ART ET FOI. Saint BARTHÉLEMY

BARTHÉLEMY

Un des Douze Apôtres, souvent identifié à Nathanaël (Jn 1,43-51). Fêté le 24 août.
Patron des corps de métiers qui travaillent les peaux, le cuir : bouchers, tanneurs, gantiers, relieurs.

Attributs : Il tient en main le couteau tranchant qui servit à l’écorcher vif. Il prêcha l’Évangile dont il porte le livre bien relié et avec fermoir de cuir probablement.

Barthélemy est cité uniquement dans les quatre listes des Apôtres données dans les évangiles (Mt 10,2-4 ; Mc 3, 16-19 ; Lc 6, 13-16) et les Actes (1,13).

« Il serait le même personnage que Nathanaël, comme on le pense depuis le IXe s. En ce cas, Nathanaël serait son nom personnel et Bartholomée (Bar-tolmaï, fils de Tolmaï) son nom patronymique. » (Gérard BESSIERE, Histoire des saints, tome 1, 1986) Si Nathanaël-Barthélemy est un seul personnage, alors on sait par l’évangile de Jean qu’il est de Cana en Galilée (Jn 21,2). C’est son ami Philippe qui l’amène à Jésus qui lui adresse un bel éloge : « Voici vraiment un Israélite : il n’y a pas de ruse en lui » et Nathanaël lui répond par une profession de foi : « Rabbi, c’est toi le Fils de Dieu ! C’est toi le roi d’Israël ! ». (Jn 1,43-51) On retrouve Nathanaël lors de la pêche miraculeuse due à la présence de Jésus ressuscité au bord du lac de Tibériade (Jn 21, 1-14).

Pour la suite et la fin de la vie apostolique de Barthélemy, nous lisons dans le martyrologe romain : « Saint Barthélemy Apôtre. Il prêcha l’Évangile du Christ dans les Indes ; passant ensuite dans la grande Arménie, il y fit de nombreuses conversions, fut écorché vif par les barbares, puis décapité sur l’ordre du roi Astyage : ainsi se termina son martyre. Son saint corps, porté d’abord dans l’île de Lipari, et de là à Bénévent, fut enfin apporté à Rome dans l’île du Tibre, où il est entouré de la pieuse vénération des fidèles. »

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de la nef de l’église de Theux (1630) ©KIK-IRPA Bruxelles

ART ET FOI : Sainte Agnès 21 janvier

AGNÈS (IVe s.)

Vierge et martyre romaine. Fêtée le 21 janvier. Patronne des vierges, des fiancées, des jardiniers parce que la virginité est symbolisée par un jardin clos.

Description du panneau
Jeune fille richement vêtue et chargée de bijoux : un collier de pierres précieuses, des perles aux oreilles, le tout offert par son fiancé céleste. Elle porte à la main droite la palme du martyre et un agneau minuscule, nimbé, sur le bras droit. Cela met en évidence le lien entre l’agneau et son martyre. La main gauche est appuyée sur le cœur dans un geste classique de soumission et d’offrande de soi. Sa longue chevelure rappelle un épisode de sa légende : « Condamnée à être jetée dans un lupanar, sa pureté fut miraculeusement préservée. Dépouillée de ses vêtements, elle est aussitôt entièrement recouverte de ses longs cheveux » (Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, Paris, 2017, p. 40).

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Histoire des missions : 10. Propaganda fide 1622

10. La création de la Propaganda fide (1622)

Fin du XVe s., Rome avait concédé la responsabilité des missions aux rois d’Espagne et du Portugal devenus les maîtres d’immenses territoires en Amérique et en Asie. Ces souverains avaient confié l’œuvre aux ordres religieux. En 1568, Pie V érige la congrégation « pour la conversion des infidèles » qui devient en 1622 la congrégation de la Propaganda fide, créée par Grégoire XV « pour conduire tous les hommes à la connaissance et à l’adoration du vrai Dieu ». Le changement de nom de la congrégation manifeste une nouvelle orientation de l’activité missionnaire de l’Église : propager la foi plutôt que convertir les autres dont on sait la violence dans la mise en œuvre, notamment en Amérique.

Trois objectifs sont visés par Rome : reprendre la responsabilité des missions des mains des pouvoirs portugais et espagnol de telle sorte que les missionnaires ne reçoivent leurs pouvoirs que de Rome ; création d’un clergé indigène soumis au Siège romain, donc ni aux ordres religieux, ni aux intérêts politiques de leur souverain, en vue de la création de véritables Églises locales, organisées autour de leurs évêques et fortement reliées à Rome selon l’idéal défini par la Réforme catholique ; respecter les coutumes locales : « Quoi de plus absurde que de transporter chez les Chinois la France, l’Espagne, l’Italie ou quelque autre pays d’Europe ? N’introduisez pas chez eux nos pays, mais la foi, cette foi qui ne repousse ni ne blesse les rites ni les usages d’aucun peuple… » (Instruction aux missionnaires)

Rome envoie, en 1668, des vicaires apostoliques pour coordonner et contrôler l’activité des missionnaires. Désormais le pape est le premier responsable de l’envoi en mission et tous les territoires de mission tombent sous l’autorité de la congrégation. Ce qui va conduire à une espèce de territorialisation de la mission en distinguant les pays catholiques et les pays de mission.

Abbé Marcel Villers

Sur tout ceci, voir Alain FOREST, Espoirs et déboires du christianisme en Asie (XVIIe-XVIIIe s.) in Histoire générale du christianisme, Paris, 2010.

ART ET FOI. Saint Pierre, apôtre. Fêté le 22 février

Saint PIERRE

Apôtre, martyr à Rome. Selon la tradition, premier évêque de Rome.
Premier titulaire de l’église de Theux, celui donné à l’édifice mérovingien (VIIe-IXe s.).
Fêté en même temps que Paul le 29 juin car selon le martyrologe romain : « Pierre et Paul souffrirent la même année et le même jour sous l’empereur Néron.  Le premier fut crucifié dans la Ville, la tête en bas… » Selon les historiens, Pierre, venu à Rome pour y consolider l’Église naissante, est martyrisé en l’an 64 probablement, Paul en 67.
Fête de la Chaire de Pierre le 22 février où l’on honore la cathèdre de l’évêque de Rome, symbole de son autorité sur Rome et l’Église.
Une troisième fête, anciennement au 1er août, célèbre Saint-Pierre-aux-Liens dont les chaînes sont vénérées dans la basilique romaine du même nom.
Saint Pierre est honoré comme protecteur des cordonniers, maçons, pêcheurs, poissonniers, fabricants de clés, concierges et portiers.(Rosa GIORGI, Comment reconnaître les saints, 2017, p. 304)

Iconographie
Le panneau du plafond est conforme à la physionomie de Pierre fixée dès le Ve s. sur la base d’Eusèbe de Césarée (IIIe-IVe s.) : cheveux courts et bouclés, barbe courte et frisée, crâne chauve (signifiant la tonsure qui fait de lui le premier prêtre) d’où émerge une touffe de cheveux sur le front. Parmi ses attributs classiques : les clés, le coq, un livre, parfois la barque. Notre panneau reprend le plus ancien : les clés. Pierre tient deux clés liées, une d’or (le ciel) et une d’argent (la terre) ; il a les clés du ciel et de la terre qui symbolisent le pouvoir suprême, celui de lier et de délier pour l’éternité, celui d’absoudre ou d’excommunier. Les deux clés sont liées ensemble car le pouvoir d’ouvrir et de fermer est un seul. Ce pouvoir en fait le portier ou concierge du paradis. A partir du XIIIes., il est représenté vêtu comme un évêque ou un pape ; les deux clés figurent dans les armes pontificales avec la tiare à partir de la fin du XIIes.

Simon est un pêcheur de Bethsaïde (Jn 1,44), établi plus tard avec sa femme et sa famille à Capharnaüm (Mc 1,21-23). Il devient disciple de Jean-Baptiste avec son frère André qui l’introduit ensuite auprès de Jésus (Jn 1,41). Il accompagne Jésus tout au long de sa vie publique et est associé aux moments clés comme la Transfiguration ou la profession de foi demandée par Jésus avant la montée vers Jérusalem. C’est alors qu’il mérite le surnom de Pierre (Mt 16,17-19). Il reniera Jésus lors de son arrestation, mais pleurera de repentir. Il est le premier témoin du tombeau vide (Mc 16,7). Il prend la direction de la communauté chrétienne et suivra Paul pour ouvrir l’Église aux païens (Ac 10-11). Il rejoint Rome, y confirme l’Église naissante et y meurt martyr en 64.

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de l’église de Theux (IRPA)