HISTOIRE DES MISSIONS : 21. Fidei donum 1957

21. Fidei donum, nouvel élan missionnaire

Le jour de Pâques 1957, Pie XII publie une encyclique qui marque une nouvelle étape dans la vie missionnaire de l’Église. « Les incomparables richesses que Dieu dépose en nos âmes avec le don de la foi sont le motif d’une inépuisable gratitude… Pour ce don divin, qu’offrir au Seigneur, outre notre propre fidélité, sinon notre zèle à répandre parmi les hommes les lumières de la vérité divine ? L’esprit missionnaire, qu’anime le feu de la charité, est en quelque sorte la première réponse de notre gratitude envers Dieu : pour la foi que nous avons reçue de vous, voici que nous vous offrons, Seigneur, la foi de nos frères ! » Le but est clairement affirmé par le pape : « soutenir la cause sacrée de l’expansion de l’Église dans le monde ». L’attention se porte particulièrement sur la situation en Afrique où la décolonisation et les luttes pour l’indépendance sont en cours.

L’abbé FX Jacques au Mali (Ségué 2005)

Les jeunes chrétientés d’Afrique ne peuvent, avec leurs ressources propres, suffire à la tâche missionnaire qui leur incombe. En effet, écrit le pape, « il ne suffit pas d’annoncer l’Évangile : dans la conjoncture sociale et politique que traverse l’Afrique, il faut très tôt former une élite chrétienne au sein d’un peuple encore néophyte. » Pour former cette élite, il faut « développer sans retard les œuvres indispensables à l’expansion et au rayonnement du catholicisme » : fonder des collèges, créer des organismes d’action sociale, développer la presse et les médias catholiques, promouvoir l’Action catholique, nourrir la foi et la culture des chrétiens. Et l’encyclique de tirer la conclusion : « C’est de toute l’Église que, sous l’impulsion de ce Siège apostolique, doit venir la réponse fraternelle à tant de besoins. »

Fidei Donum promeut la communion ecclésiale et de la solidarité entre Églises particulières. Elle favorise le passage de ce que l’on appelait « les missions », à l’état d’Églises particulières, sous l’autorité d’un évêque diocésain et non plus d’un vicaire ou d’un préfet apostolique représentant du pape, lequel était considéré comme évêque universel. Fidei Donum annonce l’ecclésiologie de Vatican II et crée une nouvelle catégorie de missionnaires (clercs, religieux et laïcs) désignés comme fidei donum, autorisés par leur évêque « à partir se mettre, pour une durée limitée, à la disposition des Ordinaires d’Afrique. » Ils seront des milliers, les prêtres diocésains d’Europe et d’Amérique du Nord, à répondre à l’appel du pape et à quitter leur pays pour se mettre au service des Églises d’Afrique et d’Amérique latine.

Abbé Marcel Villers

Mois extraordinaire des missions – L’abbé François-Xavier Jacques au Mali

OCTOBRE 2019 : MOIS MISSIONNAIRE EXTRAORDINAIRE

Cette année, le pape François a décidé de faire d’octobre 2019 « un Mois missionnaire extraordinaire afin de susciter une plus grande prise de conscience de la mission universelle de l’Église et de reprendre avec un nouvel élan la transformation missionnaire de la vie et de la pastorale. »

La mission universelle de l’Église est signifiée par ces hommes, ces femmes qui quittent leur monde familier, leur pays pour aller à la rencontre et au service d’autres peuples, d’autres Églises.

L’abbé François-Xavier Jacques, originaire de Pepinster, devenu prêtre du diocèse de Liège en 1983, a été vicaire, curé dans la région verviétoise, puis doyen de Hannut en 1993. Attiré depuis des années par un service en Afrique, qu’il a découvert lors de fréquentes visites, il tâte le terrain dans le diocèse de Mopti en 1995, puis 2001.

Son souhait est de pouvoir passer quelques années au service d’une jeune Église d’Afrique tout en veillant à assurer un lien d’échange avec les réalités de l’Église de Liège. Il pense, à juste titre, que nous allons en Belgique vers une Église minoritaire dans une société culturellement éloignée de l’Évangile. Or, écrit-il, « les Églises d’Afrique de l’ouest sont largement minoritaires au cœur de sociétés musulmanes où pourtant elles jouent un rôle reconnu. Elles ont donc des choses à nous apprendre et nous pouvons nous enrichir mutuellement. »

En 2002, Mgr Jousten reconnaît l’intérêt de ce projet et propose l’abbé Jacques au service du diocèse de Mopti au Mali où il débarque en septembre 2003. Il sera affecté à la paroisse de Mopti, le long du fleuve Niger, puis à Ségué dans le pays Dogon. En 2008, il rentre à la demande de Liège pour devenir doyen de Verviers où son expérience des mondes musulman et africain est considérée comme un atout. En 2018, admis à l’éméritat, il reprend son projet initial en consacrant six mois à un service paroissial dans la région de Theux et Spa, six mois au service du diocèse de Kayes, au Mali.

Cette expérience de l’abbé Jacques éclaire ce qu’aujourd’hui veut être la mission universelle, non plus une conquête territoriale, mais un échange relationnel et d’expérience entre Églises. Être missionnaire reste cependant avant tout se mettre « en sortie » : « Va, quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père » (Gn 12, 1).

Abbé Marcel Villers

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