SAINT CHARLES DE FOUCAULD : 2. Le premier bouleversement

2. Le premier bouleversement: la découverte de la foi et de l’Islam

Un évènement s’est produit pendant ce voyage au Maroc. A Noël 1883, il est dans le Sud-marocain, dans la zaouïa de Tisint. Une zaouïa est le centre religieux d’une confrérie. Les pèlerins ou membres de la confrérie s’y rassemblent régulièrement, certains y vivent à demeure pour y prier, entendre l’enseignement du maître et résider à proximité du tombeau du fondateur de la confrérie. Dans la zaouïa de Tisint, Charles de Foucauld fait la rencontre de croyants véritables et en est marqué. C’est l’Islam qu’il découvre et la profondeur de la foi des musulmans.

Il écrira plus tard : « L’islam a produit sur moi un profond bouleversement…la vue de cette foi, de ces âmes vivant dans la continuelle présence de Dieu, m’a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines : ad majora nati sumus. » (Lettres à Henri de Castries, 08/07/1901)

« Il a commencé à saisir que Dieu seul importe et que la vie d’un homme est très simple : elle doit consister à se vouer totalement au Très-Grand : Allah akbar. » (Six, Itinéraire spirituel de Ch. de Foucauld, 1958, p. 46) Il a été impressionné par le spectacle de la prière musulmane en plein air et les intonations du chant du muezzin et son : « Allah Akbar » qu’il a commenté plus tard : « Dieu est plus grand, plus grand que toutes les choses que nous pouvons énumérer. » (Lettre à H. de Castries, 14/08/1901)

A 25 ans , une page est tournée dans la vie du jeune vicomte. Il se trouvera désormais presque constamment confronté avec l’Islam. Son intérêt pour l’Islam dépassait la curiosité ou l’exotisme. « L’islamisme me plaisait beaucoup, avec sa simplicité, simplicité de dogme, simplicité de hiérarchie, simplicité de morale, mais je voyais clairement qu’il était sans fondement divin et que là n’était pas la vérité. » (Lettre à H. de Castries, 14 août 1901)

Aurait-il été tenté par la conversion à l’Islam ? Impossible à dire. Mais il est certain que sa sensibilité et sa raison ont été frappées par la foi, la force spirituelle de ces croyants qui s’abandonnent totalement à la volonté divine. Ce qui est, en tous cas, certain, « c’est que la vie de Ch. de Foucauld, à son retour du Maroc, fut différente de celle menée comme jeune officier. Les longs mois de solitude morale au milieu des musulmans dont les actes sont délibérément placés sous l’égide de la volonté divine, l’avaient amené à l’idée de l’absolu, à la mystique religieuse. » (Conférence du Général Nieger, Revue Construire, Paris, 1943)

« L’Islam fut, pour Ch. de Foucauld, au point de départ de son itinéraire spirituel. Le hasard fera que sa vie et son œuvre se développeront en relation constante avec les réalités islamiques. Mais cette relation se traduira davantage en termes d’opposition qu’en termes d’ouverture et de rapprochement… »  (Ali Merad, Charles de Foucauld au regard de l’Islam, 1976, p. 81)

Abbé Marcel Villers
Illustration: Jijé

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