Horaire et intentions des messes du 8 au 14 novembre 2024

Samedi 9 novembre :

  • à 16h à Desnié: messes fondées Georges Malherbe, Renier du Haptay, Hayemal, Body de Spa, Bolarmont-Leloup ; pour les familles Léonard-Lorneau, Léonard-Fafchamps, Lorneau-Lorneau ; pour Raymond Schmitz et sa famille au ciel et sur la terre ;
  • à 17h30 à Juslenville: messe aux intentions des paroissiens et de leurs familles.

Dimanche 10 novembre à 10h à Theux : messe pour les défunts des familles Kuetgens-Weerts. La messe sera suivie de baptêmes.

Lundi 11 novembre à 10h à Theux, commémoration des armistices : cérémonie patriotique (voir plus bas).

Mardi 12 novembre à 9h à Oneux : messe pour les Fondations Saint-Georges.

Mercredi 13 novembre à 9h à Becco (laudes à 8h45) : messe à une intention particulière.

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9, 10 et 11 novembre, 80ème anniversaire de la libération de Theux
cliquez sur l’image pour le programme des festivités :

HOMÉLIE COMMÉMORATION DES DÉFUNTS THEUX 3/11/2024

HOMÉLIE : LA MORT POUR LE CHRÉTIEN THEUX 3.11.24

Toussaint, commémoration des fidèles défunts, jour des morts, voilà qui nous ramène, chaque année, à la visite du cimetière et à la mémoire de nos morts. En ces jours, nous sommes amenés inévitablement à nous interroger sur la mort et les morts.
Quels liens y a-t-il entre eux et nous ? La mémoire, la prière, le souvenir ? Où passe la frontière entre le monde des vivants et le monde des morts ?
Dans d’innombrables cultures, les morts sont actifs et influents dans le monde des vivants. Ils sont le plus souvent considérés comme une menace ou une protection. Une menace dont il faut se prémunir. Une protection qu’il faut se concilier. Qu’en est-il pour nous chrétiens ? Quels rapports avec nos morts ?

A cette interrogation, Jésus a répondu : « Laissez les morts enterrer leurs morts. » (Mt 8,22) Pour lui, la priorité c’est annoncer la vie et non célébrer la mort.
L’Eglise a été fidèle à cette perspective. Contrairement à de nombreuses civilisations ou religions, l’Eglise n’a en rien encouragé les rituels qui règlent les obsèques et le deuil. Doit-on en conclure que le christianisme n’a rien à dire sur la mort et les morts ? Non, bien sûr, d’autant que le signe distinctif des chrétiens est une croix. Que nous livre la foi chrétienne sur la mort et les morts ?

D’abord que la mort n’est pas simplement le bout du chemin terrestre, mais qu’elle s’anticipe dans la vie. La mort, les puissances négatives, l’anti-vie, nous devons bien reconnaître que c’est à l’œuvre dans notre quotidien, proche ou lointain. Se battre contre la mort, voilà qui est premier pour le chrétien. « Laissez les morts enterrer leurs morts »Oui, ne cessez pas de vous battre pour la vie et de vous appuyer sur les forces de vie, sur le Christ qui nous a promis la victoire de la vie sur la mort.

Cette victoire promise n’efface pas le caractère tragique de la mort des hommes. C’est pourquoi le christianisme nous met sous les yeux un crucifié. Dans les affres de l’agonie, nous faisons mémoire du cri de Jésus : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Mais nous nous souvenons aussi de sa dernière prière : « Père, je remets ma vie entre tes mains. »
Ces deux paroles de Jésus, à l’heure de la mort, nous permettent de définir l’attitude du chrétien.
« Pourquoi m’as-tu abandonné ? » : parole d’incompréhension
« Je remets ma vie entre tes mains » : parole de folle confiance
Face à nos morts, face à notre propre mort, nous sommes, en effet, balancés entre ces deux positions : incompréhension et confiance.

Ce n’est pas le néant qui est au bout de notre existence terrestre, mais la communion avec Dieu et tous les saints. Oui, le terme, la fin, c’est la communion comme l’exprimait Teilhard de Chardin : « L’avenir s’ouvre devant moi comme une crevasse vertigineuse ou un passage obscur. Mais si je m’y aventure sur votre parole, mon Dieu, je puis avoir confiance de me perdre ou de m’abîmer en vous. Ce n’est pas assez que je meure en communiant. Apprenez-moi à communier en mourant. » (Le milieu divin, pp. 95-96)

Abbé Marcel Villers

FÊTE DE LA TOUSSAINT

La Toussaint

A l’origine du culte des saints, il y a celui des martyrs, dont l’anniversaire de la mort est célébré chaque année par la communauté réunie autour de leur tombe. Le culte des martyrs n’est en fait qu’une variété du culte des morts. La différence consiste en ce que « les réunions d’anniversaire rassemblent non seulement la famille mais toute la communauté locale, et se poursuivent non plus pendant une ou deux générations mais indéfiniment. » (P. Rouillard, Le culte des saints au temps des Pères, in Assemblées du Seigneur, n°89, Bruges, 1963, p.73)

C’est en Orient que les martyrs ont d’abord été honorés, dès le 2e s., d’un culte spécifique. A Rome, ce sera au 3e s. Jusqu’au milieu du 4e s., on ne vénère un martyr que sur sa tombe par un culte purement local. Dans le courant des 5e et 6e s., en Orient comme en Occident, on en vient à fêter des martyrs venant d’autres Églises. « Ces fêtes sont nées à l’occasion de l’arrivée de reliques. La translation et la distribution des reliques ont été les facteurs déterminants de l’extension géographique du culte des martyrs. » (Rouillard, p.83) A côté des martyrs, on va aussi célébrer les évêques, puis les apôtres. Ainsi, on passe progressivement d’une célébration de type funéraire à une fête, d’un culte local à une reconnaissance universelle, des martyrs aux saints de tous ordres.

Les dernières grandes persécutions, au 4e s., font des milliers de martyrs, en Orient surtout, ce qui rendit impossible toute commémoration individuelle. Aussi, dès la fin du 4e s., l’Église syrienne met en place une fête commémorant cette multitude de tous les saints. Sous l’influence de l’Orient, au 5e s., Rome fête tous les saints le premier dimanche après la Pentecôte, au terme des célébrations pascales. C’est, en effet, le mystère même de Pâques, mystère de mort et de résurrection, que nous célébrons en commémorant tous les saints. A la suite du Christ, ils sont passés, par la croix, à la gloire de Dieu. « Foule immense que personne ne peut dénombrer, debout devant le Trône » (Ap 7,9).

Cette fête est reportée au 1er novembre lorsque saint Grégoire (590-604), grand organisateur de la liturgie romaine, fixe les Quatre-Temps (trois jours de jeûne et de prière) de printemps (en lien avec les moissons) à la semaine de la Pentecôte. Comme la fête de Toussaint attirait les foules, il a semblé préférable de la célébrer quand moissons et vendanges sont terminées.

Peu après, en 609, le Pape Boniface IV (608-615) institue le 13 mai une fête commémorant « la consécration du Panthéon romain, transformé en église chrétienne, et la translation de nombreuses reliques dans cet édifice » (Missel de l’Assemblée chrétienne, Bruges, 1964, p. 1660) à la place de tous les dieux dont les statues ornaient ce temple. (Intérieur du Panthéon, ci-contre)  Boniface IV lui donna le nom de Sainte-Marie-aux-Martyrs. La prétention de la Rome antique à réunir tous les dieux connus devient avec l’Église celle de rassembler en son sein tous les saints. En 835, le Pape Grégoire IV (827-844) fusionne les deux fêtes dans la célébration que nous connaissons aujourd’hui.

La Toussaint est une célébration de l’unité de l’Église, formée de cette foule immense rassemblée en un seul corps, celui du Christ, unissant l’Église de la terre à celle des saints du ciel, pour chanter la gloire de Dieu.

Abbé Marcel Villers

SOURCES : 108. MONTE

                  Monte  

« Ne cherche pas, mon ami,
Ne cherche pas la plaine ;
Tu souffrirais
D’une mauvaise souffrance.

Fuis la plaine sans te retourner
Et ne cherche pas la trace d’un chemin.

Monte, même si tu s’essouffles,
Même si tes pieds trébuchent.
Monte encore, monte toujours.

Ne te retourne pas.
Ne regarde pas du côté de l’abîme
D’où vient le vertige.

Monte sans rien fixer des yeux,
Si ce n’est en toi-même
Le soleil qui conduit tes pas. »

Marie-Madeleine Davy, La Terre face au soleil, 1965.

MARIE-MADELEINE DAVY (1903-1998), historienne, philosophe française, spécialiste de la théologie mystique médiévale. Auteur de nombreux ouvrages de spiritualité.