Rendre gloire à Dieu, c’est le reconnaître pour ce qu’il est en vérité

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour le 7ème dimanche de Pâques A (Jn 17,1-11)
Theux, le 28 mai 2017

Père, l’heure est venue.

De quelle heure s’agit-il ?
Son heure était venue, disons-nous en parlant de la mort de quelqu’un.
On dit aussi : sa dernière heure est arrivée.

Bref, l’Heure, avec majuscule, c’est celle de la mort, celle de la fin des heures, l’heure de la fin du temps et des horloges.

Pour les philosophes et les spirituels, la dernière heure est celle de l’accomplissement, l’achèvement d’une existence, le sommet d’une vie.
Mourir n’est donc pas l’œuvre d’un ennemi extérieur, un destin qui nous échappe et nous écrase comme un chêne qu’on abat.
Mourir est le dernier acte de l’existence humaine, car l’homme est la seule créature qui sait qu’il va mourir et nous avons donc tout le temps de nous y faire et de nous y préparer.

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Lazare, lève-toi. Sors !

Résurrection de Lazare – Duccio di Buoninsegna – XIVème s.

Homélie de l’abbé Marcel Villers
pour le 5ème dimanche de carême (Jn 11,1-45)

Theux et Polleur, 2 avril 2017

Lazare, c’est l’ami de Jésus.
Lazare, c’est donc chacun de nous, chaque être humain.
Tout homme, en effet, a été créé ami de Dieu.
C’est par amour que Dieu a fait l’humain à son image, et pour qu’il vive comme lui, Dieu, vit.
Mais voilà que l’ami bien-aimé de Dieu est détruit, anéanti par la mort.
Tout n’est plus alors que tristesse, lamentation, et larmes.

Et pourtant, pourquoi s’étonner ?
L’histoire de l’homme n’est-elle pas si simple ?
L’homme vient au monde pour mourir. Il naît pour mourir. Oui, l’humain semble fait pour la mort. À peine né, il vieillit déjà et chaque jour le rapproche de la mort qui est le bout de son chemin.
La mort est-elle plus forte que la vie ? N’y a-t-il que la mort qui gagne ?

Depuis la nuit des temps, depuis qu’il y a des hommes, ceux-ci n’ont cessé de mettre en terre ceux et celles qui leur avaient donné la vie : leurs parents.
Rien ne semble plus naturel que la mort.
Et pourtant !

L’homme est devenu un humain lorsque, devant un cadavre, il a chuchoté : Pourquoi ?

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Réjouissez-vous ! Heureux êtes-vous !

jesus parle aux foules

Réjouissez-vous. Heureux êtes-vous.
C’est à ses disciples que Jésus s’adresse.
À ceux d’hier, comme à nous aujourd’hui

Homélie pour le 4ème dimanche du Temps ordinaire année A
Jehanster, le 29 janvier 2017

Réjouissez-vous. Heureux êtes-vous.
C’est à ses disciples que Jésus s’adresse.
À ceux d’hier, comme à nous aujourd’hui.

Il s’adresse à tous ceux et celles qui ont obéi à son appel : Viens, laisse tout et suis-moi.

Cet appel fait d’eux, de nous, des pauvres, des gens que l’on combat, des affamés.

Et saint Paul précise : Vous qui avez été appelés par Dieu, regardez bien : parmi vous, il n’y a pas de gens puissants ou de haute naissance.

Au contraire, ce qu’il y a de fou, ce qu’il y a de faible, ce qui est méprisé dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi. 

Ce serait donc là le critère du choix de Dieu : ce qu’il y a de fou, ce qu’il y a de faible, ce qui est méprisé.

Est-ce pour cela que nous avons été choisis ?
Est-ce pour cela que nous sommes heureux ?

Oui, heureux êtes-vous, confirme Jésus, car le Royaume des cieux est à vous.

Et Jésus de dresser le portrait de ses disciples : des pauvres de cœur, des doux, des affligés, des affamés de justice, des miséricordieux, des cœurs purs, des artisans de paix, des persécutés.

Nous reconnaissons-nous ? Est-ce là notre portrait ?

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Vous êtes le sel… vous êtes la lumière ! C’est fort. Trop fort !

Homélie pour le 5ème dimanche du Temps ordinaire
Theux, le 5 février 2017

En fin pédagogue, Jésus excelle à enseigner des choses importantes en évoquant des situations ou des éléments du plus simple quotidien… Situations ou éléments que nous pouvons utiliser et transposer dans notre aujourd’hui du 21ème siècle.

Ainsi en est-il ce matin du sel… Nous en connaissons ses diverses propriétés ; donner du goût, conserver des aliments, assainir ; mais il peut aussi dénaturer, corroder et détruire.

Quelques grains insignifiants qui se fondent et disparaissent dans une préparation suffisent à développer toute la saveur d’un aliment… mais une pincée de trop -c’est mauvais pour la santé (!)- et c’est raté !

De même la lumière dont nous avons tant besoin, élément indispensable pour l’équilibre de tout organisme vivant, mais une lumière à utiliser d’une manière adaptée aux circonstances. Le faisceau lumineux d’une lampe de poche peut trouer l’obscurité et me permettre de diriger mes pas sur le chemin, mais n’a pas l’ambition de faire disparaître toute l’obscurité alentour. Tournée vers moi, cette lampe m’éblouirait ; je verrais certes la lumière, mais rien d’autre…

Et en ce temps-là, Jésus dit à ses disciples (et donc à nous puisque nous sommes réunis aujourd’hui à l’écoute de la Parole de Dieu) : VOUS ÊTES le sel de la terre … VOUS ÊTES la lumière du monde.

Jésus attend donc que chacun de ses disciples soit cette pincée de sel juste suffisante pour mettre en valeur sans dénaturer, cette lumière qui éclaire sans l’éblouir l’espace suffisant pour faire quelques pas…

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