Témoins de la foi : l’abbé Pierre Simons et le Rwanda (3)

Il y a vingt-cinq ans, l’horreur des massacres et de la haine au Rwanda nous frappaient de consternation. Depuis de nombreuses années, dans notre paroisse de Theux et dans l’Unité pastorale, nous connaissions et soutenions l’abbé Pierre Simons et son orphelinat établi à Nyanza, puis à Cyotamakara. Avec ses enfants, il a alors subi l’épouvante. Grâce à Dieu, il a pu échapper.

Souvenons-nous !

Abbé Marcel Villers

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Suite et fin de l’histoire

Il y a 25 ans, l’abbé Pierre Simons dans la tourmente de 1994 au Rwanda

Mort et résurrection

Une troisième fois, l’abbé Simons doit tout recommencer. Début 1995, il rejoint Cyotamakara et on reconstruit tout petit à petit. Les soutiens sont nombreux et importants, venant de Suisse, d’Allemagne, de La Calamine, de Theux et de nombreux autres coins. Mais les besoins sont immenses. À la suite de la guerre, du génocide et de la fuite de nombreux Rwandais, les orphelins et les enfants non-accompagnés sont légion et errent seuls dans les rues des villes, soit que leurs parents aient été massacrés, soit qu’ils aient fui dans les pays voisins. La population rassemblée au Home ne cesse de croître. Petit à petit, le pays se réorganise et le Home Don Bosco de Cyotamakara retrouve une population supportable.

En 2012, coup de tonnerre, le gouvernement, opposé depuis toujours aux orphelinats considérés comme contraires à la culture rwandaise, « décide de fermer en 2013 tous les homes – plus d’une trentaine – avec comme slogan : « Un enfant, une famille ! » Mais il y a les « sans adresse », c’est-à-dire les enfants trouvés isolés à la fin du génocide de 1994. Ce sont devenus de grands jeunes gens qui fréquentent l’école secondaire. À leur âge, ils n’accepteront jamais d’être placés dans une famille avec laquelle ils n’ont aucun lien de parenté. La solution qui se dégage est de transformer l’orphelinat en un Home pour étudiants dépendant de la paroisse de Ruyenzi où se trouve l’école secondaire.

L’abbé Simons rentre en Belgique en mai 2013. Il réside à La Calamine où il est nommé prêtre auxiliaire. Mais, quelques mois plus tard, en janvier 2014, en accord avec Mgr Rukamba, évêque de Butare, il rentre au Rwanda et s’installe au Home à Cyotamakara. Mais, en janvier 2018, il faut s’incliner, le Ministère de la famille voulant à tout fermer tous les homes pour orphelins au Rwanda. Le Home est fermé le 11 juillet. L’abbé Simons est nommé à Save où il rendra service à la paroisse, aux communautés de religieuses et aux écoles nombreuses sur place. Cyotamakara est remis aux Bénédictins de Gihindamuyaga pour en faire un prieuré ou une école.

C’est un homme et un prêtre hors du commun que cet abbé Pierre Simons.  Depuis 50 ans, il est présent et actif au service des enfants et de la jeunesse abandonnée du Rwanda.  Il est passé par bien des épreuves, mais toujours son énergie, sa foi et son espérance indéfectibles ont triomphé.

                                                                           Abbé Marcel Villers
2 avril 2019

Un commentaire sur « Témoins de la foi : l’abbé Pierre Simons et le Rwanda (3) »

  1. Merci de partager ce beau témoignage d’Espérance et de ténacité!  J’ai connu Piette-Simons au cours de mon service militaire! Si vous avez l’occasions voulez-vous bien lui remettre un fraternel bonjour de Bâle du frère Jean Albert (Jean Dumoulin  lors du service militaire! Déjà un cordial merci! Heureuse fête de Pâques et tout spécialement aux personnes fragilisées par la vie! Jean Albert

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