SOURCES : 10. Le mendiant

« Le mendiant »

L’être humain transcende toutes les explications biologiques, sociologiques ou psychologiques. Cette capacité le « décolle » du monde et le fait responsable de lui. Créé à l’image de Dieu, l’homme en reflète les qualités : intelligence, pensée, amour, immortalité.
« L’humain a été doué de vie, d’intelligence, de sagesse et de toutes les qualités dignes de la divinité, afin que chacune d’elles lui fasse désirer ce qui lui est apparenté. Et puisque l’éternité est attachée à la divinité, notre nature devait absolument n’en être pas privée, mais avoir en elle-même le principe de l’immortalité : grâce à cette faculté innée, elle pourrait tendre vers ce qui lui est supérieur et garder le désir de l’éternité. » (Grégoire de Nysse, Grande Catéchèse, 5)

L’être humain échappe à l’univers où il est né. Par-là, il affirme son essentielle liberté. « Celui qui a créé l’homme pour le faire participer à sa propre plénitude ne pouvait l’avoir privé du plus beau et du plus précieux des attributs divins, la capacité de se déterminer soi-même, la liberté. » (Grégoire de Nysse, Grande Catéchèse, 5)

Que l’humain soit à l’image de Dieu signifie qu’il est une existence personnelle, une liberté. Nous pouvons comprendre alors que Dieu a pris un risque en créant l’homme libre, car Dieu peut tout, sauf contraindre l’homme à l’aimer. Dieu est pour toujours le mendiant qui attend à la porte. Son silence, que parfois nous lui reprochons, exprime seulement son respect.  » Me voilà devant la porte et je frappe ; celui qui entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je mangerai avec lui, et lui avec moi. » (Ap 3,20)

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Marc : 45. Le ciel et la terre passeront

Clé pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 13, 24-32 du 33e dimanche du temps ordinaire.

45. Le ciel et la terre passeront

 Sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte.
(Mc 13,29)

Pour le prophète Daniel (7, 13-27), le Fils de l’homme est la figure du juge de la fin des temps qui viendra rassembler « les élus des quatre coins du monde » (13,27) pour les introduire dans le monde céleste d’où il est venu. Cette figure du jugement dernier devient chez Marc celle de la parousie ou retour en gloire de Jésus pour le salut de tous. Le message de l’évangile est au carrefour de deux courants : il coule un message optimiste – le salut – dans un cadre apocalyptique pessimiste – la catastrophe finale.

L’annonce de la fin du monde n’est donc pas vue comme un malheur, mais une Bonne nouvelle : enfin, le Seigneur Jésus tant aimé et tant attendu revient. « Oh ! Viens Seigneur Jésus ! » était le cri des premiers chrétiens, cri d’amour et d’impatience.

Le Seigneur Jésus est proche, il est sur le seuil, devant la porte. Reste à lui ouvrir, ce qui fait du chrétien le gardien de la porte de l’histoire.

Le grand bouleversement cosmique

« Le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté, les étoiles tomberont du ciel. » (13,24-25) Cette description s’inspire d’images tirées des prophètes (Isaie 13,10 ; 34,4).

« La chute des étoiles et surtout l’obscurcissement du soleil et de la lune brisent le rythme des nuits et des jours, autrement dit le calcul de la temporalité ; le rythme du calendrier est brisé. Peut-on mieux marquer la fin du temps, la fin de l’histoire ?

Par ailleurs, l’impuissance de Sol et Luna, la chute des divinités stellaires pouvaient être comprises par les lecteurs romains de Marc comme la fin des idoles gréco-romaines. » (Camille FOCANT, L’évangile selon Marc, 2011, p.498).

Abbé Marcel Villers