Le pape François et l’anniversaire de la Réforme

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Le pape (catholique) célébrant la Réforme (protestante) ?

Cette interrogation est légitime ! C’est pourquoi nous publions ici deux interventions issues de notre diocèse :

  • notre évêque, Mgr Jean-Pierre Delville, a expliqué le sens de la visite du pape François en Suède, ces 31 octobre et 1er novembre, dans l’émission Paroles aux Églises, sur RCF, le 28 octobre (voir ci-dessous).
  • D’autre part, l’abbé Marcel Villers contribue à notre réflexion en nous affirmant que Martin Luther nous rappelle que la confiance est la clé de la vie chrétienne. Et il nous donne, en outre, quelques clés pour comprendre la différence fondamentale entre catholicisme et protestantisme.

Nous remercions notre évêque et notre célébrant régulier, tous deux excellents professeurs, de fortifier notre foi et d’éclairer nos intelligences !

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Martin Luther nous rappelle
que la confiance est la clé de la vie chrétienne

Le 31 octobre 1517, selon la tradition, Martin Luther affiche, sur les portes de l’église de Wittenberg,  95 thèses contre le système des indulgences pratiqué alors par les autorités de l’Église. A l’occasion de cet anniversaire, s’ouvre une année de manifestation en mémoire de celui qui fut à l’origine de la Réforme.

Au-delà de cette circonstance, Martin Luther a contribué à la redécouverte que l’essentiel de la vie chrétienne, c’est la foi, la confiance totale en Christ. La seule œuvre et le seul effort de tout chrétien, écrit-il, est d’entretenir et d’affermir cette foi, car il n’est aucune autre œuvre qui puisse faire de l’homme un chrétien. La seule œuvre que Dieu demande, c’est que vous croyiez en Celui qu’il a envoyé.

C’est à trente ans, au cours d’une nuit de prière intense, que Luther, moine augustin et professeur de théologie à l’université de Wittenberg, découvre que le chrétien ne vit pas en lui-même, mais dans le Christ par la foi.

Il était entré au couvent, huit ans plus tôt, mû par le désir d’y faire son salut et la crainte de Dieu. C’est qu’en ce temps-là, le Christ était perçu davantage comme le Juge intransigeant plutôt que le doux Sauveur. Nous pâlissions au seul nom du Christ, écrit Luther, car on ne nous le présentait que comme un juge sévère, irrité contre nous. On nous disait qu’au jugement dernier, il nous demanderait compte de nos péchés. Et comme nous ne pouvions nous repentir assez et faire de bonnes œuvres suffisantes, il ne nous demeurait, hélas, que la terreur et l’épouvante de sa colère.

C’est dans ses sentiments qu’il se consacre à Dieu, dans la vie religieuse, pour être saint car nul pécheur ne peut se tenir devant Dieu. Et il se jette à corps perdu dans les pratiques ascétiques : jeûne, prières, pénitences. Je voulais escalader le ciel, dira-t-il. Mais il n’y parvient pas. Sa ferveur, sa piété, son zèle extrême n’arrivent pas à éteindre en lui l’angoisse du péché.

Pendant huit ans, Martin vit au bord du désespoir et ne cesse de scruter les Saintes Écritures. Et c’est là, dans la Bible, qu’il va trouver enfin le remède à son infernale angoisse. Plus précisément, dans ce verset de l’épître aux Romains : L’homme est sauvé par la foi, sans les œuvres de la loi (Rm 3,28).

Il ne s’agit plus d’escalader le ciel : Dieu, en Jésus, est descendu jusqu’à nous.

Plus besoin d’essayer de se faire aimer de Dieu par toutes sortes de bonnes œuvres : c’est lui qui le premier et de toute éternité nous aime.

En Jésus et par lui, Dieu nous donne gratuitement la vie éternelle. En lui, nous somme sauvés. Reste à accueillir le Christ, à nous laisser saisir par lui : c’est cela la foi, remise de soi à Dieu.

Tu dois t’abandonner au Christ, écrit Luther, avec une foi solide et lui faire hardiment confiance.

Là est le salut.

Luther nous rappelle ainsi que le Christ est la Bonne Nouvelle, la guérison, le pardon pour tout qui met sa foi en lui. Ainsi la découverte personnelle de Luther est celle du cœur du message chrétien, le passage d’un Dieu juge à un Dieu d’amour, de miséricorde. Ce ne sont pas nos œuvres ou nos mérites,  nos péchés ou nos fautes qui comptent devant Dieu, mais la confiance et l’amour du Christ Jésus.

Voilà la véritable liberté spirituelle et chrétienne, écrit Luther, qui libère le cœur de tout péché, de toutes les lois et commandements, la liberté qui surpasse toutes les autres libertés autant que le ciel est au-dessus de la terre.

Abbé Marcel Villers

Quelques mots d’explication de l’abbé Villers sur la différence entre protestantisme et catholicisme : 

Le protestantisme, fondamentalement, refuse toute médiation entre l’homme et Dieu car il veut tout attribuer de l’œuvre du salut à Dieu seul.

Sola gratia, écrit Luther : Dieu seul justifie l’homme, pas nos œuvres ou nos mérites. Le salut (qui était l’angoisse des croyants de l’époque) est un don gratuit, une grâce. Nous n’avons rien à faire d’autre que croire au Christ. C’est la foi qui sauve : sola fide.

On est alors dans un rapport direct (non médiatisé) entre le croyant et Dieu. On refuse ainsi l’Eglise comme sacrement du salut, et donc tous les sacrements qui sont manifestations de l’Eglise comme canal de la grâce. Le croyant a comme seule source de vérité la Bible : sola scriptura.

Seul, face au texte de l’Écriture, c’est éclairé par l’Esprit-Saint que le chrétien y découvre la Parole divine que Dieu lui adresse hic et nunc. Pas besoin de l’Église, de la Tradition, du Magistère du Pape, du prêtre.

Pas d’autorité externe, mais libre-examen et autonomie du sujet, ces deux traits vont caractériser la modernité qui va s’exprimer au siècle suivant.

En bref, la question posée par le protestantisme est celle de l’Église, de sa nature.

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De son côté, voici ce qu’écrit notre évêque pour expliquer pourquoi le pape tient à participer à une telle célébration :

(…) le pape a donné une réponse (…).  L’objectif est donc de rendre grâces pour les dons de la réforme et de demander pardon pour la division perpétuée par les chrétiens. Les dons de la réforme, a-t-il affirmé récemment, ce sont le processus d’une réforme de l’Église, qui est toujours à mettre en œuvre, et c’est le développement de la lecture de la Bible par tous les chrétiens.

Pour lire tout le texte de notre évêque, cliquez sur ce lienla-reforme-protestante-et-le-pape-francois

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