SOURCES : 134. SOURCE DE TRISTESSE

SOURCES

Au long de ce mois de mai, nous sommes unis dans l’espérance d’un pape encourageant la joie d’être chrétien et de la communiquer. Occasion de relire et méditer quelques extraits significatifs de la première exhortation du pape François : La joie de l’Évangile (24/11/2013).

La source de la tristesse

« Le grand risque du monde d’aujourd’hui, avec son offre de consommation multiple et écrasante,
est une tristesse individualiste qui vient du cœur bien installé et avare,
de la recherche malade de plaisirs superficiels,
de la conscience isolée.

Quand la vie intérieure se ferme sur ses propres intérêts,
il n’y a plus place pour les autres, les pauvres n’entrent plus,
on n’écoute plus la voix de Dieu,
on ne jouit plus de la douce joie de son amour,
l’enthousiasme de faire le bien ne palpite plus.

Même les croyants courent ce risque, certain et permanent.
Beaucoup y succombent et se transforment en personnes vexées,
mécontentes, sans vie.
Ce n’est pas le choix d’une vie digne et pleine.
Ce n’est pas le désir de Dieu pour nous.
Ce n’est pas la vie dans l’Esprit qui jaillit du cœur du Christ ressuscité. »

Pape François, Evangelii gaudium, n° 2.

CLÉS POUR LIRE JEAN : 25. LE BERGER

Clés pour lire l’évangile de Jean

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Alleluia ! Il est ressuscité ! Comme le berger, il marche en tête, suivons-le en ce temps pascal.

Je suis le vrai Berger
Il marche à leur tête, et les brebis le suivent, car elles connaissent sa voix (Jn 10,4)

Le Christ a vaincu la mort, il est ressuscité. Et il est le premier d’une multitude. Il n’a qu’un souci : amener tous les humains dans la bergerie, avec la même tendresse que le bon pasteur met à chercher la brebis égarée et la prend sur ses épaules. « Il faut que je les conduise. Elles écouteront ma voix : il y aura un seul troupeau et un seul pasteur » (10,16).

« Je donne ma vie pour mes brebis » (10,17). Librement, en connaissance de cause, le Christ donne sa vie. « Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même » (10,18).

La signification de la passion et de la mort de Jésus est ainsi révélée. Jésus n’est pas mort par surprise ; on ne lui a pas pris sa vie ; il l’a donnée, livrée par amour. Car pour lui, les brebis comptent vraiment. Il n’est pas comme le mercenaire qui « s’il voit venir le loup, abandonne les brebis et s’enfuit » (10,12). Le vrai berger donne sa vie pour ses brebis. Elles sont à lui, non comme on possède des choses, mais comme deux êtres qui s’aiment s’appartiennent.

Le roi-berger
« Le métier de berger est l’un des plus anciens, des plus rudes. Sans cesse en marche, en alerte, le berger doit parcourir de longues distances, connaître les sentiers et les herbes, veiller la nuit, savoir les astres et les vents. Gardien et nourricier, il lui faut mener le troupeau vers de gras pâturages, le protéger des bêtes sauvages, le faire reposer et se désaltérer en des pacages frais et des enclos fermés. Il aime fortifier la brebis chétive, soigner celle qui est malade, panser celle qui est blessée, ramener les brebis qui s’égarent, chercher celles qui sont perdues. En Orient, les rois étaient nommés pasteurs de leur peuple. Dans la Bible et dans l’histoire, ils sont nombreux les conducteurs d’hommes qui s’initièrent à leur métier en connaissant une à une leurs brebis et en conduisant les troupeaux de longues années durant. Ainsi, les évangiles reconnaissent en Jésus un nouveau David, un Berger messianique. » (Jacques GOETTMANN, Saint Jean, évangile de la Nouvelle Genèse, 1982)

Abbé Marcel Villers

Qui est Jésus ? La réponse de Nicée (325)

Conférence à deux voix le mardi 20 mai 2025 à Liège

Le premier Concile que la tradition de l’Église dit « œcuménique » se tint dans la résidence impériale romaine de Nicée (aujourd’hui Iznik, ville au nord de la Turquie), du 20 mai au 25 juillet 325. Il réunissait entre 200 et 300 évêques.

Vraisemblablement converti au christianisme et désireux d’unifier et pacifier l’empire, l’empereur romain Constantin (272-337) l’avait convoqué dans le but essentiel de résoudre la controverse née du schisme qui déchirait l’empire d’orient : un prêtre du nom d’Arius soutenait en effet que, étant la première créature, Jésus était inférieur à Dieu le Père, seul éternel et inengendré.

Les délibérations conciliaires aboutirent à la formulation d’un Credo condamnant l’arianisme et mettant en exergue la notion de « consubstantialité » du Père et du Fils au sein de la Trinité.

Ce Credo de Nicée ne contenait, par contre, aucune précision sur l’Esprit. Complété lors du Concile de Constantinople de 381, cette confession de foi reste aujourd’hui commune à la majorité des Églises chrétiennes. Elle est récitée à la messe dominicale et aux grandes festivités liturgiques.

Si le Concile de Nicée a ainsi marqué l’histoire du catholicisme et l’histoire universelle, il laisse d’autres traces importantes, notamment en droit canon, dont la fixation de la date de la fête de Pâques qui détermine depuis lors le calendrier dans une grande partie du monde chrétien.

Ainsi qu’y a invité le pape François, le 1700e anniversaire de ce Concile œcuménique mérite d’être célébré en cette année sainte 2025 où les catholiques et les orthodoxes fêtent Pâques le même jour.

Aussi êtes-vous cordialement invité à participer à une soirée de réflexion organisée le mardi 20 mai 2025 à Liège.

Le frère Philippe Henne o.p., théologien spécialiste des Pères de l’Église, et l’abbé Alphonse Borras, consulteur du secrétariat général du Synode sur la synodalité, échangeront des points de vue historiques, théologiques et canoniques sur les apports remarquables du premier Concile de Nicée et de ses suites.

Informations pratiques :

  • Mardi 20 mai 2025 à 20h
  • Espace Prémontrés – Salle Notger (3ème étage) – Rue des Prémontrés 40 à Liège
  • PAF : 5€

Illustrations d’entête : ©AEN

SOURCES : 133. EUCHARISTIE, JOIE DE PÂQUES

SOURCES

Au long de cette Année sainte, nous sommes invités à approfondir notre foi, fondement de notre espérance en la Vie promise par le Christ. La fête de Pâques est l’occasion pour puiser aux sources et renouveler notre vie chrétienne.
Bonnes fêtes pascales !

                                              Eucharistie, joie de Pâques                 

« L’Eucharistie protège le monde
et déjà, secrètement, l’illumine.

L’homme y retrouve sa filiation perdue.
Il puise sa vie dans celle du Christ,
l’ami secret qui partage avec lui
le pain de la nécessité et la vin de la fête.
Et le pain est son corps, et le vin est son sang.

Que peut-il y avoir de plus grand ?
C’est la joie de Pâques,
la joie de la transfiguration de l’univers.

Plus rien ne peut nous faire peur.
Nous avons connu l’amour que Dieu a pour nous,
nous sommes des dieux.

Désormais, tout a un  sens.
Toi, et toi encore, tu as un sens.
Tu ne mourras pas.
Ceux que tu aimes, même si tu les crois morts,
ne mourront pas.

Ce qui est vivant est beau,
jusqu’au dernier brin d’herbe,
jusqu’à cet instant fugitif
où tu as senti tes veines pleines d’existence,
tout sera vivant, à jamais.
Même la souffrance, même la mort ont un sens,
deviennent les chemins de la vie.

Tout est déjà vivant.
Parce que le Christ est ressuscité. »

Patriarche Athénagoras, Dialogue avec Olivier Clément, 1969.

Athénagoras (1886-1972), patriarche de Constantinople (1948-1972). Il rencontre le pape Paul VI en 1964 à Jérusalem, puis à Istanbul en 1967 et une nouvelle fois cette même année lors de la visite du patriarche à Rome. En 1965, ils s’étaient accordés sur la révocation des décrets d’excommunication mutuelle de 1054. Dans son enseignement, le patriarche Athénagoras expose, pour l’homme d’aujourd’hui, une spiritualité évangélique, marquée par la tradition de l’Église orthodoxe.