Fête liturgique : le Baptême du Christ

Fête du Baptême du Seigneur 

Vers 380, la fête de Noël, célébrée à Rome dès 336, est introduite à Constantinople où on célébrait la fête de l’Épiphanie le 6 janvier. L’introduction en Orient de la fête de Noël, venue d’Occident, va amener en retour la fête de l’Épiphanie en Occident. Ce double mouvement va provoquer des modifications dans l’objet des deux fêtes. En Orient, l’Épiphanie va de plus en plus devenir une fête commémorative du baptême du Christ et donc une fête baptismale.

La fête de l’Épiphanie célèbre les tria miracula : adoration des Mages, baptême de Jésus, miracle du vin à Cana. Ce sont, en effet, les trois épiphanies ou manifestations de la présence de Dieu dans l’homme Jésus. La réception de la fête de l’Épiphanie en Occident va être différente dans les deux espaces chrétiens de l’époque. L’Épiphanie romaine va se concentrer sur l’adoration des mages. L’Épiphanie gauloise va privilégier le baptême.

A Rome et en Afrique du Nord, Noël apparaît d’abord et l’Épiphanie est introduite plus tard, au Ve s., pour fêter l’adoration des mages interprétée comme “manifestation” du Sauveur aux païens.

En Gaule, la fête de l’Épiphanie est apparue la première, introduite vers 360, directement de l’Orient sans passer par Rome. Comme en Orient, la fête en Gaule comportait les trois objets ou “manifestations” du Seigneur : adoration des mages, baptême, miracle du vin à Cana. Comme en Orient, le baptême va prendre en Gaule de plus en plus d’importance et la fête le nom de Théophanie qui signifie “manifestation de Dieu”. C’est, en effet, au baptême de Jésus que le ciel s’ouvre, l’Esprit descend et une voix venue d’en-haut proclame : “Celui-ci est mon fils bien aimé.” Théophanie, manifestation de la Trinité. On comprend que ce jour de l’Épiphanie est choisi, en Gaule, pour célébrer les baptêmes. En Orient, aujourd’hui encore, aux vêpres, la veille de la fête, “on procède à la bénédiction des eaux, suivie de la plongée d’un crucifix dans l’eau. On baise ensuite le crucifix et on boit une gorgée d’eau. Dans quelques églises de rite latin, on bénissait l’eau, en souvenir du baptême du Jourdain. Paul V (1605-1621) a autorisé cet usage, là où il existait. Benoît XIV (1740-1758) a supprimé cette formule en révisant le rituel ; son usage s’en était d’ailleurs perdu” (Adrien NOCENT, Contempler sa gloire, Paris, 1961).

Au VIIIe s., à la suite d’un compromis entre liturgie romaine et liturgie gallicane, on fixa la fête du baptême de Notre Seigneur au 13 janvier, dans l’octave de l’Épiphanie mais pas nécessairement un dimanche. La manifestation de Jésus à Cana sera célébrée le deuxième dimanche après l’Épiphanie.

La réforme du calendrier liturgique de Vatican II fixe la fête du Baptême du Seigneur un dimanche, celui qui suit le 6 janvier, donc encore située dans la mouvance de l’Épiphanie (Christine MORHMANN, Études sur le latin des chrétiens, Rome, 1961; Missel de l’Assemblée chrétienne, Bruges, 1964).

Abbé Marcel Villers

Illustration : Giotto, chapelle des Scrovegni, Padoue, 1303

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