Temps liturgique : le carême

Le carême

La mort-résurrection du Christ est le cœur de la foi chrétienne et fut longtemps la seule fête liturgique célébrée chaque dimanche. A partir du 2e s., on fixe un jour anniversaire pour célébrer la résurrection : la fête de Pâques qui devient le centre de l’année.

Une telle fête doit être préparée par le jeûne et la prière. C’est le premier des facteurs qui vont contribuer à la naissance du carême. A la fin du 2e s., on célèbre un « triduum pascal » qui s’étend du vendredi saint au dimanche de la résurrection. Progressivement, avant le 4e s., c’est toute la semaine qui est orientée vers la nuit de Pâques et s’ouvre par le dimanche de la Passion. Sous l’influence des pèlerins revenant de Terre Sainte, on introduit une procession commémorant l’entrée de Jésus à Jérusalem. Plus tard, venant de Germanie, on ajoute la bénédiction des rameaux.

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Fêtes et temps liturgiques : Mercredi des Cendres

Mercredi des Cendres 

Trois caractéristiques font l’identité du mercredi des cendres : il est le premier jour du carême, un jour de jeûne, et comporte un rite qui lui est propre : l’imposition des cendres.

Le premier jour du carême est fixé, depuis le VIe s., au mercredi qui précède le premier dimanche du carême. La raison, apparue au IVe s., est d’obtenir une durée du carême comptant effectivement 40 jours de jeûne, en imitation de celui du Christ au désert. Comme on ne jeûne pas le dimanche, et qu’il faut exclure les vendredi et samedi saints, qui appartiennent au triduum pascal, les 40 jours commencent un mercredi. « Le temps du carême va du mercredi des cendres à la messe du jeudi saint exclusivement » (Normes universelles de l’année liturgique, 1969, n°28).

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En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit…

ChristenCroix

… il s’est dépouillé lui-même jusqu’à la mort,
et il a été compté avec les pécheurs,
alors qu’il portait le péché des multitudes
et qu’il intercédait pour les pécheurs.

(Isaïe, 53, 12)

En tes mains, Seigneur, je remets mon esprit !

(Psaume 30)

Si j’ai bien parlé, pourquoi me frappes-tu ?

C’est toi-même qui dis que je suis roi.
Moi, je suis né, je suis venu dans le monde pour ceci :
rendre témoignage à la vérité.
Quiconque appartient à la vérité écoute ma voix.

« Voici votre roi. »
Alors ils crièrent :
« À mort ! À mort ! Crucifie-le! »

Tout est accompli.

Celui qui a vu rend témoignage,
et son témoignage est véridique;
et celui-là sait qu’il dit vrai
afin que vous aussi, vous croyiez.

(Jn, 18, 1 – 19, 42 – extraits)

Citations extraites des lectures de la célébration de la Passion du Seigneur, le vendredi saint.

Le vendredi saint, l’Église nous invite à jeûner (un repas complet par jour). Le jeûne de nourriture n’est pas toujours possible : dans ce cas, le choix d’une autre privation (télévision, internet, distractions, etc.) nous permet également de partager la souffrance de ceux qui n’ont pas de pain, matériel et spirituel, et nous nous associons aux épreuves que le Christ a traversées, pour la rédemption de chacun d’entre nous.

P.S. Merci à Jean-François Kieffer !

Homélie de la célébration du mercredi des Cendres à Oneux

Desert

Homélie de notre curé, l’abbé Jean-Marc Ista

Un jeune rabbin (Avraham Weill, du Consistoire de Toulouse) témoigne : Pour le judaïsme, le jeûne est très présent… Le jeûne est une invitation à réfléchir sur notre condition humaine, à prendre conscience, parfois à se repentir, mais il ne vise pas nécessairement à combattre le mal… nous adoptons une attitude d’introspection et de contrition, sans notion de souffrance. En revanche… une manière de mener un combat spirituel collectivement, c’est d’organiser de grands repas festifs qui rassemblent : en élevant la matière, on la sanctifie.

Écoutons maintenant l’apport d’un musulman (Mohammed Chirani, consultant) : Pour les musulmans, Dieu est à l’écoute de l’invocation de celui qui jeûne. Alors, profitons de l’occasion pour adresser à Dieu une invocation pour que règne la paix… et pour que se construise la fraternité entre tous, quelle que soit leur origine… le jeûne nous ouvre aux autres. Il nous amène notamment à devenir plus généreux… lorsque nous avons faim, nous éprouvons ce que ressentent ceux qui n’ont pas accès à la nourriture.

Le jeûne qui me plait, dit Dieu en Isaïe 58.7, c’est de partager son pain avec celui qui a faim et d’héberger les pauvres sans abri…

Le père Gourier, prêtre catholique, commente : Il ne faut pas concevoir le jeûne comme une privation mais comme une manière de donner, de s’abstenir de toutes les passions qui nous dévorent, pour nouer une relation plus juste avec les autres. Il s’agit de retrouver la joie du partage… le jeûne nous touche au plus intime de notre existence. Le Christ conseille de nous cacher lorsque nous jeûnons. Chez les chrétiens, le jeûne s’arrête à la fin de l’après-midi pour que l’on puisse aller dîner avec des amis sans se vanter de sa pratique ! Lire la suite « Homélie de la célébration du mercredi des Cendres à Oneux »