Clés pour lire l’évangile de Luc. 39. L’imprévisible

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile. Cette semaine, Lc 12, 35-40 du 19e dimanche ordinaire.

39.L’imprévisible

Restez en tenue de service et vos lampes allumées. (Lc 12, 35)

Dieu vient comme un voleur. L’irruption du Seigneur dans la vie d’un homme ressemble à celle d’un voleur dans notre maison. Un voleur surgit toujours ni quand ni où on l’attend. Il vient à l’improviste. Car « si le maître de maison avait su à quelle heure le voleur viendrait, il n’aurait pas laissé percer le mur de sa maison. » (12, 39) Dieu surgit dans nos vies à l’improviste.

« Tenez-vous prêts : c’est à l’heure où vous n’y penserez pas que le Fils de l’homme viendra. » (12, 40) Le disciple doit être toujours sur ses gardes, toujours prêt comme le serviteur qui attend le retour de son maître. Ainsi la vie du chrétien est comme une longue attente, une longue veille, tendu vers une venue. « Viens, Seigneur Jésus ! » (Ap 21,20)

La Parousie

Le terme vient du grec « parousia » qui signifie : présence, arrivée. Ce mot désignait dans le monde gréco-romain la visite officielle d’un prince ; on dirait aujourd’hui la joyeuse entrée du souverain dans sa capitale. Les premiers écrits chrétiens emploient ce mot pour désigner la venue du Christ parmi les hommes, inaugurant les temps messianiques et l’avènement glorieux à la fin des temps. S’il est déjà venu, le Christ « reviendra dans la gloire pour juger les vivants et les morts, et son règne n’aura pas de fin. » dit le Credo. Ce règne équivaut à la fin de l’histoire attendue comme proche par les premiers chrétiens. Le retard du retour du Christ et de la fin du monde a suscité une crise dans l’Église primitive et conduit à une interprétation plus spirituelle et existentielle de l’attente dont témoignent les paraboles de vigilance.

Abbé Marcel Villers

Clés pour lire l’évangile de Marc : 45. Le ciel et la terre passeront

Clé pour lire l’évangile de Marc

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Marc. Cette semaine : Mc 13, 24-32 du 33e dimanche du temps ordinaire.

45. Le ciel et la terre passeront

 Sachez que le Fils de l’homme est proche, à votre porte.
(Mc 13,29)

Pour le prophète Daniel (7, 13-27), le Fils de l’homme est la figure du juge de la fin des temps qui viendra rassembler « les élus des quatre coins du monde » (13,27) pour les introduire dans le monde céleste d’où il est venu. Cette figure du jugement dernier devient chez Marc celle de la parousie ou retour en gloire de Jésus pour le salut de tous. Le message de l’évangile est au carrefour de deux courants : il coule un message optimiste – le salut – dans un cadre apocalyptique pessimiste – la catastrophe finale.

L’annonce de la fin du monde n’est donc pas vue comme un malheur, mais une Bonne nouvelle : enfin, le Seigneur Jésus tant aimé et tant attendu revient. « Oh ! Viens Seigneur Jésus ! » était le cri des premiers chrétiens, cri d’amour et d’impatience.

Le Seigneur Jésus est proche, il est sur le seuil, devant la porte. Reste à lui ouvrir, ce qui fait du chrétien le gardien de la porte de l’histoire.

Le grand bouleversement cosmique

« Le soleil s’obscurcira et la lune ne donnera plus sa clarté, les étoiles tomberont du ciel. » (13,24-25) Cette description s’inspire d’images tirées des prophètes (Isaie 13,10 ; 34,4).

« La chute des étoiles et surtout l’obscurcissement du soleil et de la lune brisent le rythme des nuits et des jours, autrement dit le calcul de la temporalité ; le rythme du calendrier est brisé. Peut-on mieux marquer la fin du temps, la fin de l’histoire ?

Par ailleurs, l’impuissance de Sol et Luna, la chute des divinités stellaires pouvaient être comprises par les lecteurs romains de Marc comme la fin des idoles gréco-romaines. » (Camille FOCANT, L’évangile selon Marc, 2011, p.498).

Abbé Marcel Villers