SOURCES : 113. ACTE DE CONFIANCE

SOURCES

Au cours de ce temps de l’Avent, laissons-nous saisir par l’espérance, dans l’attente de la venue du Sauveur. Confiance, abandon de soi dans les mains du Seigneur comme Marie qui a dit oui et attendait dans la foi et la confiance.

Abbé Marcel Villers

Sans soucis

« Mon Dieu, convaincu que vous veillez sur ceux qui espèrent en vous
que ne peut jamais manquer de rien celui qui attend de vous toutes choses,
j’ai résolu de vivre sans aucun souci
et de me décharger sur vous de tout genre d’inquiétude.

Les hommes peuvent me ravir et mes biens et mon honneur.
Les infirmités peuvent m’ôter les forces et les moyens de vous servir.
Je puis même perdre votre grâce par le péché,
Jamais je ne perdrai mon espérance.

Que d’autres attendent leur bonheur
de leurs richesses ou de leurs talents ;
qu’ils s’appuient
ou sur l’innocence de leur vie
ou sur la rigueur de leurs pénitences
ou sur la ferveur de leurs prières,
pour moi, Seigneur,
toute ma confiance, c’est ma confiance même.

Je sais, hélas ! je ne le sais que trop,
combien je suis fragile et changeant ;
je sais ce que peuvent les tentations
contre les vertus les mieux affirmées.
J’ai vu tomber des saints,
mais tout cela ne peut m’effrayer.

Tant que j’espérerai,
je me tiens à couvert de tous les malheurs
et je suis assuré d’espérer toujours
parce que j’espère encore cette invariable espérance. »

Saint Claude La Colombière, Acte de confiance en Dieu, XVIIe s.

CLAUDE LA COLOMBIÉRE (1641-1682), jésuite, exerce son ministère en tant qu’enseignant, prédicateur, directeur de conscience, conseiller personnel et écrivain. Il est surtout connu pour son rôle de directeur spirituel de sainte Marguerite-Marie Alacoque la voyante de Paray le Monial. Ils ont donné à la dévotion au Sacré-Cœur une ampleur sans précédent.

CLÉS POUR LIRE LUC : 2. IL CRIE DANS LE DÉSERT

Clés pour lire l’évangile de Luc

Dans cette série hebdomadaire, nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Luc. Cette semaine : Lc 3,1-6 du 2ème dimanche de l’Avent.

Voix de celui qui crie dans le désert
Préparez le chemin du Seigneur… et tout être vivant verra le salut de Dieu (Lc 3,4.6)

Luc ouvre le temps de la vie publique de Jésus par l’apparition du dernier prophète d’Israël, Jean à qui la parole de Dieu est adressée. Une citation d’Isaïe (40,3-5) sert à insérer Jean dans la lignée des prophètes et à décrire sa mission, l’ultime avant la venue pour tout être humain du salut de Dieu (3,6) qui est Jésus.

Le prophète Isaïe a la vision d’une procession splendide à travers le désert. Le Seigneur Dieu marche à la tête de son peuple qui sort d’exil pour rentrer au pays. Une voix s’élève dans le désert par où passe la route et appelle à préparer une voie royale. « Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les chemins rocailleux seront aplanis. » (3,5) Cette perspective de travail sur la nature est  transposée dans l’ordre moral et spirituel. Il s’agit d’entrer dans un chemin de conversion du cœur pour permettre au salut de venir jusqu’à toute chair.

Le cadre chronologique et politique
Luc insère son récit dans la trame de l’histoire avec des repères précis. Il énumère sept noms, chiffre parfait. C’est dans ce cadre précis que surgit l’intervention divine : « la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, le fils de Zacharie. » (3,2)
La Palestine est occupée par Rome dont l’empereur est alors Tibère (14-37 de notre ère). La partie méridionale, Judée et Samarie, est province romaine depuis l’an 6 avant notre ère ; le gouverneur Ponce-Pilate (26-36) est un homme cruel. Sur la Galilée et le Liban règnent, entre -4 et 39, des membres de la famille d’Hérode, à la solde des Romains. Les autorités religieuses, les grands prêtres, Caïphe (18-36) et son beau-père Hannah se maintiennent en place grâce à leur astucieuse diplomatie. De toutes ces données, on peut conclure que l’apparition du Baptiste et de Jésus date des années 28-29 de notre ère. (Aloïs STÖGER, L’évangile selon saint Luc, 1968, p.112-113)

 Abbé Marcel Villers

Horaire et intentions des messes du 6 au 12 décembre 2024

Samedi 7 décembre à 17h30 à Juslenville : messe aux intentions des paroissiens et de leurs familles.

Dimanche 8 décembre à 10h à Theux : messe pour Alex Gonay, Raymond et les familles Gonay-Caro et Brédo-Gason. La messe sera suivie de baptêmes.

Mardi 10 décembre :

  • à 9h à Oneux : messe aux intentions des paroissiens et de leurs familles ;
  • à 11h15 à Theux, Sainte-Joséphine : messe aux intentions des résidents et de leurs familles.

Mercredi 11 décembre à 9h à Becco (laudes à 8h45) : messe pour François-Xavier Nève de Mévergnies ; messe fondée Mathieu Mambaye.

HOMÉLIE DU PREMIER DIMANCHE DE L’AVENT 2024 THEUX

1° dimanche Avent C. Lc 21,25-28.34-36.
SIGNES D’ESPÉRANCE

Aujourd’hui s’ouvre le temps de l’attente, celle d’une venue. Déjà nous sommes tendus vers Noël où Dieu rejoint l’homme pour habiter parmi nous. Cette attente est placée sous le signe de l’espérance qui est le thème du Jubilé ou Année Sainte que nous célèbrerons en 2025.  « Le prochain Jubilé, déclare le pape François, veut favoriser la recomposition d’un climat d’espérance et de confiance en ces temps si morose aussi bien dans le monde que dans l’Église. Nous devons tout faire pour que chacun retrouve la force de regarder l’avenir avec confiance et garder allumée la flamme de l’espérance. »

« Redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. »

Toute notre vie est une attente. Comme ce temps de l’Avent nous conduit à Noël, nous sommes tendus vers ce Jour où nous paraîtrons devant « le Fils de l’homme lorsqu’il viendra. »
Notre existence, l’histoire, le monde ne sont pas clos sur eux-mêmes, mais ouverts, orientés par une fin, une rencontre, celle du Seigneur qui s’avance vers nous.
Toute notre vie est une longue veille dans l’espérance d’une visite. Ce jour-là le Seigneur déchirera ce monde ancien où nous vivons, il mettra fin au mal qui nous écrase et à la mort qui nous assaille. Toutes les catastrophes que nous connaissons aujourd’hui sont l’envers d’une naissance, celle que nous célébrons à Noël.

Nous sommes invités à l’espérance en ces temps où la morosité semble l’emporter. C’est l’objectif de l’Année sainte que nous célébrerons en 2025. Son thème « Pèlerins de l’espérance », est illustré par le logo que vous trouvez ci-joint. Ce logo évoque la traversée d’une mer houleuse par un peuple accroché au Christ, ancré dans l’espérance. Belle définition de notre situation.

Cette mer houleuse, notre Église ne peut la traverser qu’en détectant les signes d’espérance qui nous sont donnés à lire. Hier, l’Église structurait la société et prétendait lui dicter sa loi. Aujourd’hui, nous sommes devenus une minorité qui s’efface de l’espace public et vit cachée. Ce n’est pas un malheur, mais plutôt un retour à l’essentiel et conforme à l’enseignement de Jésus qui parle du levain enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. » (Luc 13, 20-21).

Au lieu de nous lamenter, lisons notre situation comme un signe d’espérance.
Il est peut être venu le temps de la vie cachée, le temps de Nazareth que Jésus a connu trente ans. La lettre d’un chrétien du 2e s., révèle comment les premiers chrétiens interprétaient leur situation de minorité et de persécutés : « Les chrétiens ne se distinguent des autres hommes ni par le pays, ni par la langue, ni par les coutumes. Ils n’habitent pas de villes qui leur soient propres, leur genre de vie n’a rien de singulier. Ils sont dans le monde, mais ne vivent pas selon le monde. lls y résident comme des étrangers domiciliés. En un mot, ce que l’âme est dans le corps, les chrétiens le sont dans le monde. » (Lettre à Diognète) Enfouis dans la pâte, invisibles comme l’âme, ils transforment néanmoins le monde en lui donnant une âme : la lumière de leur foi.

Abbé Marcel Villers

Illustrations : « La femme qui pleure » de Picasso en 1937 ; logo de l’année sainte.

Consultez ici le carnet d’Avent