Temps liturgique : le carême

Le carême

La mort-résurrection du Christ est le cœur de la foi chrétienne et fut longtemps la seule fête liturgique célébrée chaque dimanche. A partir du 2e s., on fixe un jour anniversaire pour célébrer la résurrection : la fête de Pâques qui devient le centre de l’année.

Une telle fête doit être préparée par le jeûne et la prière. C’est le premier des facteurs qui vont contribuer à la naissance du carême. A la fin du 2e s., on célèbre un « triduum pascal » qui s’étend du vendredi saint au dimanche de la résurrection. Progressivement, avant le 4e s., c’est toute la semaine qui est orientée vers la nuit de Pâques et s’ouvre par le dimanche de la Passion. Sous l’influence des pèlerins revenant de Terre Sainte, on introduit une procession commémorant l’entrée de Jésus à Jérusalem. Plus tard, venant de Germanie, on ajoute la bénédiction des rameaux.

Les baptêmes, essentiellement d’adultes à l’époque, vont être réservés à la nuit de Pâques. En conséquence, les semaines qui précèdent deviennent la dernière étape de préparation au baptême. C’est le second facteur déterminant l’organisation du carême. Au 4e s., âge d’or du catéchuménat, on allonge la préparation à Pâques de deux semaines qui sont centrées sur les scrutins, célébrations de type pénitentiel et d’exorcisme, constituant les dernières étapes avant le baptême.

A la fin du 4e s., par imitation de l’Orient, on ajoute encore deux semaines pour arriver, en décomptant les dimanches, à 40 jours de préparation par le jeûne et l’abstinence. Ainsi naît l’expression « quadragésime » ou carême qui n’en est que la déformation.

Le carême devient aussi le temps de pénitence imposé aux pécheurs publics pour obtenir leur réconciliation avec l’Église. C’est le troisième facteur d’organisation du carême. Comme la réconciliation a lieu le jeudi-saint, il faut allonger le temps de pénitence pour arriver à 40 jours. C’est, fin 4e s., l’origine du mercredi des Cendres où on imposait les cendres, signe de pénitence, aux candidats à la réconciliation. Cette pratique est généralisée à tous les fidèles au XIe s.

« Dans son mystère pascal, le Christ est passé de la mort à la vie (semaine sainte). C’est dans le baptême qu’il nous est donné de rejoindre ce mystère (3e et 4e semaine de carême). Comme le Christ est entré dans la mort, nous y entrons à notre tour par la mortification à laquelle invitent les deux premières semaines précédées par la cérémonie des Cendres. » (Missel de l’Assemblée chrétienne, Bruges, 1964, p. 272)

Abbé Marcel Villers

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