Clés pour lire l’évangile de Luc : 22. Il n’est pas ici

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 24, 1-12 de la nuit de Pâques.

22. Il n’est pas ici

Elles se rappelèrent les paroles qu’il avait dites.
Revenues du tombeau, elles rapportèrent tout cela aux Onze (Lc 24, 8-9)

De la résurrection de Jésus ne sont perceptibles que quelques signes ténus : « la pierre roulée sur le côté du tombeau » (24,2), le corps absent, « les linges et eux seuls » (24,12) au fond du sépulcre. Voilà ce qui apparaît de l’extérieur, quelques traces qu’il faut encore interpréter. Tout ce que « Marie-Madeleine, Jeanne, et Marie, mère de Jacques, les autres femmes qui les accompagnaient » (24,10) et puis Pierre constatent, c’est que Jésus est mort sur une croix et que son corps a été mis dans un tombeau où il n’est plus.

Comment interpréter ces signes, ces traces ? C’est là toute l’importance des paroles de Jésus et des Écritures. « Rappelez-vous ce qu’il vous a dit quand il était encore en Galilée : Il faut que le Fils de l’homme soit livré, crucifié et que le troisième jour, il ressuscite » (24,6-7). À la lumière des paroles de Jésus, les signes s’éclairent. Le vide du tombeau, l’absence du corps prennent sens : « Il n’est pas ici, il est ressuscité » (24,6).

Les femmes disciples de Jésus

« Les femmes occupent une place importante dans Luc. L’auteur ne souligne pas l’incongruité de la présence de ces femmes qui accompagnent Jésus et son groupe d’hommes, combien est stupéfiante la liberté que manifeste Jésus en prenant des femmes dans le groupe itinérant des disciples : Marie, appelée Madeleine, Jeanne, femme de Kouza, l’intendant d’Hérode, Suzanne et beaucoup d’autres qui les aidaient de leurs ressources (Lc 8, 2-3). Ces femmes seront au premier rang dans des moments clefs : lors de la mort en croix de Jésus et son ensevelissement (23, 49.55), puis au tombeau vide ; on retrouvera ces femmes avec les Douze dans la chambre haute avant la Pentecôte (Ac 1, 14). » (Hugues COUSIN, L’évangile de Luc, 1993)

Abbé Marcel Villers

Clé pour lire l’évangile de Marc : 12. La mission des femmes

Clés pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc, cette fois celui du jour de Pâques : Mc 16,1-8

12. La mission des femmes

Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques,
et Salomé achetèrent des parfums (Mc 16,1)

Ces femmes sont les premières à se lever, après le sabbat, pour aller achever les rites funéraires exécutés à la hâte car le début du sabbat était proche. Elles viennent aussi pleurer celui qu’elles ont suivi depuis un certain temps. Elles sont d’autant plus respectueuses de ce corps mort, celui de leur bien-aimé maître.

Mais voilà que leur projet est réduit à néant. Elles ne s’attendaient pas à ce qui leur arrive : le tombeau est vide, le corps de Jésus a disparu. Venues en visite à la dernière demeure de leur Seigneur, elles ne l’y trouvent plus.

Une nouvelle mission leur est donnée par le messager divin : Allez dire à ses disciples et à Pierre : Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit (16,7). Elles deviennent ainsi, les premières, témoins du relèvement de Jésus d’entre les morts. Premières chargées de délivrer la belle annonce, premières évangélisatrices. Fait d’autant plus historiquement certain qu’à l’époque le témoignage des femmes n’était pas considéré comme crédible.

Les rites funéraires au temps de Jésus

Après la mort, le corps du défunt était lavé et oint d’aromates, entouré d’un drap lié par des bandelettes jusqu’au menton. Tous ces gestes habituels ne sont pas accomplis pour Jésus. Pour une raison majeure, c’est la veille de la Pâque, et la mise au tombeau doit s’effectuer avant la nuit. Le cadavre doit être enseveli avant le coucher du soleil (Dt 21, 22-23).

Les évangiles passent sous silence plusieurs étapes comme le lavage du corps, mais le corps de Jésus est enveloppé dans un drap, le linceul. Avant d’être serré dans le linceul, le corps était oint d’aromates. L’usage immédiat était de prévenir la mauvaise odeur du cadavre. Pour Marc, ce sont les femmes qui apportent ces aromates, mais seulement au lendemain du sabbat. Une fois ce rite de la toilette accompli, le cadavre est enveloppé dans un linceul et mis au tombeau. (www.bible-service.net)

Abbé Marcel Villers