Clé pour lire l’évangile de Marc : 15. Les signes

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 16,17-18.

15. Les signes

Voici les signes qui accompagneront
ceux qui deviendront croyants (Mc 16, 17)

Habituellement, les traditions réservent à Jésus, ou aux apôtres, des signes ou prodiges que Marc étend ici à ceux et celles qui auront cru. Ce ne sont donc pas des signes, accompagnant les prédicateurs et missionnaires, pour étayer et renforcer l’impact de leur annonce de l’Évangile. Ces signes sont plutôt un résultat, une « récompense » pour ceux qui adhèrent au Christ. Ils sont un témoignage, pour ne pas dire une preuve, de leur conversion.

Cinq sont cités et constituent donc autant de critères permettant de vérifier les fruits de la foi au Christ vivant : ils expulseront les démons ; ils parleront en langues nouvelles ; ils prendront des serpents dans leurs mains ; un poison mortel ne leur fera pas de mal ; ils imposeront les mains aux malades qui s’en trouveront mieux.

Bref, tous ces pouvoirs, acquis par les nouveaux chrétiens, ne font que leur signifier la conséquence de la résurrection de Jésus qui les libère de la mort et en font des agents de la vie.

Les signes

Partout où l’homme se retrouve libéré des prisons de toutes sortes et où les esprits mauvais sont écrasés, Christ est présent et agissant.

Partout où se réalisent la communion et la fraternité entre les peuples et les personnes, Christ est présent et agissant.

Partout où la volonté de parler la langue de l’autre l’emporte sur les ghettos et l’exclusion, Christ est présent et agissant.

Partout où, malgré l’hostilité et le risque, des hommes luttent pour le respect de la dignité de chacun, Christ est présent et agissant.

Partout où il y a guérison des blessures et des maladies qui affaiblissent et humilient l’homme, Christ est présent et agissant.

Abbé Marcel Villers

Clé pour lire l’évangile de Marc : 14. Une destination universelle

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Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 16,14-16.

14. Une destination universelle

Allez dans le monde entier.
Proclamez l’Évangile à toute la création (Mc 16, 15)

De la résurrection de Jésus naît l’impératif missionnaire. En effet, l’Évangile, ou bonne nouvelle à proclamer, a un contenu neuf. Si Jésus s’est relevé d’entre les morts, alors les êtres humains, mais aussi toute la création, végétale, animale, sont destinés à une vie nouvelle, une vie qui enjambe la mort. Comme l’écrit saint Paul : La création attend avec impatience la révélation des fils de Dieu. Car la création a été soumise au pouvoir du néant… La création tout entière gémit, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore (Ro 8, 19-22).

Le récit de Marc met l’accent sur l’étendue de la proclamation de l’évangile : « le monde entier » et « toute la création ». Voilà encore du neuf. En effet, jusqu’alors, Dieu s’était révélé à son peuple Israël, mais pas aux autres nations. Bien sûr, les prophètes avaient vu et annoncé l’universalité du salut. Mais serait-il de même nature pour les Juifs et les autres ? Le salut est offert à tous, sans exception. De cette réalité procède la dimension universelle de la mission chrétienne.

La mission universelle

Née de la mission, l’Église est envoyée par Jésus. L’Église reste dans le monde lorsque le Seigneur de gloire retourne au Père. Elle reste comme un signe à la fois opaque et lumineux d’une nouvelle présence de Jésus, de son départ et de sa permanence. Elle le prolonge et le continue. Or, c’est avant tout sa mission et sa condition d’évangélisateur qu’elle est appelée à continuer. Car la communauté des chrétiens n’est jamais close en elle-même. En elle la vie intime —vie de prière, écoute de la Parole et de l’enseignement des Apôtres, charité fraternelle vécue, pain partagé— n’a tout son sens que lorsqu’elle devient témoignage, provoque l’admiration et la conversion, se fait prédication et annonce de la Bonne Nouvelle. C’est ainsi toute l’Église qui reçoit mission d’évangéliser, et l’œuvre de chacun est importante pour le tout (Paul VI, Evangelii Nuntiandi, 1975, n°15).

Abbé Marcel Villers

Clé pour lire l’évangile de Marc : 13. Ils refusèrent de croire

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Dans cette série hebdomadaire (accessible le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 16,9-13.

13. Ils refusèrent de croire

Quand ils entendirent que Jésus était vivant et qu’elle l’avait vu,
ils refusèrent de croire 
(Mc 16,11)

Ce qui frappe dans les récits de Pâques, c’est l’incrédulité, la résistance des compagnons les plus proches de Jésus. Marie-Madeleine a beau témoigner qu’elle a vu Jésus vivant, ils refusent de la croire. Sans doute parce que c’est une femme et que son témoignage est donc considéré, à l’époque, comme peu fiable. Mais surtout, parce que rien ne laissait prévoir cet événement car la foi en la résurrection était peu partagée.

Incroyable surtout pour un Juif sachant que le fait de mourir sur le bois, ce qui est le cas de la croix, est un signe clair que cet homme est rejeté par Dieu. Celui qui est pendu (sur un bois) est un objet de malédiction auprès de Dieu (Dt 21-22).  Alors, comment donner crédit à cette femme qui affirme l’avoir vu vivant ?

Ces éléments historiques et culturels fournissent un argument pour démontrer que personne ne s’attendait à la résurrection de Jésus et que même ses amis les plus intimes ont été bouleversés par cette annonce de Marie-Madeleine. Et ils ont mis du temps à croire.

Marie-Madeleine

Personnage polymorphe apparaissant dans divers épisodes des évangiles, Marie de Magdala réunit différentes façons de se référer à Jésus. Ce qui permet à l’évangéliste de composer un modèle complexe du disciple.

Elle est la pécheresse pénitente qui lave les pieds de Jésus. Au Golgotha, elle est au pied de la croix. Au tombeau, elle est témoin de l’ensevelissement de Jésus. Au matin de Pâques, elle est une des femmes myrrophores à courir au sépulcre pour pleurer Jésus. Elle est aussi celle qui le rencontre vivant dans le jardin. Enfin, elle est l’Apôtre des Apôtres, premier témoin de la résurrection.

La légende dorée (XIIIe s.) en fait celle qui évangélisa la Provence avant de se retirer, pénitente, dans la grotte de la Sainte-Baume.

Abbé Marcel Villers

Clé pour lire l’évangile de Marc : 12. La mission des femmes

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Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc, cette fois celui du jour de Pâques : Mc 16,1-8

12. La mission des femmes

Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques,
et Salomé achetèrent des parfums (Mc 16,1)

Ces femmes sont les premières à se lever, après le sabbat, pour aller achever les rites funéraires exécutés à la hâte car le début du sabbat était proche. Elles viennent aussi pleurer celui qu’elles ont suivi depuis un certain temps. Elles sont d’autant plus respectueuses de ce corps mort, celui de leur bien-aimé maître.

Mais voilà que leur projet est réduit à néant. Elles ne s’attendaient pas à ce qui leur arrive : le tombeau est vide, le corps de Jésus a disparu. Venues en visite à la dernière demeure de leur Seigneur, elles ne l’y trouvent plus.

Une nouvelle mission leur est donnée par le messager divin : Allez dire à ses disciples et à Pierre : Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit (16,7). Elles deviennent ainsi, les premières, témoins du relèvement de Jésus d’entre les morts. Premières chargées de délivrer la belle annonce, premières évangélisatrices. Fait d’autant plus historiquement certain qu’à l’époque le témoignage des femmes n’était pas considéré comme crédible.

Les rites funéraires au temps de Jésus

Après la mort, le corps du défunt était lavé et oint d’aromates, entouré d’un drap lié par des bandelettes jusqu’au menton. Tous ces gestes habituels ne sont pas accomplis pour Jésus. Pour une raison majeure, c’est la veille de la Pâque, et la mise au tombeau doit s’effectuer avant la nuit. Le cadavre doit être enseveli avant le coucher du soleil (Dt 21, 22-23).

Les évangiles passent sous silence plusieurs étapes comme le lavage du corps, mais le corps de Jésus est enveloppé dans un drap, le linceul. Avant d’être serré dans le linceul, le corps était oint d’aromates. L’usage immédiat était de prévenir la mauvaise odeur du cadavre. Pour Marc, ce sont les femmes qui apportent ces aromates, mais seulement au lendemain du sabbat. Une fois ce rite de la toilette accompli, le cadavre est enveloppé dans un linceul et mis au tombeau. (www.bible-service.net)

Abbé Marcel Villers