Année Famille Amoris Laetitia n°4

Les signes des temps

La beauté et la grandeur de la vision chrétienne nous conduisent à discerner et interpréter les signes des temps. Si notre devoir de chrétien est d’annoncer sans crainte l’évangile de la famille, il faut encore le faire dans un langage et des actes pertinents, c’est-à-dire, accessibles, audibles pour les hommes et femmes d’aujourd’hui. Bref, tenir compte du contexte, en particulier culturel, dans lequel nous devons annoncer et vivre la vocation de la famille. Lire les signes des temps, c’est pour le Pape, opérer « un discernement évangélique », porter sur la société un « regard éclairé et affermi par l’Esprit-Saint » (Evangelii gaudium, 50).

Voilà ce qu’écrivait le Pape dans Evangelii gaudium et qu’il développe dans Amoris laetitia. « La famille traverse une crise culturelle profonde, comme toutes les communautés et les liens sociaux. Dans le cas de la famille, la fragilité des liens devient particulièrement grave parce qu’il s’agit de la cellule fondamentale de la société, du lieu où l’on apprend à vivre ensemble dans la différence et à appartenir aux autres et où les parents transmettent la foi aux enfants. Le mariage tend à être vu comme une simple forme de gratification affective qui peut se constituer de n’importe quelle façon et se modifier selon la sensibilité de chacun. Mais la contribution indispensable du mariage à la société dépasse le niveau de l’émotivité et des nécessités contingentes du couple. Comme l’enseignent les évêques français, elle ne naît pas « du sentiment amoureux, par définition éphémère, mais de la profondeur de l’engagement pris par les époux qui acceptent d’entrer dans une union de vie totale » (EG, 66). « L’individualisme post-moderne et mondialisé favorise un style de vie qui affaiblit le développement et la stabilité des liens entre les personnes, et qui dénature les liens familiaux » (EG, 67).

Comment expliquer cette transformation, cette mutation de la famille, européenne en tous cas ? Les travaux en sociologie et en histoire nous apprennent à distinguer trois types de familles, qui sont autant d’étapes de cette métamorphose :

  • la famille élargie ou famille souche : trois générations vivent sous le même toit et dans une certaine autarcie ; par exemple, la famille paysanne de jadis, foyer de production tout autant qu’unité domestique ;
  • la famille nucléaire (réduite à papa, maman et les enfants) : on travaille à l’extérieur et la famille est un espace de vie où le sujet, avide d’amour et de reconnaissance, se construit ; la famille devient la sphère privée par différence avec la sphère publique (économique, sociale, politique) ;
  • la famille « affective » se réduit aux relations affectives, personnelles et fonctionne comme un rempart, un refuge contre la vie publique, sociale. La rupture est consommée avec la sphère publique. Ce qui disparaît, c’est la dimension sociétale et institutionnelle de la famille, du mariage et la privatisation des formes d’union en couple que paradoxalement la loi va progressivement protéger et organiser.

Quel regard porter sur cette situation ou quels sont les défis de la famille pour les chrétiens ?

Abbé Marcel Villers

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