Laissons-nous bouger par l’Esprit-Saint!

Pentecôte2

Pentecôte – Theux et Jehanster, le 8 juin 2014
Jn 20,19-23

La Pentecôte que nous célébrons en ce jour est d’abord cet événement extraordinaire que nous raconte le livre des Actes des Apôtres. Nous sommes sur la place publique, celle de Jérusalem. Le bruit, le vent et le feu jouent les premiers rôles et donnent de la Pentecôte un aperçu spectaculaire et tonitruant.

Mais l’essentiel est ailleurs : dans la transformation, la métamorphose des Apôtres qui, évidemment, ne s’attendaient pas à ce renouveau.

Tous furent remplis de l’Esprit-Saint, nous dit la première lecture.

Phénomène extérieur sous le signe concret des langues de feu, mais surtout événement intérieur qui atteint l’esprit et le cœur de chacun. Cet Esprit-Saint dont nous célébrons l’effusion en cette fête de Pentecôte, nous pouvons en souligner trois aspects qui peuvent, je pense, éclairer la situation de nos communautés en ce temps de transition. Ces trois aspects, caractéristiques de l’action de l’Esprit-Saint, nous pouvons, avec le pape François, les nommer : nouveauté, harmonie, mission.

La nouveauté nous fait toujours peur, parce que nous nous sentons plus rassurés si nous avons tout sous contrôle, si c’est nous-mêmes qui construisons, programmons selon nos plans, nos goûts.

Il nous est donc difficile de nous abandonner à Dieu, laissant l’Esprit Saint être le guide de notre vie. Nous avons peur, comme les Apôtres, que Dieu nous fasse parcourir des chemins nouveaux, nous fasse sortir de notre horizon souvent limité et égo-centré. Quand Dieu se révèle, l’histoire du Salut nous l’enseigne, Dieu apporte toujours du neuf. Ainsi les Apôtres, craintifs et enfermés dans le cénacle, sortent avec courage pour annoncer l’Évangile.

Et nous, sommes-nous ouverts aux surprises de Dieu ? Sommes-nous courageux pour oser prendre de nouveaux chemins ? Ou bien défendons-nous à tout prix des structures et une organisation qui nous arrangent ?

Nous passons d’un curé à un autre avec les changements que cela va provoquer nécessairement.

Alors, aurons-nous assez de confiance dans la Providence pour vivre cette nouveauté comme une occasion de rebondir plutôt que comme une nouvelle cause de mécontentement et de grogne ?

Deuxième idée : c’est par l’Esprit-Saint, écrit saint Paul, que nous formons un seul corps. Oui, c’est l’Esprit-Saint qui est l’harmonie, celle de l’Église, celle de nos communautés.

S’il y a un enjeu primordial aujourd’hui, dans notre unité pastorale, c’est effectivement de réussir cette harmonie, cette alliance entre unité et diversité.

Mais avant notre oeuvre, c’est celle de l’Esprit-Saint qui, à la fois, suscite la diversité et opère l’unité, que ce soit d’abord au niveau de notre paroisse, et aussi à l’échelle de l’Unité pastorale composée de 8 paroisses.

En effet, quand c’est nous qui voulons faire la diversité, nous ne faisons que nous fermer sur nos particularismes, sur nos exclusivismes ; bref, nous apportons la division. De même, quand c’est nous qui voulons faire l’unité selon nos desseins humains, nous finissons par apporter l’uniformité, l’homogénéité.

Laissons-nous guider par l’Esprit-Saint. Lui nous pousse à vivre la variété dans la communion. Mais qu’est-ce que la communion ? Comment l’envisager concrètement entre nos 8  paroisses ?

Troisième trait de l’action de l’Esprit-Saint : il est l’âme de la mission.

De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, disait Jésus, je vous envoie. Puis, il répandit sur eux son souffle en disant : Recevez l’Esprit-Saint.

C’est, en effet, l’Esprit-Saint qui, comme le vent, nous pousse à ouvrir les portes pour sortir, pour annoncer et témoigner de la bonne vie de l’Évangile, la joie de la foi.

L’Esprit-Saint nous engage à sortir de nos problèmes et de nos communautés pour aller vers nos concitoyens, particulièrement les plus fragiles, les plus délaissés. Je pense aux malades, aux personnes âgées, aux 400 personnes hébergées dans nos maisons de repos.

Laissons-nous bouger par l’Esprit-Saint. Que souhaiter de mieux en cette fête de Pentecôte et de changement annoncé !

Abbé Marcel Villers

(Inspiré par l’homélie du 19 mai 2013 du pape François)

 AbbéMV

L’Esprit Saint agit comme il veut !

Pentecôte

En cette fête de Pentecôte, qui vit les apôtres se transformer de disciples peureux en annonciateurs intrépides de la Bonne Nouvelle, soyons de bons pneus de Dieu, remplis de souffle, d’Esprit, comme le dit notre évêque, Mgr Delville, et… revenons à l’exhortation apostolique du pape François!

L’Esprit Saint agit comme il veut, quand il veut et où il veut ; nous nous dépensons sans prétendre, cependant, voir des résultats visibles. Nous savons seulement que notre don de soi est nécessaire. Apprenons à nous reposer dans la tendresse des bras du Père, au cœur de notre dévouement créatif et généreux. Avançons, engageons-nous à fond, mais laissons-le rendre féconds nos efforts comme bon lui semble.

Pour maintenir vive l’ardeur missionnaire, il faut une confiance ferme en l’Esprit Saint, car c’est lui qui vient au secours de notre faiblesse (Rm 8, 26). Mais cette confiance généreuse doit s’alimenter et c’est pourquoi nous devons sans cesse l’invoquer. Il peut guérir tout ce qui nous affaiblit dans notre engagement missionnaire. Il est vrai que cette confiance en l’invisible peut nous donner le vertige : c’est comme se plonger dans une mer où nous ne savons pas ce que nous allons rencontrer. Moi-même j’en ai fait l’expérience plusieurs fois. Toutefois, il n’y a pas de plus grande liberté que de se laisser guider par l’Esprit, en renonçant à vouloir calculer et contrôler tout, et de permettre à l’Esprit de nous éclairer, de nous guider, de nous orienter, et de nous conduire là où il veut. Il sait bien ce dont nous avons besoin à chaque époque et à chaque instant. On appelle cela être mystérieusement féconds !

Pape François, Evangelii gaudium, 279-280.

EspritSouffle

La peinture d’en-tête de cet article est au plafond de l’église de Theux (merci à l’IRPA pour la photo). Merci à Jean-François Kieffer pour le dessin de la fin de l’article!