Notre Curé nous parle en ce jour de Pâques

Jour de fête ! Jour de joie !

Sur notre Fenêtre de Theux !

Le Christ est ressuscité ! Alléluia !

Bien sûr le collectif, l’assemblée contenu dans l’Alléluia n’est pas visible ni perceptible cette année.

Ainsi en fut-il au commencement… Des premières rencontres avec le Vivant au tombeau, au cénacle, Jérusalem en a-t-il frémi ? Certes non. Alors vous pensez à Rome, Alexandrie ou Éphèse. Ne parlons pas de la Gaule chevelue, des steppes et des forêts d’Afrique, d’Asie et des Amériques.

Et pourtant le bouleversement était en marche. De l’échec de la mission du Prophète de Nazareth, l’Éternel a fait une victoire et le début de l’accomplissement de ses promesses !

Alors vous pensez en ces temps d’incertitude s’il garde le cap et demeure fidèle ! « Je suis venu rendre témoignage à la vérité » a dit Jésus à Pilate. Vérité au sens d’amen, fidélité dans l’amour et la force, vérité au sens d’aléthéa, réalité qui se dévoile, se révèle…

« Le Seigneur nous interpelle et au milieu de notre tempête, il nous invite à réveiller puis à activer la solidarité et l’espérance capables de donner stabilité, soutien et sens en ces heures où tout semble faire naufrage. Le Seigneur se réveille pour réveiller et raviver notre foi pascale… N’éteignons pas la flamme qui faiblit, qui ne s’altère jamais et laissons-la rallumer l’espérance » (François).

A la recherche d’une vie bonne, nous ne pouvons qu’accompagner le Christ même si la route passe par le désert et la passion.

La poétesse Marie Noël écrit :

« J’ai peur. Ah! Prenez-moi – je suis de peu de charge- Jésus, pour traverser la place devant tous. Prenez mon ombre et moi qui n’en menons pas large. Sur le petit ânon à côté de vous. Seigneur, où vous passez il faut bien que je passe. Mais où nous menez-vous l’un et l’autre ? J’ai peur et dans mon âme au loin s’ouvre une immense place qui va le jour prochain se remplir de douleur ».

Marcher pour vivre, c’est la clé de toute l’Écriture. Avez-vous bien relevé ce leitmotiv dans les Évangiles de ces derniers jours. « Pour que l’écriture s’accomplisse. » Encore ce matin, lorsque Pierre et Jean pénètrent dans le tombeau vide. « Jusque là, ils n’avaient pas encore compris que selon les Écritures, Jésus soit relevé d’entre les morts » (Jn, 20.1-9).

Le Christ est la parole de Dieu faite chair. Dans son incarnation, l’Écriture a été sa lumière. Nous pourrions dire le sacrement qui lui donne force et confiance pour avancer en toute liberté jusqu’à l’abandon total sur la croix et le saut dans la mort!

Ceci n’est pas de la spéculation, ni de la théorie à l’heure où chez nous, l’épidémie frappe clairement. A Theux aussi, des familles sont contaminées, sont devant l’incertitude devant un proche hospitalisé. Certaines sont déjà endeuillées.

« Tous meurent. Nul ne sait mourir. Mourir est l’ouvrage pour lequel il n’est ni apprentissage, ni expérience. Les vivants connaissent « l’avant » de la mort, ses préliminaires, l’agonie. Les croyants, par foi, envisagent « l’après », écrit encore Marie Noël. Elle poursuit : « Où vais-je, Âme, sans les pieds humains?… J’entends bruire, immense murmure, l’Amour, la patrie obscure où l’Amour, Dieu sans figure d’avant et d’après le temps m’attend » (Chants des quatre temps).

Dans sa foi radicale, malgré ses propres tourments, elle ose confier à son journal. « Il ne faut pas compter sur Dieu pour nous épargner tel malheur. Non plus nous garder du malheur total : la mort. Car malheur n’est pas malheur, mort n’est pas mort aux yeux de Dieu. Nous boirons sans rémission… le coup du Golgotha ».

Dans notre Credo pascal, la passion et la résurrection sont associés. Fondamentalement. La foi chrétienne, notre foi, n’est pas le fruit d’un raisonnement. Elle est un don à recevoir, une expérience à partager avec Jésus qui nous a devancés, dans sa mission.

« Si le Christ au jardin sacré, avait dit non! S’il avait haï sa croix, il aurait peut-être été crucifié, il n’eut pas racheté les hommes. En son Fiat, par son Fiat, s’est accompli le sacrifice. En son Fiat étaient inclus tous nos consentements d’Amour à la croix » M.N.

A la croix et à la résurrection ! Nous sommes encore plongés dans le drame du jardin de la Genèse, ce jardin peut se faire Gethsémani mais sous l’aube nouvelle, comme pour Marie Madeleine, le jardin, notre jardin s’ouvre sur la vie… Celle où nous avons à consentir… pour aller vers Dieu.

« Ne me retiens pas, dit Jésus, car je monte vers mon Père, vers votre Père. »

« Mon emploi du temps se défait pièce par pièce, car c’est ce qui doit venir qui vient et non ce que nous inscrivons au programme : puissions-nous du moins prendre en main habilement, énergiquement, ce qui vient légitimement » (Rainer Maria Rilke).

C’est cela Pâques 2020. Nous avons à consentir à ce qui arrive, non pas comme à une fatalité mais parce que c’est le temps, c’est le lieu où se joue notre à-venir.

« L’homme apaisé, l’homme qui a trouvé le lieu de son repos intérieur peut devenir une bénédiction pour son entourage : il porte un fruit de paix » (Pier Giorgio Frassati, 1901- 1925).

Que notre secours, que notre repos soit dans le Nom du Seigneur. Ainsi pour nous aussi s’accomplira l’écriture. « C’est dans la tranquillité et le repos que sera votre salut, c’est dans le calme et la confiance que sera votre force » (Isaïe 30.15).

Bonne et joyeuse Pâques à tous.

Jean-Marc,

votre curé

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