvellent pas. Le prix de l’énergie toujours croissant nous le rappellent ; et on grogne, la colère monte (voir les gilets jaunes) mais aussi la pauvreté. La dégradation de l’environnement a des conséquences dramatiques sur la vie des plus pauvres.

Il s’agit de redéfinir le progrès. La plupart des politiques et des économistes confondent progrès et croissance. À chaque problème, social ou financier, ils en appellent à la solution miracle : la croissance. Et alors, on nous sollicite de toutes parts pour y contribuer en consommant, toujours plus. À longueur de temps, radio et télé, commerçants et industries nous battent les oreilles : Profitez, profitez de tel prix ou de tel rabais. C’est le verbe par excellence qui semble résumer l’idéal de vie qui nous est proposé : profitez.

Et ce sont la fièvre acheteuse et la frénésie de consommation orchestrées par Black Friday et maintenant les fêtes. Et on achète au-delà de nos besoins, tandis que les biens sont conçus pour avoir une courte durée de vie de sorte à devoir être renouvelés rapidement. D’où le gaspillage et la montagne des déchets accumulés, source de pollution. Consommer, c’est profiter, mais aussi détruire.

Or nous savons que ce niveau de consommation est insoutenable pour l’avenir de l’humanité et de la planète. Nous sommes en train de manger par an deux fois ce que la planète produit. En seulement sept mois, nous consommons toutes les ressources que la Terre peut produire en une année. Cela ne peut pas durer.

Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre cœur ne s’alourdisse.

Abbé  Marcel Villers

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Un commentaire pour Notre sœur la terre crie et gémit

  1. Anne-Elisabeth dit :

    A reblogué ceci sur Unité Pastorale de Walhainet a ajouté:

    Waouw !

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