La chronique de notre curé du 23 mai 2021

Voyez comme ils s’aiment

« Dieu qui fais toutes choses nouvelles quand passe le vent de l’Esprit, viens encore accomplir tes merveilles aujourd’hui. N’as-tu pas sanctifié les prémices du Peuple choisi par amour ? Illumine tous ceux que l’Église met au jour. Dans la brise ou l’éclat du tonnerre, l’Esprit nous entraîne en son chant ! C’est ta voix, ô Seigneur, sur la terre, maintenant » (Hymne de l’office divin).

En un bref chant, tout est dit. Le Dieu qui renouvelle vient en ces jours encore agir par son Esprit. Il veut nous accompagner comme il l’a fait pour le Peuple élu et pour l’Église dès ses fonts baptismaux. Ce n’est pas un hasard si la fête juive du don de la Loi coïncide avec le don de l’Esprit : c’est de la Providence… Aujourd’hui, encore, que nous soyons en période de bonheur ou de difficultés, le Seigneur veut nous parler par son Esprit. Mais savons-nous bien entendre ce qu’il nous dit ? A Theux, dans notre unité paroissiale, notre charte commence par ces mots : « Passionnés de l’Évangile du Christ, nous voulons confier au Père le soin de guider notre communauté par son Esprit »De cette demande inaugurale qui est en fait une remise entre les mains du Seigneur, « notre constitution pastorale » nous amène à déclarer en finale : « Ensemble, nous voulons créer une communauté animée par l’Esprit qui crée et recrée dans la ligne de l’incarnation, de Pâques et de Pentecôte ». La semaine dernière, Jésus nous a fait part de sa prière inclusive (Jn 17), ce partage s’est poursuivi lors des messes de semaine. Qu’en est-il de sa joie qu’il voulait voir demeurer en nous ? La charte citée plus haut évoque une rencontre, une communion de désirs. Celui de Dieu et le nôtre ? Qu’en est-il dans les faits ? Comment allons-nous vivre cette Pentecôte ? Nous y sommes-nous même préparés ? Lire la suite « La chronique de notre curé du 23 mai 2021 »

Pentecôte : l’Esprit-Saint nous bouge

Laissons-nous bouger par l’Esprit-Saint !

La Pentecôte est d’abord cet événement extraordinaire que nous raconte le livre des Actes des Apôtres. Nous sommes sur la place publique, celle de Jérusalem. Le bruit, le vent et le feu jouent les premiers rôles et donnent de la Pentecôte un aperçu spectaculaire et tonitruant. Mais l’essentiel est ailleurs : dans la transformation, la métamorphose des Apôtres qui, évidemment, ne s’attendaient pas à ce renouveau. Tous furent remplis de l’Esprit-Saint. Phénomène extérieur sous le signe concret des langues de feu, mais surtout événement intérieur qui atteint l’esprit et le cœur de chacun.

Cet Esprit-Saint dont nous célébrons l’effusion en cette fête de Pentecôte, nous pouvons en souligner trois aspects caractéristiques : nouveauté, harmonie, mission.
« La nouveauté nous fait toujours peur, écrit le pape François, parce que nous nous sentons plus rassurés si nous avons tout sous contrôle, si c’est nous-mêmes qui construisons, programmons selon nos plans, nos goûts. Il nous est donc difficile de nous abandonner à Dieu, laissant l’Esprit Saint être le guide de notre vie. Nous avons peur, comme les Apôtres, que Dieu nous fasse parcourir des chemins nouveaux, nous fasse sortir de notre horizon souvent limité et égocentré. Quand Dieu se révèle, l’histoire du salut nous l’enseigne, Dieu apporte toujours du neuf. Ainsi les Apôtres, craintifs et enfermés dans le cénacle, sortent avec courage pour annoncer l’Evangile. »

Et nous, sommes-nous ouverts aux surprises de Dieu ?
Cette année, avec l’épidémie, le confinement et ses suites, nous avons été servis en matière de surprise, de bouleversements : nos églises sont vides, image peut-être de la situation faite à la religion dans notre pays ; annonce, pour certains, d’une transformation radicale de la vie chrétienne qui passera ailleurs que par nos églises et paroisses.
Qu’allons-nous faire demain quand cessera le confinement ? Reprendre les habitudes d’hier ou oser de nouveaux chemins ?
Aurons-nous assez de confiance dans la Providence pour vivre l’épreuve du vide actuel comme une occasion de discerner ce que l’Esprit-Saint nous souffle comme nouvelle manière de vivre une foi qui repose toujours plus sur la force intérieure de chacun plutôt que sur un encadrement social dont l’absence ces derniers mois nous a fait éprouver la relativité.

Deuxième idée : c’est par l’Esprit-Saint, écrit St Paul, que nous formons un seul corps. Oui, c’est l’Esprit-Saint qui est l’harmonie, celle de l’Eglise, celle de nos communautés. S’il y a un enjeu primordial aujourd’hui, dans notre unité pastorale, c’est effectivement de réussir cette harmonie, cette alliance entre unité et diversité. Mais avant notre œuvre, c’est celle de l’Esprit-Saint qui, à la fois, suscite la diversité et opère l’unité, que ce soit d’abord au niveau de notre paroisse, et aussi à l’échelle de l’Unité pastorale.
En effet, « quand c’est nous qui voulons faire la diversité, nous ne faisons que nous fermer sur nos particularismes, sur nos exclusivismes ; bref, nous apportons la division, écrit le pape François. De même, quand c’est nous qui voulons faire l’unité selon nos desseins humains, nous finissons par apporter l’uniformité, l’homogénéité. »
Laissons-nous guider par l’Esprit-Saint. Lui nous pousse à vivre la variété dans la communion.
Mais qu’est-ce que la communion ?
Nous allons bientôt retrouver les rassemblements du dimanche, mais dans quelles conditions concrètes et surtout à quelles conditions spirituelles ? Comment et où nous y préparer ?

Troisième trait de l’action de l’Esprit-Saint : il est l’âme de la mission.
De même que le Père m’a envoyé, moi aussi, disait Jésus, je vous envoie. Puis, il répandit sur eux son souffle en disant : Recevez l’Esprit-Saint.
C’est, en effet, l’Esprit-Saint qui, comme le vent, nous pousse à ouvrir les portes pour sortir, pour annoncer et témoigner de la bonne vie de l’Evangile, la joie de la foi.
La crise actuelle nous a conduit à quitter nos problèmes et nos communautés pour aller vers nos concitoyens, particulièrement les plus fragiles, les plus délaissés. Les fidèles acteurs de la Saint-Vincent de Paul ont multiplié les aides matérielles et réconforté de nombreuses personnes en difficulté. De même, nous pensons à toutes celles et ceux qui se sont dévoués auprès des malades, des personnes âgées, et ces plus de 200 personnes hébergées dans nos maisons de repos.

Tout cela que nous avons vécu et qui nous a inévitablement changé, qu’allons-nous en faire demain ? Quelle moisson en sortira ?

Dans la Bible, l’image de la moisson exprime une échéance décisive, toujours elle dit que les choses sont mûres et que la récolte ne doit souffrir aucun retard.
Prenons le temps de faire la moisson !
Laissons-nous bouger par l’Esprit-Saint !

Abbé Marcel Villers

Notre Curé nous parle – 31 mai 2020

Pentecôte
en la Fenêtre de Theux

Un château en ruine au milieu d’une vallée verdoyante en hauteur et bien lotie en son fonds : voilà le souvenir que retiendra le visiteur de passage dans la Fenêtre de Theux. Mais qu’aura-t-il saisi de son histoire et de son âme profonde sans s’y arrêter et creuser ?

En ce 30 mai, la fête de Jeanne d’Arc se dessine en veille de la Pentecôte. La « petite bergère » en fait plutôt couturière est quasi contemporaine des six cents Franchimontois. Un peu avant que ceux-ci ne se mettent en route pour vivre leur épopée à Liège assiégée, une génération plus tôt, la Pucelle (jeune fille) a quitté son pays de Bar, forte de sa mission et accompagnée de ses frères et quelques compagnons. Forte de sa foi et au clair avec sa mission, Jehanne se lance dans une aventure qui se poursuivra au-delà de sa mort… Tout le monde a essayé de la récupérer or elle est vraiment inclassable. À son procès, on lui demande « Dieu aime-t-il particulièrement les Français ? » ; elle répond qu’elle n’en sait rien mais qu’elle sait juste que les Anglais doivent quitter la France ! Ou encore : « Croyez-vous être en état de grâce ? – « Si je n’y suis, Dieu m’y mette ; si j’y suis, Dieu m’y garde ». Réponse reprise dans notre catéchisme officiel. Bref Jeanne est comme nous, elle a des racines, elle a une foi simple, elle reçoit une mission dont elle ne sait où elle va la mener ! Jehanne est l’incarnation de 2Co 12,9 : « Ma grâce te suffit car ma puissance donne toute sa mesure dans la faiblesse »… Lire la suite « Notre Curé nous parle – 31 mai 2020 »

Notre Curé nous parle – 24 mai 2020

Entre Ascension et Pentecôte

Ce dimanche est le moment favorable pour m’adresser encore à vous, paroissiens de la Fenêtre de Theux ainsi qu’à ceux et celles qui nous rejoignent régulièrement…

Moment favorable pour nourrir notre espérance dans le Christ Jésus, lui qui vit et nous accompagne en ces temps particuliers… Cette nourriture ne nous est pas uniquement destinée car, comme l’écrit Saint Pierre, « soyons prêts à rendre compte de l’espérance qui est en nous » (1 P).

La semaine dernière, la météo ne s’est pas montrée très favorable au contraire de celle de cette semaine. Le temps météorologique lié au temps qui passe m’amène à vous partager cette citation de Claire de Saint Lager : Le temps n’est pas simplement linéaire, il roule en rythme circulaire, comme une respiration, il est fait d’apparitions et de disparitions, de rendez-vous et de silence, d’échanges et de solitude. Les saisons se succèdent, l’hiver annonce le printemps à venir. Mais sans le repli de l’hiver, sans ce repos de la nature qui, sous le tapis de gel, puise en profondeur de la nature, il ne peut y avoir de renaissance au printemps (Comme des colonnes sculptées, Ed. de l’Emmanuel). Lire la suite « Notre Curé nous parle – 24 mai 2020 »