SOURCES : 4. Le beau et le désir

4. LE BEAU ET LE DÉSIR

« Dieu est Beauté. C’est cette Beauté qui produit toute amitié, toute communion. C’est cette Beauté qui meut tous les êtres et les conserve en leur donnant l’amoureux désir de leur propre beauté.
Le Beau véritable se confond avec le Bien quel que soit le motif qui meut les êtres, c’est toujours vers le Beau-et-Bien qu’ils tendent, et il n’est rien qui n’ait part au Beau-et-Bien…C’est grâce à lui qu’à sa manière propre tout communie à tout, que les êtres s’aiment sans se perdre les uns dans les autres, que tout s’harmonise, que les parties s’accordent au sein du tout… » (Denys L’Aréopagite, Noms divins, IV, 7 )

Dans l’attraction de l’humain pour la beauté, dans l’amour de l’homme et de la femme, dans la communion du croyant à Celui qui est la plénitude du Beau et du Bien, se manifeste un élan semblable à ce que nommons la création. Dieu sort de lui-même ; ce mouvement est désir qui fait venir à l’être tout ce qui existe. L’acte créateur est une extase.
« En Dieu, le désir d’éros est extatique. Grâce à lui les amants ne s’appartiennent plus. Ils appartiennent à ceux qu’ils aiment… Dieu aussi sort de lui-même lorsqu’il captive tous les êtres par le sortilège de son amour et de son désir. » (Denys L’Aréopagite, Noms divins, IV, 13 )

Le désir, c’est d’abord celui de Dieu pour nous, auquel tout élan amoureux de l’humain est réponse.

Abbé Marcel Villers


Pseudo-Denys L’Aréopagite : sous ce pseudonyme qui évoque le grec converti par saint Paul sur l’Aréopage (Ac 17,34), se cache probablement un moine du Ve s., d’origine syrienne et formé à Athènes, qui veut convertir la pensée grecque en l’introduisant dans la théologie chrétienne.