Veillée de prière de carême

Veillée de prière

A l’initiative du Doyenné de l’Ardenne, avec la collaboration d’Entraide et Fraternité, une veillée de prière aura lieu ce jeudi 25 mars, de 20 à 21 heures, au monastère de Wavreumont dans le cadre du carême de partage.

Il est possible de nous associer à ce temps de prière qui sera diffusée sur la chaîne YouTube d’Entraide et Fraternité en cliquant sur le lien suivant :

youtube.com/channel/UC0h5WTNjheVyFvx5-q5ubFw

Chez soi en famille ou en communauté, nous serons en union de prière notamment avec le peuple en RD du Congo.

La chronique de notre Curé du 28 février 2021

 

Écoutez-le

Si vous passez par Reims, vous ne pouvez manquer de vous diriger vers la cathédrale Notre-Dame et d’en faire au moins le tour pour découvrir l’ange au sourire. Il se situe sur la façade ouest, sur la droite du portail. Cette petite merveille vaut à elle seule le déplacement. « Je ne peux imaginer un chrétien qui ne sache sourire. Cherchons à donner un témoignage joyeux de notre foi », tweetait François en janvier 2014 déjà !

Cette semaine, avons-nous souri, voire ri, avec quelqu’un ? J’espère que oui car même au téléphone, il y a moyen de partager de la gaieté. Nous aurons ainsi fait mentir l’adage « un jour sans rire, un jour de perdu ». Ainsi, surtout, nous aurons montré notre fidélité à Jésus, le sourire du Père ! Le carême, par le jeûne, est bien un temps de grâce donné pour vivre mieux notre foi. Mon propos de la semaine dernière, en écho de la Parole, évoquait le caractère libérant et thérapeutique du rire et surtout insistait sur l’équilibre à retrouver pour tout notre être, corps et esprit. « La grâce présuppose la nature » écrivait Thomas d’Aquin. Dans notre nature humaine, nous ne saurions faire impasse sur notre corps. Toutefois, notre tradition nous incline à en faire un compagnon de route sans en faire notre maître. Le sculpter à outrance, être obsédé par sa santé ou encore répondre à toutes ses sollicitations ne peut nous rendre plus libre ni heureux. Toutefois, notre corps parle et nous indique des choses essentielles notamment sur notre vie intérieure, psychologique et spirituelle. Le jeûne, comme bien d’autres dimensions, passe également par le corps pour nous renouveler au plus profond. Frère Luc de Taizé déclare : « C’est un paradoxe : se priver sert à retrouver le bon goût des choses et à les apprécier. Beaucoup vivent dans les habitudes de satiété, courant après un nouveau stimulus… Le jeûne vient rompre cette surenchère, au profit d’une relation qui nourrit vraiment ». Lire la suite « La chronique de notre Curé du 28 février 2021 »

La chronique de notre curé du 20 février 2021

Pour les générations à jamais

Le saviez-vous ? Un de nos paroissiens est engagé dans un groupe de clini-clowns. Malgré sa modestie habituelle, il ne peut s’empêcher de partager la joie que cela lui procure d’amener un rayon de soleil auprès des personnes isolées, malades ou handicapées. « Le rire que provoquent les clowns vise à libérer les patients, témoigne Yvonne Delevoye-Turrell*, chercheuse en neurosciences, à les aider à lâcher prise, sans jugement. Certains y parviennent très vite, d’autres non… Sans se libérer, personne ne peut passer dans le côté positif des émotions. »

Vous me direz  : qu’est-ce qui lui prend de parler de rire alors que nous entamons notre carême ? Déjà les textes du Mercredi des cendres nous ont mis en garde : « Quand vous jeûnez, ne prenez pas un air abattu… toi, quand tu jeûnes, parfume-toi la tête et lave-toi le visage » dit Jésus (Mt 6.1-18). Souvenons-nous que, culturellement, à l’époque, les gens se parfument les cheveux avec du beurre lors des banquets. Se parfumer sans mettre l’accent sur la nourriture pointe que la rencontre de l’hôte, l’Autre, est l’essentiel. « Ton Père qui voit dans le secret te le rendra. »

En ce carême 2021, nous essayons toujours de préserver notre corps dans la santé physique. Toutefois, cet exercice qui perdure nous rappelle que le corps n’est pas tout, n’est pas nous. Nous sommes aussi esprit. Et si ce carême où nous essayons de cheminer avec Jésus nous offrait des occasions d’effort vers l’harmonie ? Avec Dieu, avec les autres, avec soi-même.

Aujourd’hui, le plaisir est une valeur que notre société met en exergue ; naguère, il était nié voire dévalorisé. Il était encore utilisé pour nous éduquer. Qui n’a entendu, enfant, l’injonction : « Fais plaisir »  ! Faire plaisir, comme d’autres mots d’ordre; ont structuré notre rapport aux autres. Faire plaisir nous ouvre aux autres, à l’écoute et à l’attention. Le risque est cependant d’en faire une règle sèche. Toujours chercher à faire plaisir risque de nous enfermer dans une quête éperdue de reconnaissance qui risque d’aboutir à une fameuse rancœur. « Mais je pense aux autres mais ne pense jamais à moi. »  De nouveau, la sagesse de l’Évangile est une lumière… « Aime ton prochain comme toi-même » enseigne Jésus, ce qui peut se transposer, me semble-t-il, par exemple : « Fais plaisir à ton prochain comme à toi-même ». Jésus est la « porte des brebis ». Du concret ; de tout ce qui cadre notre vie, il veut nous engager, sous sa houlette, à en faire un espace de rencontre et de liberté. « Les brebis écoutent sa (ma) voix : les brebis qui lui appartiennent, il les appelle chacune par son nom et il les emmène dehors… Moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. » (Jn 10, 1 & svts). Lire la suite « La chronique de notre curé du 20 février 2021 »

Méditation de l’évangile du 5° dimanche du carême : Jn 11, 1-45

En ce temps d’absence de célébrations dominicales, nous vous offrons néanmoins une méditation-homélie sur l’évangile du cinquième dimanche du carême. Il y est question de mort et de résurrection, de larmes et de foi. Nous en sommes là en ce temps d’épreuve où la peur de la mort nous étreint. Comme aux sœurs de Lazare, Jésus nous invite à la confiance, à remettre notre sort entre ses mains.

Lazare, viens dehors.

Lazare, c’est l’ami de Jésus.
Lazare, c’est donc chacun de nous, chaque être humain. Tout homme, en effet, a été créé ami de Dieu. C’est par amour que Dieu a fait l’humain à son image, et pour qu’il vive. Mais voilà que l’ami bien-aimé de Dieu est détruit, anéanti par la mort. Tout n’est plus alors que tristesse, lamentation, et larmes.

La mort est-elle plus forte que la vie ? N’y a-t-il que la mort qui gagne ?
En cette période d’épidémie, tout est devenu aléatoire et fragile, la santé comme l’avenir, la vie comme le bonheur. Qui sera vainqueur ?
Le temps s’écoule lentement, enfermés et sans défense que nous sommes. Plus question de fuir dans le tourbillon des activités et des festivités, nous voilà devant un mur, face à nous-mêmes. Et l’on s’interroge, on se resitue face à l’échéance, celle de nos proches, la nôtre.
Rien ne semble plus naturel que la mort.
Et pourtant !
L’homme est devenu un humain lorsque, devant un cadavre, il a chuchoté : « Pourquoi ? » A la différence des autres créatures, l’homme sait qu’il va mourir et il ne s’y habitue pas.

La mort est-elle le dernier mot sur l’homme ? Qui peut dire ce qui vient après la mort ? Sommes-nous condamnés au silence ?
Le pays de la foi est plus grand que celui des mots. Nos questions sont plus vastes que nous. Nous sommes immergés dans un mystère qui nous dépasse. Alors, il faut s’engager, opter. Celui qui regarde la mer de loin ne saura jamais que son ignorance. Ceux qui veulent connaître l’océan doivent embarquer.
Heureux ceux qui croient sans voir ! Oui, il s’agit de croire, non de voir.

« Je suis la résurrection et la vie. Crois-tu cela ? » demande Jésus.
« Celui qui croit en moi, même s’il meurt, vivra. Celui qui vit et croit en moi ne mourra jamais. »

Dieu ne permet pas que la mort soit le dernier mot de l’homme. Dieu ne permet pas que la mort se referme, comme la pierre du tombeau, sur la vie de l’homme.
Dieu prépare quelque part un printemps, une création nouvelle, la résurrection.« Je vais ouvrir vos tombeaux et vous en ferai sortir. »
« Lazare, lève-toi. Sors. Déliez-le ! »

Cette parole du Christ ne surgit pas de nulle part. Tout au long de sa vie, Jésus traversa les morts humaines.
Mais alors pourquoi pleure-t-il devant Lazare ?
Il pleure parce qu’il constate le triomphe de la mort, la destruction de la création sortie des mains de Dieu.
Au tombeau de Lazare, Dieu rencontre la mort, il est face à face avec son ennemi, celui qui lui a volé sa création pour s’en proclamer le Prince.

Jésus pleure.
Jésus pleure parce qu’il aime Lazare.
C’est parce que Jésus a pleuré qu’il a le pouvoir de le rappeler à la vie.
La résurrection n’est pas la manifestation d’un pouvoir divin, mais c’est l’amour devenu puissance de vie.
L’amour pleure sur la tombe. L’amour réveille la vie.
« Seigneur, viens au secours de mon peu de foi. »

Abbé Marcel Villers