Temps et fêtes liturgiques : l’Épiphanie

Solennité de l’Épiphanie du Seigneur

Les origines
Le terme même qui désigne cette fête est issu du grec et indique l’origine de cette solennité. Le grec « epiphania » peut être traduit par : manifestation, apparition, advenue. « Dans le monde gréco-romain, on appelait epiphania aussi bien l’apparition ou la manifestation secourable de la divinité envers les hommes que les avènements festifs d’un souverain : accession au trône, entrée triomphale dans une ville. »

L’Épiphanie est née en Orient, sans doute en Égypte, avant la fête romaine de Noël qui remonte aux alentours de 330. Mais elle obéit au même motif initial : s’opposer aux fêtes païennes du solstice d’hiver qui étaient célébrées le 6 janvier en Égypte et en Arabie. Ce jour était aussi celui du baptême de Jésus, selon les Gnostiques, qui en ont fait une fête dès les années 120-140 car, pour eux, c’est au baptême dans le Jourdain que l’incarnation eut lieu. Née, au début du siècle en Orient, la fête de l’Épiphanie est reçue en Gaule vers 360, avant de l’être à Rome un peu plus tard.  Dès la fin du 4e s., les deux fêtes de Noël et de l’Épiphanie, reçues l’une et l’autre dans toutes les Églises, vont évoluer dans leur contenu.

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Fêtes et temps liturgiques : le 1er janvier

Solennité de Sainte Marie Mère de Dieu
(1er janvier)

Le 1er janvier n’a pas toujours été le début de l’année. C’est en 532 que l’Église décide de faire commencer l’année le premier jour du mois qui suit la naissance du Christ. Mais ce fut Charles IX (roi de France de 1560 à 1574) qui imposa le 1er janvier comme point de départ obligatoire de chaque année. Il en sera ainsi dans le calendrier dit « grégorien » instauré en 1582 par le pape Grégoire XIII (1572-1585).

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Fêtes et temps liturgiques : La fête de Noël

  La fête de la Nativité ou Noël

La fête de la Nativité est célébrée pour la première fois à Rome vers 330. Elle semble s’être localisée primitivement sur la colline du Vatican, là où « le peuple romain venait rendre hommage aux divinités d’Orient » (A.G. Martimort, L’Église en prière, Tournai, 1961, p. 728). Il s’agit pour l’Église de combattre les fêtes païennes du solstice d’hiver, organisées à Rome le 25 décembre et célébrant la renaissance du Soleil (Sol Oriens) et sa divinité. D’où le choix de cette date substituant et unissant la naissance historique du Christ à Bethléem (Natale Christi) à la naissance cosmique du Soleil invaincu (Natalis Invicti). « La plus ancienne mosaïque, au cimetière du Vatican, représente le Christ-Hélios (soleil) sur son char triomphal » (A.G. Martimort, L’Église en prière, Tournai, 1961, p. 728). La première signification de Noël (déformation de natalis) est d’affirmer que l’homme n’est plus lié à la nature et ses cycles, mais libéré par le Christ vainqueur qui est la vraie lumière (oraison et première lecture : Isaïe 9,1-6 de la messe de minuit). Noël est d’abord une fête de la lumière et de l’historicité de notre foi par rapport au primat de la nature.

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Le temps de l’Avent

La fête de Noël est née dans la première moitié du IVe s. Comme pour Pâques, une période de préparation est vite apparue nécessaire ; saint Hilaire de Poitiers (315-367) témoigne ainsi d’un « carême de Noël » qui durait trois semaines et préparait probablement aux baptêmes administrés à l’Épiphanie.

À la fin du IVe s., en Gaule et en Espagne, les fidèles sont invités « à venir chaque jour aux réunions de l’Église, du 17 décembre au 6 janvier » (Adrien Nocent, Contempler sa gloire. Avent – Noël – Épiphanie, 1960, p.65). Subsistent de cette pratique, les grandes antiennes qui, chantées aux vêpres du 17 décembre au 23, soit la semaine qui précède Noël, commencent toutes par l’exclamation admirative : Ô (Seigneur, Sagesse…) et se terminent par le cri : « viens ». Ces antiennes que « la liturgie romaine chantait déjà au temps de Charlemagne expriment toute l’espérance de l’Église » (A.G. Martimort, L’Église en prière, Tournai, 1961, p. 738).

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