Fête de Notre-Dame de Banneux, le 15 janvier

Ce mercredi 15 janvier verra le 92ème anniversaire de la première apparition de Marie à Mariette Beco : cette date a été choisie comme fête liturgique de la Vierge des Pauvres, Notre-Dame de Banneux. 

Soyez spécialement les bienvenus à la méditation du chapelet, le mercredi 15 janvier à 19h : la première partie aura lieu à la chapelle du Saint-Sacrement ; ensuite, une procession nous mènera jusqu’à la Source, où nous prierons aux intentions du Pape, avec l’association Pro Petri Sede, et nous chanterons le Salve Regina. Les prêtres présents nous donneront la bénédiction pour clôturer la célébration.

Vous trouverez ci-dessous le programme des célébrations liées aux anniversaires des 8 apparitions.

 

CLÉS POUR LIRE LUC : 4. VISITATION ET MISSION

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine : Lc 1,39-45 du 4ème dimanche de l’Avent.

Visitation
Marie se mit en route et se rendit avec empressement dans une ville de Judée.
Elle entra dans la maison de Zacharie et salua Élisabeth (Lc 1,39-40)

La visitation est l’image même de la mission. En effet, la mission, c’est d’abord une rencontre, une visitation. Marie, portant le Christ, le rend présent dans la maison de l’autre, Élisabeth. Mais c’est Élisabeth qui apprend à Marie qu’elle est « bénie entre toutes les femmes » (1,42). Elle ne l’aurait pas su sans cette rencontre.
Comme Marie, l’Église porte en elle l’Emmanuel. Chaque chrétien porte le Christ. Il est notre secret comme celui de Marie qui ne sait comment le dire. Et voici que, comme Élisabeth à Marie, c’est l’autre qui nous révèle le Christ, tout au moins un visage du Christ que nous ne connaissions pas. On comprend alors pourquoi Marie court si vite chez Élisabeth. Cet enfant qu’elle porte, il faut encore qu’elle apprenne à le connaître. C’est là le rôle d’Élisabeth.

L’évangile de l’enfance
« Les deux premiers chapitres de Luc servent de transition entre l’Ancien et le Nouveau Testament. Ainsi une grande place est laissée aux usages juifs (le Temple, la circoncision, la Loi, les pèlerinages) ; des chants de l’Ancien Testament sont reproduits ; les naissances sont annoncées comme le faisait l’Ancien Testament. D’un autre côté, les annonces célestes expriment à l’avance la foi chrétienne d’après Pâques, ce qui montre que les récits évangéliques ne se comprennent vraiment qu’à la lumière de la résurrection du Christ. En parcourant ces premiers chapitres de Luc, on ne sait pas si on est encore dans l’Ancien ou dans le Nouveau Testament. De fait, Luc a voulu présenter l’Évangile comme l’accomplissement des promesses de salut que Dieu avait faites au peuple. Il manifeste ainsi l’unité du dessein de Dieu. » (ACEBAC, Les Évangiles, 1983, p.344)

Abbé Marcel Villers

CLÉS POUR LIRE LUC : 3. QUE FAIRE ?

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine : Lc 3, 10-18 du 3ème dimanche de l’Avent.

Que devons-nous faire ?
Par ses exhortations, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle (Lc 3,18)

La Bonne Nouvelle, c’est celle d’un monde nouveau que Jean annonce, un monde neuf, une humanité rénovée. Et qui ou quoi fera advenir cet autre monde ? Non pas un Messie vengeur, mais des actes simples, à la mesure de quiconque.

« Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! » (3, 11). Premier impératif : le partage.

« N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé » (3,13). Bref, soyez honnêtes ; ne cherchez pas à vous enrichir sur le dos des autres. Deuxième impératif : la justice.

Enfin, « Ne faites ni violence ni tort à personne ; contentez-vous de votre solde » (3,14). Troisième impératif : le respect de chacun, condition de la paix.

La figure de Jean dans les évangiles
Jean est le fils de Zacharie et d’Élisabeth, cousine de Marie selon saint Luc. Sa naissance miraculeuse est annoncée par l’ange Gabriel qui le désigne comme le précurseur « devant préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir » (Lc 1,17). Jean est le témoin par excellence qui annonce la venue du Messie et désigne, à ses disciples, Jésus comme l’Agneau de Dieu (Jn 1,19-37). C’était au désert où Jean vit comme un ascète, peut-être initié à cette discipline dans les communautés juives du désert, comme celle de Qumrân.
Au bord du Jourdain, Jean pratique un rite nouveau d’ablution (Mt 3,13-17) : le baptisé ne se plonge pas seulement lui-même dans l’eau, mais reçoit l’eau, et le pardon, des mains d’un maître, dont il se reconnaît ainsi le disciple, et qui agit au nom de Dieu.
Pour la tradition chrétienne, Jean est le dernier prophète (Mt 11, 9-10) de l’Ancien Testament dont il achève le cycle. Cela explique l’effacement de Jean au profit de Jésus à qui il cède ses disciples. Précurseur, prophète, ascète, baptiste, Jean est aussi martyr. Pour avoir reproché à Hérode son immoralité, il est exécuté par décapitation et sa tête offerte à la fille d’Hérodiade (Mc 6, 14-29).

Abbé Marcel Villers 

HOMÉLIE DU DEUXIÈME DIMANCHE D’AVENT. THEUX

2° dimanche Avent C. Lc 3,1-6.Theux 2024

« Préparez le chemin du Seigneur. » Tel est le message des prophètes. Tel est l’appel lancé par Jean, le Baptiste.
« Préparez le chemin du Seigneur, car il vient. » C’est bien là le résumé de l’espérance d’Israël, de la foi de l’Église.
Oui, notre Dieu est, par définition, celui qui s’approche. Il est mouvement vers l’homme. Si le Seigneur est en route, encore faut-il pour qu’il nous rejoigne que le chemin, de notre côté, soit dégagé.
Rendez droit le sentier, demande le Baptiste. Comblez les ravins. Abaissez les montagnes. Voilà qui nous est demandé en ce temps de l’Avent, temps d’attente, d’espérance et de préparation à la venue du Sauveur. Gardons allumée la flamme de l’espérance.
Dans le désert, « Jean proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés. » Mais pourquoi dans le désert ? Le désert est le lieu de la création, du neuf. Avec Jean et le baptême, c’est un commencement qui est en route.
Ce commencement débute par la conversion, acte de recommencement, signe de changement de direction, choix d’une nouvelle route à suivre.
C’est bien le sens du Jubilé, Année Sainte, qui propose un chemin de conversion et de pardon qui se concrétise par le pèlerinage à Rome et dans d’autres lieux désignés par chaque évêque.

La conversion, c’est aussi ce que nous sommes appelés à vivre en tant qu’Église. D’une Église nombreuse et omniprésente dans l’espace social « émerge aujourd’hui une Église petite qui doit recommencer au début. Un peu comme Jean nous appelle au désert. Cette Église modeste ne remplira plus les nombreux édifices bâtis au temps de sa splendeur. Elle sera, selon Benoît XVI, une Église intériorisée, pauvre et faite de gens humbles. »

Loin de l’Église de masse d’hier, c’est aujourd’hui une Église en diaspora, dispersée en petites communautés comme en un archipel. Elle retrouve sa vocation de petit reste et de témoins silencieux de l’amitié divine. « L’Église de la Diaspora, écrit Karl Rahner, est une Église de membres actifs, une Église de laïcs ayant le sentiment d’en être les vrais éléments responsables. Le christianisme ne peut plus s’appuyer sur le cadre des institutions, qu’il s’agisse de morale, d’usages, de traditions, etc. C’est à chacun de se l’approprier par un effort personnel de reconquête ; le temps n’est plus où on n’avait qu’à le recevoir à la façon d’un héritage. Il est fait appel à la décision personnelle, à l’individu dans son autonomie. Le christianisme de recrutement devient un christianisme d’élection. »

Nous retrouvons aujourd’hui la situation de l’Église primitive, constituée de petites communautés fraternelles dans un milieu païen, dispersées au milieu des peuples et des nations, sans puissance extérieure, pauvres et faibles. Dans cette situation de fragilité, une communauté est menacée de disparaître si elle n’est pas fraternelle, synodale, dit-on aujourd’hui. Et surtout, elle tirera sa force d’une espérance vivante dans le Seigneur qui vient. L’Année sainte nous invite à retrouver la force de regarder l’avenir avec confiance et de nous transformer en pèlerins de l’espérance.

Abbé Marcel Villers

Illustration : Picasso, L’arlequin et l’acrobate, 1905.