ART ET FOI. SAINT GEORGES, MARTYR. 23 AVRIL

SAINT GEORGES (IVe s.) Martyr oriental de Lydda (Palestine). Fêté le 23 avril.
Patron des chevaliers et hommes d’armes, des militaires et des scouts.
Saint patron de l’Angleterre dont la fête liturgique devient la fête nationale. La Croix de saint Georges (rouge sur fond blanc), insigne des Croisés, est le drapeau anglais depuis le XIIIe s.
Patron de l’église d’Oneux où une statue, datant du début du XVIIe s., est vénérée. Il y est invoqué pour la guérison des maux d’oreille et de tête. Le pèlerin, souffrant d’une de ces affections, met sur sa tête une couronne de fer forgé et, ainsi coiffé, fait trois fois le tour du sanctuaire.

Georges est un saint martyr dont on ne connaît que le nom. Né en Orient, son culte est avéré à Lydda (Lod) en Israël, depuis la fin du IVe siècle. Selon une tradition, il était officier romain et, ayant refusé de renier sa foi chrétienne, il fut supplicié lors des persécutions de Dioclétien (de février 303 à février 304).

Description et interprétation du panneau au plafond de la nef de l’église de Theux

Revêtu d’une armure dont on aperçoit des éléments le long de son bras droit, recouverte de lanières de cuir protectrices, saint Georges est enveloppé dans un ample drapé (la palla romaine) ; le tout vise à rappeler son statut d’officier romain.

Par contre, son chapeau à larges bords relevés et orné de deux plumes est proche de celui des mousquetaires du XVIIe siècle, époque de réalisation de cette peinture.

Le saint monte un cheval blanc ; cette robe qui n’existe pas en réalité désigne un animal venu d’un autre monde. Depuis l’aube des temps, l’imagination humaine prête des facultés exceptionnelles au cheval blanc, celle de voler, de purifier et de repousser le mal. Le cheval blanc est monté par les héros ou les divinités lorsqu’ils triomphent des forces du mal.

La légende rapporte qu’un jour, saint Georges traverse une ville terrorisée par un dragon qui exige des habitants un tribut quotidien de deux jeunes gens. Ce jour-là, c’est au tour de la fille du roi d’être livrée au monstre. Georges triomphe du dragon et délivre ainsi la jeune princesse, visible derrière lui sur le panneau de l’église.[1]

Une lance à la main, transperçant le dragon, saint Georges symbolise la victoire de la foi chrétienne sur l’empire romain païen et, plus généralement, le combat de la foi contre les forces du mal.

Abbé Marcel Villers
Photo : ©KIK-IRPA. Bruxelles

[1] Michel PASTOUREAU et Gaston DUCHET-SUCHAUX, La Bible et les saints, Paris, 2017, p. 301.

 

Clés pour lire l’évangile de Matthieu 14. Au désert

Dans cette série hebdomadaire (parution le mercredi matin), nous voulons fournir des clés pour ouvrir et apprécier le texte de l’évangile de Matthieu. Cette semaine : Mt 4, 1-11 du 1er dimanche du carême.

14. Au désert, le combat du Fils

Le tentateur s’approcha et lui dit : « Si tu es Fils de Dieu… » (Mt 4, 3)

La vie chrétienne implique un combat, une lutte. Les tentations de Jésus sont représentatives des épreuves, des combats de l’homme de foi. Ce récit met en scène une réalité intérieure et permanente vécue par Jésus et le chrétien à sa suite.

Le démon cherche à installer la contradiction entre Jésus et Dieu, à placer un coin entre eux, à faire une brèche dans leur communion pour arriver à séparer Jésus et son Père. Le démon installe le doute : « si tu es le Fils de Dieu… » Autrement dit, « en es-tu si sûr ? que Dieu te le prouve ! teste-le ! » Mais Jésus refuse : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu. » (4, 7)

La stratégie du démon avait réussi avec Adam et Ève, elle échoue avec Jésus. L’arme décisive de sa victoire : l’obéissance, la communion à la Parole de Dieu, son Père. Il est bien le Fils dont « la nourriture est de faire la volonté de son Père » (Jn 4, 34). Car « ce n’est pas seulement de pain que l’homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » (4, 4) C’est dans la communion des volontés de Dieu et de l’homme qu’est le salut.

Tentations de Jésus, tentations d’Israël

 « Jésus est Fils de Dieu en tant qu’il réalise par sa soumission au Père, la vocation d’Israël, fils de Dieu. Aussi, Jésus répond-il au tentateur par des versets du Deutéronome qui font écho à l’expérience d’Israël au désert : expérience d’une manne de misère aiguisant la faim de la Parole (Dt 8, 3), triste expérience du doute à l’égard de la puissance divine (Dt 6, 16), expérience chronique de l’idolâtrie (Dt 6, 13) dont Matthieu semble craindre une reviviscence dans le rêve d’un messie dominateur politique. » (Claude TASSIN, L’Évangile de Matthieu, 1991)

Abbé Marcel Villers