SOURCES : 73. PRÊTONS L’OREILLE

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité. Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement. Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

Prêtons l’oreille

« Revenons, frères et sœurs. Revenons à Dieu de tout notre cœur. En ces semaines de Carême, faisons place à la prière d’adoration silencieuse, dans laquelle nous restons à l’écoute de la présence du Seigneur, comme Moïse, comme Élie, comme Marie, comme Jésus.
Avons-nous réalisé que nous avons perdu le sens de l’adoration ? Revenons à l’adoration. Prêtons l’oreille du cœur à Celui qui, dans le silence, veut nous dire :
« Je suis ton Dieu : Dieu de miséricorde et de compassion, le Dieu du pardon et de l’amour, le Dieu de la tendresse et de la sollicitude. […] Ne te juge pas toi-même. Ne te condamne pas. Ne te refuse pas toi-même. Laisse mon amour toucher les recoins les plus profonds et cachés de ton cœur et te révéler ta beauté, une beauté que tu as perdue de vue, mais qui te deviendra à nouveau visible dans la lumière de ma miséricorde ».
Le Seigneur nous appelle :

« Viens, viens, laisse-moi sécher tes larmes et laisse ma bouche venir plus près de ton oreille et te dire : Je t’aime, je t’aime, je t’aime » (H. Nouwen).

Croyons-nous que le Seigneur nous aime, que le Seigneur m’aime ? »

(Pape François, Homélie du mercredi des cendres, 2024)

CLÉS POUR LIRE JEAN : 16. GRAIN DE BLE

Clés pour lire l’évangile de Jean

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. L’heure de Jésus approche, quel sens donne-t-il à la mort qui l’attend ? Lisons Jn 12, 20-33.

Si le grain de blé meurt, il porte beaucoup de fruits. (Jn 12,24)

La certitude de la fécondité de sa mort n’empêche pas Jésus de ressentir une angoisse profonde lorsque l’heure arrive. La pensée de subir le sort du grain de blé, mourant pour porter du fruit, trouble le cœur de Jésus. « Maintenant, mon âme est bouleversée. Que vais-je dire ?  Père, sauve-moi de cette heure ? » (12,27) Ce n’est pas la première fois que Jésus connaît cette épreuve, cette tentation. Comme nous, « à plusieurs reprises, il a présenté avec un grand cri et dans les larmes sa prière et sa supplication à Dieu qui pouvait le sauver de la mort. » (He 5,7)

Nous aussi rêvons d’échapper à la mort. Mais notre existence, parce qu’elle est humaine, est finie, limitée. Alors, ne nous reste-t-il que la résignation, le fatalisme ? Non, il nous reste à faire de notre mort l’acte suprême de notre liberté, un acte d’amour. Car il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie.

L’heure
Le mot « heure » est employé 26 fois dans l’évangile de Jean. Ce thème de « l’heure » dérive de l’apocalyptique juive où il désigne « la dernière heure », celle de la victoire de Dieu et la fin des temps. Pour les évangiles, il s’agit de l’heure messianique, concrètement celle de la passion. Jean élargit ce sens de base. Toute la vie de Jésus est tendue vers cette heure mystérieuse qu’il désigne comme « son » heure, l’heure où il accomplira définitivement son œuvre de salut. C’est l’heure de la croix, l’heure de la glorification (12, 23), l’heure où le Fils va être glorifié par le Père (17,1). L’heure de Jésus est celle « où il va jusqu’à l’extrême de l’amour » (13,1). C’est en raison des fruits que produit la mort de Jésus sur la croix que Jean désigne cette heure comme celle de la glorification. (D’après Ignace de la POTTERIE, La passion selon saint Jean, 1981) Jean a semé tout au long de son évangile des références à cet événement de l’histoire, la crucifixion de Jésus. Mais ce temps ne relève pas de la chronologie. Une fois advenu, il demeure toujours actuel et prolonge ses effets en faveur de tous ceux qui adhèrent à la Parole. » (Alain MARCHADOUR, L’Évangile de Jean, 1992)

Abbé Marcel Villers

La vérité aujourd’hui ?

L’abbé Claude Germeau

Fondateur et Directeur du Foyer d’Accueil de Herstal,

sera le conférencier du dimanche 17 mars à 15h30

à l’église du Saint-Sacrement – Boulevard d’Avroy 132 à Liège

Pour en savoir plus, consultez le site de l’église du Saint-Sacrement

Qui est l’abbé Claude Germeau ? Lire la suite « La vérité aujourd’hui ? »

SOURCES : 72. ENTRE DANS LE SECRET

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

Entre dans le secret 

Saint Anselme d’Aoste nous a laissé cette exhortation :
« Fuis un moment tes occupations,
cache-toi un peu de tes pensées tumultueuses.
Rejette maintenant tes pesants soucis,
et remets à plus tard tes tensions laborieuses.
Vaque quelque peu à Dieu,
et repose-toi quelque peu en Lui.
Entre dans la cellule de ton âme,
exclus tout hormis Dieu et ce qui t’aide à le chercher ;
porte fermée, cherche-le.
Dis maintenant, tout mon cœur, dis maintenant à Dieu :
Je cherche ton visage, ton visage, Seigneur, je le recherche » (Proslogion, 1).

Écoutons donc, en ce temps de Carême, la voix du Seigneur qui ne se lasse pas de nous répéter : entre dans le secret. Entre dans le secret, reviens au cœur. C’est une invitation salutaire, pour nous qui vivons souvent de manière superficielle, qui nous agitons pour être remarqués, qui avons toujours besoin d’être admirés et appréciés.

Sans nous en rendre compte, nous nous retrouvons à ne plus avoir de lieu secret dans lequel nous arrêter et nous protéger, immergés dans un monde où tout, y compris nos émotions et nos sentiments les plus intimes, doit devenir “social” : tout doit être exposé, exhibé, livré au bavardage du moment. Et voici que le Seigneur nous dit : entre dans le secret, rentre au centre de toi-même.

C’est précisément là, où résident aussi tant de peurs, de sentiments de culpabilité et de péchés, que le Seigneur est descendu, il est descendu pour te guérir et te purifier.

Entrons dans notre chambre intérieure : c’est là que le Seigneur habite, que notre fragilité est accueillie et où nous sommes aimés sans condition.

(Pape François, Homélie du mercredi des cendres, 2024)