Vous êtes le sel… vous êtes la lumière ! C’est fort. Trop fort !

Homélie pour le 5ème dimanche du Temps ordinaire
Theux, le 5 février 2017

En fin pédagogue, Jésus excelle à enseigner des choses importantes en évoquant des situations ou des éléments du plus simple quotidien… Situations ou éléments que nous pouvons utiliser et transposer dans notre aujourd’hui du 21ème siècle.

Ainsi en est-il ce matin du sel… Nous en connaissons ses diverses propriétés ; donner du goût, conserver des aliments, assainir ; mais il peut aussi dénaturer, corroder et détruire.

Quelques grains insignifiants qui se fondent et disparaissent dans une préparation suffisent à développer toute la saveur d’un aliment… mais une pincée de trop -c’est mauvais pour la santé (!)- et c’est raté !

De même la lumière dont nous avons tant besoin, élément indispensable pour l’équilibre de tout organisme vivant, mais une lumière à utiliser d’une manière adaptée aux circonstances. Le faisceau lumineux d’une lampe de poche peut trouer l’obscurité et me permettre de diriger mes pas sur le chemin, mais n’a pas l’ambition de faire disparaître toute l’obscurité alentour. Tournée vers moi, cette lampe m’éblouirait ; je verrais certes la lumière, mais rien d’autre…

Et en ce temps-là, Jésus dit à ses disciples (et donc à nous puisque nous sommes réunis aujourd’hui à l’écoute de la Parole de Dieu) : VOUS ÊTES le sel de la terre … VOUS ÊTES la lumière du monde.

Jésus attend donc que chacun de ses disciples soit cette pincée de sel juste suffisante pour mettre en valeur sans dénaturer, cette lumière qui éclaire sans l’éblouir l’espace suffisant pour faire quelques pas…

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Prière avec les mages devant la crèche

creche avec arrivees multiples

Avec les enfants qui se préparent au baptême,
prions devant la crèche !

Ce mardi 2 janvier, les enfants en âge de scolarité qui se préparent au baptême se sont retrouvés à la Maison des Paroisses pour leur troisième rencontre : celle-ci s’est terminée devant la crèche à l’église avec cette prière, à quelques jours de l’Épiphanie…

Toi Jésus, tu es le cadeau que
Dieu nous donne.
Me voici devant Toi

Jésus, j’ai les mains vides.

Je n’ai pas d’or
pour te reconnaître comme roi,
mais je t’aime tellement !

Je n’ai pas d’encens
pour te reconnaître comme Dieu,
mais je t’adore dans un sourire.

Je n’ai pas de myrrhe pour te connaître
homme parmi nous,
mais je te fais confiance.

Moi aussi, je suis à la crèche
pour te recevoir comme un cadeau.

P.S. Merci à Jean-François Kieffer pour son joli dessin !

Vœux de notre curé pour l’année 2017

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Chers frères et sœurs dans le Christ,

Cette année pour les raisons que vous connaissez sûrement, je n’ai pu me prêter au jeu de poster une vidéo pour vous adresser mes vœux à Noël. Je profite donc de l’arrivée de 2017 pour vous délivrer mes meilleurs souhaits habillés d’une réflexion issue d’une méditation suscitée par l’évêque de Rome, notre pape François.

Dans plusieurs de ses écrits récents, François affirme que pour lui, le temps est supérieur à l’espace. Cela est étonnant du fait que, pour nombre de philosophes et intellectuels, ces deux dimensions essentielles dans notre rapport au monde peuvent être égales tout en étant radicalement différentes ! Mais le pape n’a-t-il pas raison d’une certaine manière ?

L’espace, le lieu dans l’immédiat nous donne une place, un ancrage physique en un endroit ou un groupe… au risque de nous fixer. Ne parle-t-on pas d’esprit de clocher pour évoquer une certaine manière d’être qui est figée dans la réalité ?

Le temps, lui, s’écoule : avec lui, tout est fluide. S’il ne se résume pas à l’instant ni à la longueur qui érode, il renvoie à la maturation et l’épanouissement. Ne dit-on pas d’un vin qu’il est d’un grand millésime parce qu’il est né une année mais a pris le temps pour s’élaborer et donner toutes ses promesses ?

Nous sommes en un temps d’incertitude où beaucoup veulent enfermer l’autre dans des catégories (le réfugié, l’immigré, le chômeur, …). Parmi nous, des idées identitaires, voire nationalistes si pas racistes, circulent de plus en plus. Des frontières et des murs de protection qui s’élèvent dans les esprits en appellent à la construction d’autres bien physiques… pour (re)mettre les choses en ordre et les gens en place !

Le peuple de Dieu lui se déplace : il est en exode, en exil. Il court au désert et de ville en village pour écouter le Verbe fait chair. Il se fait Église universelle pour annoncer la Bonne Nouvelle !

Le peuple de Dieu se sait né d’une histoire avec son Seigneur, il est engendré d’une histoire d’amour et d’alliance.

Chers paroissiens, chers frères et sœurs dans le Christ, chers compagnons en humanité, je vous souhaite d’accueillir 2017 comme un temps donné, un cadeau. Quoi qu’il arrive là où nous porterons nos pas, nous pourrons toujours en faire un petit quelque chose. L’occasion d’une rencontre, l’opportunité d’un don gratuit, la possibilité d’une offrande. Surtout nous pourrons encore prendre le temps pour poser un regard juste pour aimer et reconnaître, pardonner et relever, prier et s’émerveiller. Jusque dans l’action de grâce et la louange pour les croyants.

En toute chose, rendons grâce à Dieu.
C’est sa volonté sur nous dans le Christ !
(1 Thessaloniciens 5.18)

Cette parole m’a soutenu bien des fois lors de ma maladie lors de l’année écoulée et m’a porté dans la confiance. Aujourd’hui, je vous la partage, comme Paul en son temps, pour qu’elle nous conduise à l’espérance et à la patience devant le devenir.

Bonne et sainte année à tous, à chacun et chacune !

Jean-Marc Ista,
curé de Theux

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P.S. Merci à Jean-François Kieffer pour ses dessins !

Es-tu celui qui doit venir ? Réjouissez-vous !

prison esprit

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour le 3ème dimanche de l’Avent

Année A : Mt 11, 2-11, Theux, le 11 décembre 2016

Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? 

Lorsque l’on est au fond du trou, écrasé par la maladie ou les difficultés de l’existence, lorsque l’on se retrouve seul, abandonné même de ceux qui partagent votre vie, lorsqu’il n’y a plus d’issue visible, reste à attendre le Messie, dit-on. Ce personnage mystérieux, tout-puissant, capable d’inverser le cours des choses et de nous sortir du trou.

En politique, c’est l’homme providentiel qui va remettre de l’ordre et rendre sa fierté et sa prospérité au pays. Ils sont nombreux aujourd’hui ces hommes politiques qui vont tout régler, au moins en paroles et en promesses.

Pour les hommes religieux, c’est Dieu, le sauveur qui va manifester sa puissance et nous libérer de tout ce qui nous entrave et nous écrase.

Prenez courage, ne craignez pas, proclame le prophète Isaïe.

Voici votre Dieu : c’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu.
Il vient lui-même et va vous sauver.

C’est ainsi que Jean, du fond de sa prison, attend le Messie.

Comme lui, nous pensons que le Messie, c’est celui qui changera les pierres en pains. À coup de miracles, tout tombera du ciel. Le Messie triomphera. Tous les peuples l’acclameront. Toutes les nations lui seront soumises.

Telle est notre image de celui qu’on nomme « messie » : un roi tout-puissant, un sauveur, le grand magicien, en somme. Celui qui réglera tous nos problèmes d’un coup de baguette. Et surtout : à notre place.

Alors un bonheur sans fin illuminera les visages, allégresse et joie les rejoindront, douleur et plainte s’enfuiront, écrit Isaïe.

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