ART ET FOI : Sainte Agnès 21 janvier

AGNÈS (IVe s.)

Vierge et martyre romaine. Fêtée le 21 janvier. Patronne des vierges, des fiancées, des jardiniers parce que la virginité est symbolisée par un jardin clos.

Description du panneau
Jeune fille richement vêtue et chargée de bijoux : un collier de pierres précieuses, des perles aux oreilles, le tout offert par son fiancé céleste. Elle porte à la main droite la palme du martyre et un agneau minuscule, nimbé, sur le bras droit. Cela met en évidence le lien entre l’agneau et son martyre. La main gauche est appuyée sur le cœur dans un geste classique de soumission et d’offrande de soi. Sa longue chevelure rappelle un épisode de sa légende : « Condamnée à être jetée dans un lupanar, sa pureté fut miraculeusement préservée. Dépouillée de ses vêtements, elle est aussitôt entièrement recouverte de ses longs cheveux » (Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, Paris, 2017, p. 40).

Lire la suite « ART ET FOI : Sainte Agnès 21 janvier »

ART ET FOI La sainte du mois : Barbe 4 décembre

BARBE ou BARBARA
Vierge et martyre orientale (IIIe s.)
Fêtée le 4 décembre.
Patronne des mineurs, des pompiers, forgerons, artilleurs, etc.
Invoquée contre la mort subite, et les dangers de la foudre et du feu.

Attributs
Elle porte la palme du martyre et, selon la légende, la tour à trois fenêtres (référence à la Trinité) où elle fut enfermée avant d’être décapitée par son père qui fut aussitôt frappé par la foudre.

Nous lisons dans le Martyrologe romain, à la date du 4 décembre : « A Nicomédie, la passion de sainte Barbe, vierge et martyre. Durant la persécution de Maximin, elle subit d’abord les rigueurs de la prison, puis fut brûlée avec des torches et eut les seins coupés ; enfin, après d’autres tourments, elle consomma son martyre par le glaive. »
« Sa vie est surtout faite de traditions pour ne pas dire de légendes. Son bourreau aurait été frappé par la foudre d’où l’origine de la dévotion populaire qui l’invoque contre les dangers d’une mort subite provoquée par le feu ou l’électricité. Il semble que cette barbare (Barbara) fut introduite dans le cirque de Nicomédie sans que les spectateurs, parmi lesquels se trouvaient des chrétiens, ne connaissent son nom. Sommée une dernière fois de sacrifier l’encens à l’empereur, elle refusa. Quand les chrétiens vinrent demander son corps, ils ne purent la nommer que « une jeune femme barbare », Barbara. » (https://nominis.cef.fr/contenus/saint/213/Sainte-Barbe.html)

Selon une autre légende, comme elle était d’une grande beauté, son père l’enferma dans une tour pour l’empêcher de devenir chrétienne. Elle l’y devînt grâce à l’instruction d’un prêtre et, en signe de sa foi en la Trinité, elle fît ouvrir une troisième fenêtre dans sa tour. Pour cela, son père la décapita lui-même, mais il mourut aussitôt foudroyé.

Apparu en Orient au VIIe s., son culte s’est diffusé en Occident au XVe s. seulement. Sainte Barbe est invoquée contre la foudre et la mort subite que connût son père, selon la légende, et que craignaient les chrétiens puisque mort sans confession, ni communion.
Elle est patronne des forts et des artilleurs dont les canons lancent la foudre. Elle est connue aussi comme protectrice des mineurs et des carriers car exposés à la mort subite suite à une explosion (grisou, éboulement subit).
Sainte Barbe est souvent associée à trois autres saintes ayant fait vœu de chasteté : Catherine, Marguerite (figurant toutes deux au plafond de l’église de Theux) et Geneviève. L’église de Theux possède une antique statue de sainte Barbe, en bois polychromé du XVe siècle.

Abbé Marcel Villers
Illustration : plafond de la nef de l’église de Theux © KIK-IRPA, Bruxelles

ART ET FOI Le saint du mois : HUBERT 3 novembre

HUBERT (656-727)

Évêque de Tongres-Maastricht (vers 705-727). Fêté le 3 novembre.
Patron de la ville de Liège. Patron des chasseurs. Invoqué contre la rage.

Erard de la Marck, en 1537, concède, au bourg de Theux une franche foire à la St-Hubert. Une bénédiction des pains a lieu après les messes ; puis des chevaux à partir de 1966.

Attributs
Cheval, chien, corne de chasse, cerf avec croix dans les bois.

Issu d’une famille apparentée à celle du maire du palais d’Austrasie, Pépin II dit de Herstal (645-714), Hubert ou Hugobert vécut dans l’entourage de saint Lambert dont il devint un disciple et servit comme prêtre dans son entourage. Il avait eu précédemment un fils du nom de Floribert, qui lui succédera d’ailleurs comme évêque de Liège. Vers 705, Hubert succéda à Lambert comme évêque de Tongres-Maastricht. Il poursuivit l’œuvre missionnaire de son prédécesseur en luttant contre le paganisme en Ardenne et en Toxandrie (la Campine). Il mourut le 30 mai 727 à Tervuren en Brabant, des suites d’une blessure survenue lors de l’établissement d’une pêcherie à Nivelle-sur-Meuse, près de Visé. Il fut enterré à l’église Saint-Pierre de Liège qu’il avait fondée près du palais.

Le 3 novembre 743, jour retenu pour sa fête, eut lieu la reconnaissance solennelle de ses reliques en présence des principaux dignitaires de la cour, ce qui, pour l’époque, équivalait à une canonisation. Floribert, son successeur, porta ses reliques sur les autels.
Le 30 septembre 825, l’évêque de Liège, Walcaud (810-831) qui succéda à Floribert, décida le transfert du corps entier de Saint-Hubert à Andage, en Ardenne, où a été fondée une communauté monastique bénédictine, en 817, à l’initiative de l’évêque Walcaud. Un important pèlerinage se développa au point d’entraîner la disparition de l’appellation Andage au profit du nom de Saint-Hubert. Le site de la forêt, les croyances et les coutumes de ses habitants devaient progressivement modeler le culte de Saint-Hubert. Il y devint patron des chasseurs et guérisseur de la rage.
Au XVe s., la légende du cerf crucifère de saint Eustache de Macon (IIIe s.) fut détournée dans le culte de saint Hubert. Celui-ci devint un seigneur passionné de chasse à qui, un vendredi-saint, le Christ en croix apparut dans les bois d’un cerf, d’où la conversion de Hubert et son attachement à saint Lambert. Beaucoup de pèlerins venaient solliciter les vertus thérapeutiques de l’étole de saint Hubert, reçue d’un ange. Les moines introduisaient un filament de l’étole dans le front des personnes mordues par les chiens ou autres animaux enragés. (Philippe GEORGE, Les premiers pas d’une Église, in Liège. Histoire d’une Église, Strasbourg, 1991).

Abbé Marcel Villers
Illustration : médaillon du plafond de la nef de l’église de Theux (1630)

ART ET FOI Saint Denis Fêté le 9 octobre

DENIS DE PARIS (IIIe s.)

Évêque et martyr. Fêté le 9 octobre.

Description du panneau
Revêtu des insignes épiscopaux : mitre, crosse et chape, Denis tient devant lui sa propre tête mitrée car, selon la légende, il aurait ramassé sa tête, après sa décapitation, et l’aurait ainsi transportée jusqu’au lieu de sa sépulture.

« Denis naquit probablement en Italie où il fut ordonné prêtre et consacré évêque. Selon la tradition, le pape l’envoya prêcher dans les Gaules ainsi que cinq autres évêques. Denis entreprit sa tâche avec deux compagnons, un prêtre appelé Rustique et un diacre du nom d’Éleuthère. A son arrivée à Lutèce, sa prédication fut si efficace qu’il organisa un centre chrétien sur la future île de la Cité. Cette activité lui valut, ainsi qu’à ses deux compagnons, d’être persécuté, emprisonné et décapité vers 250. On pense qu’il subit le martyre sous la persécution de Dèce (250) ou de Valérien (258). » (Rosa GIORGI, Comment reconnaître les saints, 2003, p.103)

Diverses légendes, reprises dans la Légende dorée (XIIIe s.), vont amplifier ces quelques faits. Ainsi, jeté en prison, alors qu’il célébrait la messe pour les chrétiens enfermés avec lui, Denis vit le Christ lui apparaître et lui porter la communion.
Après avoir été décapité, Denis s’est relevé, a pris sa tête coupée entre ses mains et a parcouru ainsi quelques kilomètres jusqu’au lieu de son tombeau. Il est ainsi le plus célèbre des saints « céphalophores ».
C’est sainte Geneviève (420-500) qui fit construire une église sur sa tombe, huit kilomètres au nord de la Seine, l’actuelle basilique Saint-Denis. « Les rois de France ont fait de ce saint évêque le patron du royaume et de leurs dynasties successives. C’est en 639 que le roi Dagobert fait transporter les reliques du saint dans l’église de Saint-Denis qui devient progressivement le sanctuaire de la monarchie française et_le siège d’une importante abbaye fondée au VIIe s. » (Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, Paris, 2017, p. 219).

Abbé Marcel Villers
Illustration : panneau du plafond de la nef de l’église de Theux (1630)