Nuit de Noël 2018 à La Reid

L’église Saint-Lambert à La Reid avait revêtu ses habits de fête, ce 24 décembre : en effet, la messe de la nuit de Noël y était célébrée par le père Norbert Maréchal. Et les paroissiens étaient nombreux, ce soir-là, l’église était bien remplie, ô joie !

De très nombreux enfants, dont ceux qui préparent la première de leurs communions, des bébés, des jeunes, des adultes, des seniors, bref un bel échantillon des habitants des Hauteurs et au-delà.

La célébration a commencé par la lecture d’un conte* découvrant la belle vertu de la pureté du cœur, qui nous ouvre aux autres et fait que l’on s’oublie soi-même. Le conte se terminait par la citation de l’évangile selon saint Matthieu :

Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait… Ce que vous avez fait au plus petit d’entre les miens, c’est à moi que vous l’avez fait

La chorale, joyeusement emmenée par Wendy, a fait retentir de célèbres cantiques, repris avec enthousiasme par l’assistance (lien vers les vidéos en bas de l’article).

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Que le Seigneur vous bénisse et vous garde !

Que le Seigneur vous bénisse et vous garde,
Qu’il fasse pour vous rayonner son visage,
Que le Seigneur vous découvre sa face,
Qu’il vous prenne en grâce et vous apporte la paix…

tout au long de cette année 2019 !

(Livre des Nombres, 6, 24-26)

Et, comme les bergers de l’évangile de ce jour,

glorifions et louons Dieu 
pour tout ce que nous avons entendu et vu, 
selon ce qui nous a été annoncé

durant toute l’année écoulée !

P.S. Merci à Jean-François Kieffer pour son joli dessin !

Il me faut être chez mon Père

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour le dimanche de la Sainte Famille (Année C, Luc 2, 41-52) Theux, 30 décembre 2018

À ses parents qui l’ont cherché partout, pendant trois jours, Jésus répond : Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ?

Parole obscure, étrange, et pourtant capitale. C’est la première parole que Jésus prononce selon l’évangile de Luc. Parole lourde de sens et révélatrice de toute la destinée de Jésus.
ll me faut être chez mon Père.

Et pourtant, parole déconcertante. Ses parents ne comprirent pas ce qu’il leur disait.  Il y a une énigme, un mystère Jésus. C’est celui de sa personne. Dans l’évangile, tout tourne autour de cette question qu’est Jésus lui-même : « Qui est-il ? D’où vient-il ? »
Il me faut être chez mon Père.

Jésus suggère ainsi que son lieu, sa demeure, est ailleurs. Il n’est pas d’ici. Mais alors, d’où est-il ?

Le lieu de Jésus, sa demeure, c’est le Père. C’est là qu’il faut le chercher. C’est de Dieu qu’il vient et c’est en Dieu qu’il demeure. Voilà son secret. Qui suscite la stupéfaction de ses parents : ils furent frappés d’étonnement.

Qui donc est leur enfant ? Ne saviez-vous pas qu’il me faut être chez mon Père ? Cet enfant de Noël, pour le connaître, il faut chercher là où il est. Dans l’intimité de Dieu même, son Père. Le mystère de Jésus, il est là.

« Papa, maman » sont parmi les premiers mots qu’un enfant prononce. Il ne les adresse pas à n’importe qui. Il les adresse à une personne qui l’aime, qui prend du temps pour lui, qui le prend dans ses bras, le nourrit et le soigne. Ces mots « papa, maman », il les adresse à quelqu’un dont il se sent aimé.

Ce n’est pas pour rien que les parents de Jésus, Marie et Joseph, sont présents dans ce récit où Jésus révèle son rapport avec Dieu comme Père.

Jésus ne peut dire « Abba », littéralement « papa », qu’à un être dont il a expérimenté l’amour. Comme celui de ses parents, l’amour de Dieu précède sa reconnaissance comme « Abba, Père ».

Cette expérience mystique de Jésus, on peut en approcher les contours en reprenant sa dernière parole sur la croix : Père, entre tes mains, je remets ma vie. Charles de Foucauld explicite cette prière : Mon Père, je m’abandonne à toi. Je remets ma vie entre tes mains, je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur.

Telle est l’expérience fondatrice de la spiritualité de Jésus, et donc celle du chrétien : remettre sa vie dans les mains de Dieu, s’abandonner dans les bras du Père avec la même confiance, la même foi que le petit enfant dans les bras de ses parents.

Entrer dans le secret de Jésus, c’est, avec Marie et Joseph, parcourir le chemin à l’envers pour chercher Jésus, là où il est.Il n’est pas avec eux, ni parmi leurs parents et connaissances. Jésus n’est pas dans ce monde connu des parents et des connaissances de la famille. C’est ailleurs qu’il faut le chercher et ils font demi-tour. Ils le trouvent dans le Temple, la maison de Dieu, le lieu de sa présence.

Et nous, où cherchons-nous Jésus ? Parmi nos parents et connaissances ? Il est vrai que Jésus est pour nous un héritage, nous l’avons reçu grâce à nos parents ou par une connaissance, un catéchiste ou un enseignant. Mais l’avons-nous jamais cherché personnellement ?

Comme les parents de Jésus, nous pensons le connaître, mais alors, dit l’évangile, méfiez-vous car vous l’avez déjà perdu. Il est ailleurs. Son secret, le mystère de sa personne, il n’y a que lui qui peut nous le livrer. Il faut le chercher là où il est, dans ce lien intime avec le Père.

Comme Marie et Joseph, faisons demi-tour. Puissions-nous faire de cette quête le quotidien de l’année nouvelle que je vous souhaite belle et bonne.

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Luc : 6. Il me faut être chez mon Père

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine : Lc 2,41-52 du dimanche de la Sainte Famille.

Il me faut être chez mon Père

C’est au bout de trois jours qu’ils le trouvèrent
dans le Temple assis au milieu (Lc 2,13-14)

Au centre du récit de Luc, le mot « milieu » marquant ainsi qu’il est le pivot de toute la narration. « Assis au milieu » (2,14) : après trois jours d’angoisse et de recherche, succède la vision d’un Christ en gloire, assis dans le Temple, demeure de Dieu, au milieu des docteurs. « Au milieu », au centre, Celui tant cherché. En couronne autour de lui, les docteurs. L’ange lui avait promis le trône de David. Il y est assis comme un roi, un juge, un sage.

Nous sommes dans un récit qui évoque et anticipe l’avenir de Jésus. Ainsi, les « trois jours » (2,46) préfigurent la quête des femmes au tombeau. Les mots : « Pourquoi me cherchiez-vous ? » annoncent ceux qu’adresseront à ces mêmes femmes les deux hommes au tombeau : « Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? » (Lc 24,5)

Ce récit, sous une allure de fait divers, est en réalité une construction théologique qui révèle l’identité profonde de Jésus : il est le Fils. Son lieu, sa demeure n’est pas ici. Il vient d’ailleurs. « Il me faut être chez mon Père » (2,49). Le lieu de Jésus, c’est le Père. C’est lui sa demeure.

L’enfance de Jésus

Deux types de récits racontent des épisodes de l’enfance de Jésus. Il y a d’abord les récits qui ouvrent les évangiles de Matthieu et de Luc, à côté du silence de Marc et de Jean. D’autres récits sur l’enfance de Jésus, dits apocryphes, ont paru durant les premiers siècles de notre ère, mais le pittoresque et le merveilleux qui les inondent manifestent la pauvreté de leur message.

L’étude de ces textes aboutit à la conclusion qu’ils sont marqués par des intentions théologiques et non historiques. L’objectif de Luc est ainsi, non de faire de l’histoire au sens moderne du terme, mais de confirmer la foi de ses destinataires. C’est pourquoi les évangiles ne disent rien du physique de Jésus, de sa psychologie. La question du Jésus historique qui nous habite leur est étrangère. De fait, nous ne savons rien de l’apparence de Jésus, de son caractère, de sa jeunesse, de la durée exacte de sa vie publique. Encore moins de son enfance (Daniel MARGUERAT, L’homme qui venait de Nazareth, 1990)

Abbé Marcel Villers