SOURCES : 38. SOLITUDE ET LIBERTÉ

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

38. Solitude, prix de la liberté

« À l’individu perdu dans le cosmos grain de sable sur les plages d’une minuscule planète emportée à la vitesse d’un obus plus ou moins ajusté dans les alvéoles des sociétés modernes  –  soumis à des nécessités sur lesquelles il se croit sans pouvoir  tenté de brûler sa vie comme une mèche de lampe ou de se donner des buts auxquels il ne croit pas.

À cet individu que le monde semble nier, le temps vient que la foi, seule, peut dire :
Redresse la tête. Tu existes devant Dieu. Tu comptes plus que les satellites, que l’Ordre, que la Justice même. Tu es libre. À condition que la foi ne soit pas une recette de sagesse, mais soit vécue dans sa dimension paradoxale.
Arraché aux connexions naturelles, tu peux répondre personnellement et tu deviens un roi qui marche sur la terre. Aujourd’hui même.

Mais il faut payer le prix.
Car la liberté se tient dans la solitude.
Il est nécessaire d’abord de se faire vagabond, pèlerin et comme sans famille, sans patrie, pour devenir capable d’un amour large et paradoxal.
La solitude est la seule porte d’accès vers une communauté réelle.
Il y a toujours un désert à traverser. »

(Jean Sulivan, Paradoxe et scandale, 1962)

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Jean SULIVAN (1913-1980), prêtre et écrivain français. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, il  a une influence profonde dans les années postconciliaires. Il a perçu la crise institutionnelle qui vient. Son issue est pour lui dans l’option pour une voie de pauvreté spirituelle et d’intériorité. Ses romans et essais invitent au retournement et à l’exode.

SOURCES : 29. TOUT EN TOUS

SOURCES

Dans cette rubrique, il est question de sources, celles qui nous font vivre, celles qui donnent sens à notre action, celles qui contribuent à construire notre identité.  Aujourd’hui comme hier, nous avons besoin de boire à ces sources pour vivre et donner sens à notre engagement.  Chaque jeudi, vous est proposé un texte à lire, méditer, prier.

Abbé Marcel Villers

29. TOUT EN TOUS

« Hommes, femmes, enfants, profondément divisés sous le rapport de la race, de la nation, de la langue, du genre de vie, du travail, de la science, de la dignité, de la fortune, tous, l’Église les recrée dans l’Esprit.
A tous également elle imprime une force divine.
Tous reçoivent d’elle une nature unique, impossible à rompre, une nature qui ne permet plus qu’on ait désormais égard aux multiples et profondes différences qui les affectent.

Par-là, tous sont élevés et unis de façon véritablement catholique. En elle, nul n’est le moins du monde séparé de la communauté, tous se fondent pour ainsi dire les uns dans les autres, par la force simple et indivisible de la foi.

Le Christ est aussi tout en tous, lui qui enferme tout en lui selon la puissance unique, infinie où convergent les lignes. C’est pourquoi les créatures du Dieu unique ne demeurent point étrangères ou ennemies les unes par rapport aux autres, ce qui serait si elles n’avaient pas de lieu commun où manifester leur unité et leur paix. »(Maxime le Confesseur, Mystagogie I)

MAXIME LE CONFESSEUR (580-662), natif du Golan syrien, orphelin à neuf ans, est confié à un monastère palestinien. En 614, il fuit l’invasion perse et se réfugie après une longue errance à Carthage. Il y écrit la plupart de ses œuvres qui constituent une véritable synthèse de la période patristique. Il confessera jusqu’au martyre la foi dans l’humanité du Christ.    

SAINT CHARLES DE FOUCAULD : 2. Le premier bouleversement

2. Le premier bouleversement: la découverte de la foi et de l’Islam

Un évènement s’est produit pendant ce voyage au Maroc. A Noël 1883, il est dans le Sud-marocain, dans la zaouïa de Tisint. Une zaouïa est le centre religieux d’une confrérie. Les pèlerins ou membres de la confrérie s’y rassemblent régulièrement, certains y vivent à demeure pour y prier, entendre l’enseignement du maître et résider à proximité du tombeau du fondateur de la confrérie. Dans la zaouïa de Tisint, Charles de Foucauld fait la rencontre de croyants véritables et en est marqué. C’est l’Islam qu’il découvre et la profondeur de la foi des musulmans.

Il écrira plus tard : « L’islam a produit sur moi un profond bouleversement…la vue de cette foi, de ces âmes vivant dans la continuelle présence de Dieu, m’a fait entrevoir quelque chose de plus grand et de plus vrai que les occupations mondaines : ad majora nati sumus. » (Lettres à Henri de Castries, 08/07/1901)

« Il a commencé à saisir que Dieu seul importe et que la vie d’un homme est très simple : elle doit consister à se vouer totalement au Très-Grand : Allah akbar. » (Six, Itinéraire spirituel de Ch. de Foucauld, 1958, p. 46) Il a été impressionné par le spectacle de la prière musulmane en plein air et les intonations du chant du muezzin et son : « Allah Akbar » qu’il a commenté plus tard : « Dieu est plus grand, plus grand que toutes les choses que nous pouvons énumérer. » (Lettre à H. de Castries, 14/08/1901)

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Clés pour lire l’évangile de Jean : 23. Thomas, modèle de foi

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Jean. Alleluia ! Il est ressuscité ! En ce temps pascal, renouvelons notre foi avec Thomas :  Jn 20,1-10.

23. Thomas, modèle de foi

Jésus vint et il était là au milieu d’eux. (Jn 20,19)

Thomas ne croit pas les autres sur parole. Il se méfie des évidences communes et des illusions collectives. Tous ont beau lui dire : « Nous avons vu le Seigneur » (20,25), Thomas veut se faire une opinion par lui-même, vérifier la matérialité du corps de Jésus, s’assurer que ce n’est pas un fantôme ou le produit d’une vision, être sûr que ce corps est bien celui de Jésus et non d’un quelconque revenant. Sur ce point, Thomas nous est proche.

Deux autres points nous séparent de lui. D’une part, l’apôtre demande une preuve, non de la divinité de Jésus, mais de son humanité. Il veut toucher le corps terrestre de Jésus, alors que nous, c’est l’extraordinaire, le merveilleux qui nous fascinent. D’autre part, Thomas a finalement vu ce qu’il voulait voir. Nous ne savons pas s’il a touché, mais il a vu les plaies aux mains et au côté. Cela n’est pas possible pour nous, mais Jésus s’empresse d’ajouter : « Heureux ceux qui croient sans avoir vu » (20,29). La condition du croyant, c’est la non-vision.

Le premier jour de la semaine

Le premier jour de la semaine, pour le Nouveau Testament, est celui de la résurrection de Jésus, celui de la venue du Seigneur. Celle-ci se renouvelle lors du rassemblement liturgique des chrétiens, où la présence du Seigneur est réactualisée par la fraction du pain et l’envoi dans le monde. C’est le Jour du Seigneur, en latin « dies dominicus ».

Pour les Romains, le premier jour de la semaine est associé au soleil, dont on retrouve trace dans le néerlandais Zondag. Chaque jour fêtait une divinité, dans l’ordre : Sol, Luna, Mars, Mercurius, Jupiter, Venus et Saturnus, les sept planètes connues à Rome entre le Ier et le IIIe siècles. Ces noms latins sont encore ceux de notre calendrier. Le premier devint jour de repos sous Constantin, en 321 : « Au jour vénérable du soleil, que les magistrats et les habitants se reposent et que tous les ateliers soient fermés ». Du coup, le Jour du Seigneur des chrétiens devint chômé par tous. Du latin ecclésiastique « dies dominicus », le mot « dimanche » est apparu dans le calendrier à l’aube du XIIe s. sous la forme « denenche ». A compter du XIVe siècle, le mot dimanche, écrit «dymanche », prend le son qu’on lui connaît aujourd’hui et, au XVIIe siècle, son orthographe exacte. (D’après Alice DEVELEY, L’histoire secrète des jours de la semaine, 2017)

Abbé Marcel Villers