Mois extraordinaire de la mission : Baptisés et envoyés

OCTOBRE 2019 : MOIS MISSIONNAIRE EXTRAORDINAIRE

Cette année, le pape François a décidé de faire d’octobre 2019 « un Mois missionnaire extraordinaire afin de susciter une plus grande prise de conscience de la mission universelle de l’Église. »
Annoncer Jésus à tous les peuples, à tous les hommes, telle est la mission fondamentale, la raison d’être de l’Église à travers le temps et l’espace. Comment cela peut-il se faire ? Y a-t-il un modèle ?

Marie est la figure de l’Église et la visitation (Lc 1, 39-56) est l’image même de ce qu’est la mission. En effet, la mission, c’est d’abord une rencontre, une visitation. C’est-à-dire une rencontre qui n’est jamais à sens unique. L’évangélisation, la mission : c’est la réciprocité qui signe son authenticité.

La « hâte » de Marie pour se rendre chez sa cousine, exprime l’urgence de la mission. Marie, portant le Christ, le rend présent dans la maison de l’autre, Élisabeth. Mais c’est Élisabeth qui apprend à Marie qui est cet enfant qu’elle porte. Nous croyons souvent que nous avons à apporter quelque chose aux autres : la Bonne Nouvelle, la foi, la joie. Et voilà que nous découvrons que c’est l’autre qui nous apprend la vérité sur celui que nous portons. Oui, comme l’écrivait un missionnaire, ce sont les païens qui nous évangélisent. Les missionnaires ne sont pas ceux qui savent et vont porter la foi à d’autres. S’ils portent le Christ, ils le reçoivent aussi de ceux-là mêmes qu’ils ont mission d’évangéliser.

La mission de l’Église dans le monde est une visitation. Comme Marie, l’Église porte en elle l’Emmanuel. Chaque chrétien porte le Christ. Il est notre secret comme celui de Marie. Elle ne sait comment le dire. Et voici que, comme Élisabeth à Marie, c’est l’autre qui nous révèle le Christ, tout au moins un visage du Christ que nous ne connaissions pas. Et l’on se découvre en quelque sorte évangélisé par l’autre. C’est bien là ce que disent tous ceux qui pratiquent la rencontre avec des adeptes d’autres religions et convictions. Le dialogue interreligieux a comme résultat d’approfondir notre propre chemin, notre propre foi. La mission, c’est tout autant porter le Christ aux autres que le recevoir d’eux. Il n’y a pas de sens unique pour la découverte du Christ.

« Je conclus, écrit le pape François, en vous proposant l’icône de la Visitation comme exemple pour votre mission. Comme la Vierge Marie, mettez-vous en chemin, en hâte – pas la hâte du monde, mais celle de Dieu – et pleins de la joie qui habite votre cœur, chantez votre Magnificat. Chantez l’amour de Dieu pour chaque créature. Annoncez aux hommes et aux femmes d’aujourd’hui que Dieu est amour et qu’il peut combler de signification le cœur de celui qui le cherche et se laisse rencontrer par lui. » (Pape François, Allocution aux Petites sœurs missionnaires de la charité, 26/05/2017)

Abbé Marcel Villers

Mois extraordinaire de la mission L’abbé Bourguignon et la SAM

OCTOBRE 2019 : MOIS MISSIONNAIRE EXTRAORDINAIRE

Cette année, le pape François a décidé de faire d’octobre 2019 « un Mois missionnaire extraordinaire afin de susciter une plus grande prise de conscience de la mission universelle de l’Église et de reprendre avec un nouvel élan la transformation missionnaire de la vie et de la pastorale. »

La mission peut se caractériser par deux traits : l’inculturation de l’Évangile et le service sans retour d’un peuple et de son Église. Le missionnaire choisit ainsi une intégration totale et se fait « chinois avec les chinois ».

La Société des Auxiliaires des Missions (SAM) a été créée par le père Vincent Lebbe et l’Abbé Boland en 1926. Les prêtres samistes se mettent au service d’un évêque et d’une Église particulière. Ils font totalement partie du clergé local contrairement aux autres missionnaires qui dépendent toujours hiérarchiquement de leur congrégation.

L’abbé Dieudonné Bourguignon est un de ces samistes, donné entièrement au peuple vietnamien. Né à Theux en 1913, il fait ses études à l’Institut Saint-Michel de Verviers. Sa rencontre avec l’abbé Boland et des étudiants chinois envoyés se former en Europe par le Père Lebbe va orienter sa vie. Il entre à la SAM en 1931 et entame à Louvain sa formation en vue du sacerdoce. Il est ordonné prêtre en 1936. Suit une formation d’infirmier colonial. En 1939, il est chargé de la propagande missionnaire à Verviers notamment. Pendant la guerre, il est un dirigeant reconnu de la résistance belge. Arrêté en 1943, il est déporté à Dachau. En 1951, il part au Vietnam du Nord où l’évêque le nomme au petit séminaire. En décembre 1954, il est évacué de Hanoi après la défaite française en Indochine. En 1962, il revient au Vietnam après avoir été Supérieur Général de la SAM. Il est alors au service d’un diocèse du Sud et professeur au Grand Séminaire de Vinh Long. Il meurt à Saigon le 3 septembre 1974.

Sa vie fut consacrée à la formation des prêtres vietnamiens, c’est que l’incarnation de l’Évangile dans une culture et un peuple implique un clergé autochtone. « Aussitôt qu’il y aura un nombre de chrétiens suffisant pour constituer une Église et en tirer des pasteurs, la principale fin du travail missionnaire sera de former un clergé autochtone. Le missionnaire devra ensuite consentir avec joie à se retirer pour aller travailler ailleurs. »(Constitution de la Société des Missions étrangères de Paris)

Abbé Marcel Villers

Mois extraordinaire des missions – L’abbé François-Xavier Jacques au Mali

OCTOBRE 2019 : MOIS MISSIONNAIRE EXTRAORDINAIRE

Cette année, le pape François a décidé de faire d’octobre 2019 « un Mois missionnaire extraordinaire afin de susciter une plus grande prise de conscience de la mission universelle de l’Église et de reprendre avec un nouvel élan la transformation missionnaire de la vie et de la pastorale. »

La mission universelle de l’Église est signifiée par ces hommes, ces femmes qui quittent leur monde familier, leur pays pour aller à la rencontre et au service d’autres peuples, d’autres Églises.

L’abbé François-Xavier Jacques, originaire de Pepinster, devenu prêtre du diocèse de Liège en 1983, a été vicaire, curé dans la région verviétoise, puis doyen de Hannut en 1993. Attiré depuis des années par un service en Afrique, qu’il a découvert lors de fréquentes visites, il tâte le terrain dans le diocèse de Mopti en 1995, puis 2001.

Son souhait est de pouvoir passer quelques années au service d’une jeune Église d’Afrique tout en veillant à assurer un lien d’échange avec les réalités de l’Église de Liège. Il pense, à juste titre, que nous allons en Belgique vers une Église minoritaire dans une société culturellement éloignée de l’Évangile. Or, écrit-il, « les Églises d’Afrique de l’ouest sont largement minoritaires au cœur de sociétés musulmanes où pourtant elles jouent un rôle reconnu. Elles ont donc des choses à nous apprendre et nous pouvons nous enrichir mutuellement. »

En 2002, Mgr Jousten reconnaît l’intérêt de ce projet et propose l’abbé Jacques au service du diocèse de Mopti au Mali où il débarque en septembre 2003. Il sera affecté à la paroisse de Mopti, le long du fleuve Niger, puis à Ségué dans le pays Dogon. En 2008, il rentre à la demande de Liège pour devenir doyen de Verviers où son expérience des mondes musulman et africain est considérée comme un atout. En 2018, admis à l’éméritat, il reprend son projet initial en consacrant six mois à un service paroissial dans la région de Theux et Spa, six mois au service du diocèse de Kayes, au Mali.

Cette expérience de l’abbé Jacques éclaire ce qu’aujourd’hui veut être la mission universelle, non plus une conquête territoriale, mais un échange relationnel et d’expérience entre Églises. Être missionnaire reste cependant avant tout se mettre « en sortie » : « Va, quitte ton pays, ta famille et la maison de ton père » (Gn 12, 1).

Abbé Marcel Villers

Pour en savoir plus sur la mission de l’abbé François-Xavier Jacques, cliquez ici !